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mercredi 22 avril 2009

Portrait : le skinhead

Beaucoup de livres ont été écrits sur la "culture skinhead". Beaucoup d'études sociologiques, de (mauvais) romans et d'articles de journaux ont tissé le mythe des dangereux crânes rasés, pourtant aucun d'entre eux n'a su montrer une chose toute simple et vraie, à savoir qu'ils étaient des crétins. C'est pourtant évident : des mecs qui ont pour devise "bière, baise, baston" ne peuvent pas être des diplômés en physique nucléaire... Né de l'ennui des jeunes prolos anglais, le mouvement skin s'est répandu dans toute la lie de l'Europe, notamment en France dans les années 80. A vrai dire, il n'a pas attiré énormément de monde, mais les manières peu enviables de ses membres ont fait parler d'elles.
Aujourd'hui, ce mouvement est quasi mort, cependant quelques adolescents continuent de porter le flambeau. Fafs, antifas ou apos, ils ont les cheveux ras, des docs martens, des bombers serrés et continuent de faire vivre le skinisme. Comment s'y prennent-ils ?

Thomas Peterson l'a montré dans "This is England" : ceux qui deviennent skins ne sont pas de terribles sadiques hyper-dangereux, complotant activement contre l'Etat et la paix civile, mais simplement des paumés. Si vous avez vu le film, pensez à Combo, ce skin qui dit que le nationalisme est l'union des noirs et des blancs sous un même drapeau, avant de traiter son pote black de "sale nègre" deux minutes plus tard. Dans l'un et l'autre cas, Combo croit en ce qu'il dit, malgré la contradiction évidente de ses propos. Il n'agit pas par "racisme", "haine" ou pour créer à lui tout seul les conditions possibles à un renouveau du troisième reich, en fait il est simplement paumé.
Quand il était ado, il aimait faire des conneries. Sociopathe, infoutu de respecter les règlements, pas assez malin pour ne pas se faire prendre, il aurait pu devenir une racaille si le destin n'en avait pas décidé autrement. Un jour, au hasard de ses pérégrinations dans la cour de récré ou dans la rue, il va rencontrer des mecs avec un look viril. Crâne rasé, grosses chaussures, une gueule de six pieds qui donne l'air de dire "me regarde pas ou j'vais te défoncer", il a tout de suite accroché. Les grosses pompes en particulier l'ont attiré : à ses yeux adolescents, ces lourds morceaux de cuir symbolisaient la puissance, la force, la virilité... Il a donc craqué sa tirelire pour acheter une paire de Docs, de préférence montantes, et il a fréquenté les autres mecs qui en portaient. Le reste s'est fait tout seul.
Malgré son côté marginal, le skinhead est avant tout un mouton. Enlevez-lui ses potes, il est tout seul avec son look et il se cache. Avec eux, il se sent puissant et n'hésite pas à défier d'autres bandes. Le skin fonctionne un peu comme la racaille : tout dans
le look, dans l'attitude et dans la rue. En effet, le mouvement skin est un mouvement de rue. Comprenez que ce mouvement ne créée rien. Les fans de nautisme aiment la mer, les fans de nage se retrouvent à la piscine, les mélomanes dans les conservatoires, les rockeux à des concerts, les skins dans la rue. Infoutus de rentrer ou que ce soit, ou simplement de se déplacer, ils se posent à un endroit précis et n'en bougent plus. Ce n'est pas pour rien que certains skins se disent "Skins de Tel Endroit", "Skins de Bidule-Truc", tout comme les racailles se disent membres de la "Neuf-Trois Crew" ou du "Sept-Six Industrie". On s'installe dans une zone, on squatte la rue. Petit à petit, on prend l'habitude de voir les mêmes murs sales et les mêmes cacas de chien à côté de soi. On s'identifie à l'endroit où on squatte, et au lieu de chercher plus loin, on se construit soi-même sa propre prison mentale. Ne cherchez pas cet ultra-tribalisme ailleurs que chez les skins ou les racailles : toute personne plus intelligente les évite comme la peste. Même les footeux, pourtant peu suspects d'être malins, ne sont pas aussi tribalistes. Ils encouragent une équipe, une bande, mais ils ont au moins un point commun qui est celui de la ville supportée. Les skins peuvent l'avoir aussi, seulement ils préfèrent leur petite rue minable ou leur quartier pour se la jouer. Applaudissez donc le Javel Crew...
A la base, le skin n'est pas spécialement politisé. Il aime la bière, la baston, se la jouer loubard tout en ayant l'impression d'être plus fort et plus viril qu'un keupon pourri aux cheveux rouges. Son trip, c'est porter des vêtements, squatter à un endroit. Le skin se veut soldat de la rue sans avoir la discipline stricte qui règne dans l'armée : d'où le fait que pleins de skins se disent street warriors, amateurs de bagarre et de trucs hyper-violents tout en ayant un comportement indiscipliné. Au fond, le skin n'est pas si différent du punk. Même côté provocateur, même complaisance dans l'antagonisme, même petits délits qui peuvent provoquer des arrestations occasionnelles, mêmes origines petites bourgeoises la plupart du temps. Eh oui : le trip working class, c'est du mytho ! Comment voulez-vous qu'un smicard puisse s'acheter un bomber à 120 euros chaque mois, des docs à 150, toute une collection de jeans serrés et de t-shirts hors de prix, sans compter les matraques télescopiques, gazeuses et autres merdes dont il se sert beaucoup moins souvent qu'il ne le dit s'il gagne à peine 1100 euros net par mois ? Soit le skin vit chez ses parents, et est donc un Tanguy rebelle de la société, soit il vient d'un milieu privilégié qui lui permet d'enrichir les marques "skinisantes" sans compter ses sous. Quand on vient de la working class, la vraie, on a autre chose à foutre que de se balader en bombers en buvant des bières tous les week-ends.
D'autant que si le skin "assume son trip", qui n'est rien d'autre qu'un tas de sapes hors de prix et du dégueulis musical dans l'iPod, il n'a même pas le courage d'aller jusqu'au bout. Nombre de jeunes skins ont les cheveux courts, mais pas rasés, car maman ne veut pas. Déjà qu'elle accepte les docs et les t-shirts d'un goût douteux, c'est gentil de sa part, alors les cheveux, non... Le skin n'est intéressé que par une seule chose : paraître. Être vu par ses potes, être vu par les passants de l'endroit où il traîne, être vu comme un grand méchant par les médias (bien sûr, le skin crache sur les médias mais il est bien content qu'on y parle de lui). Il existe dans le regard des autres. Sa quête de virilité est totalement placée dans cette optique-là, d'ailleurs. Combien de skins de tous bords enjolivent leurs histoires de baston, passent leur temps à en raconter et à faire des concours de bite avec la bière ?

Le skin n'est pas forcément entré dans son mouvement par la voie de la connerie. Souvent, il y rentre par l'action politique. Imaginons un ado qui se fait emmerder par des racailles dans son lycée. Il est jeune, révolté, ses hormones sont en ébullition : ce qu'il veut, ce n'est pas des discours politiques en pagaille ou des mots creux, mais de l'action, de la revanche. Il va donc faire des recherches, découvrir par les médias ce terrible ennemi de la démocratie qu'est le milieu faf. La démocratie, lui, il s'en fout : ce n'est qu'un mot vide. N'écoutant que ses hormones et sa soif de revanche, notre ado va foncer tête la première dans l'extrême droite la plus radicale qu'il puisse trouver. Soit il devient internet warrior, parce qu'il ne trouve pas de fafs près de chez lui, soit il devient simplement faf, soit il devient skin. Dans ce dernier cas, il s'associe à sa bande de potes en imaginant qu'il va y régler tous ses problèmes, qu'ensemble ils changeront le monde et que tout sera mieux. Mais bien vite, il oublie pourquoi il était venu, devient comme ses potes. Comme eux, il se met à picoler comme un trou, s'identifie aux t-shirts ou aux chaussures qu'il porte, et c'est tout. Oubliée, l'action politique et tout le reste ! Être avec ses potes est déjà bien fatiguant. Les bagarres de temps en temps, les empoignades entre bandes, fournissent l'essentiel de son quotidien. A force de s'identifier avec le mouvement skin, notre homme devient un déchet de la rue, comme ses potes.
S'il est néo-nazi, ça lui fait pousser des ailes. En effet, le skin est avant tout un antagoniste volontaire, un abruti imbibé d'alcool qui se complaît dans le rôle du méchant. On ne va pas le plaindre, il fait tout pour ça. A partir de ce moment-là, être nazi, c'est cool : il effraie les gens et trouve un modèle esthétique qui le dépasse largement. Conditionné par les médias, par les antifas et par ses propres branlettes, le skins NS se prend pour un SS. Dorénavant, il n'est plus un simple skin : sur lui vole l'ombre des uniformes noirs, des français tombés sur le front de l'est, de ceux qui ne comptaient plus le nombre de fois où ils avaient mis leurs vies en péril... Bien sûr, il n'y a strictement rien à voir entre un waffen-SS qui se battait par moins trente degrés, avec pour seule arme un fusil gelé et pour seule espérance une mort toute proche, et un obèse en docs martens qui lève le bras droit après avoir bu trois panachés. Le skin NS est une sorte de version extrême du faf de base, en ce qu'il est plus mythomane, plus con et qu'il se fout complètement du fait qu'il décridibilise son mouvement. Au moins, le faf de base essaie de se ménager une image relativement correcte, en se prenant pour un dévot ou un néo-croisé, et évite les références historiques trop sulfureuses. Le skin, lui, s'étale dedans, joue à fond la carte du méchant loubard dangereux et balance sa merde sur tous ceux qui refusent d'aller aussi loin que lui. Pour cette raison, certains fafs appellent les skins des "trisomiques 88", bien qu'ils soient eux-mêmes des mythomanes consommés.
Les skins antifas ne sont pas très différents. A la base, ils sont devenus skins parce qu'ils voulaient être des racailles, mais ils avaient besoin d'un vernis politique pour justifier leur mode de vie à la con - vernis dont les racailles ne s'embêtent absolument pas. Un skin antifa est avant tout un mec qui fait des conneries, qui défie constamment tout le monde, tout en éprouvant le besoin d'être bien vu. Comme la racaille, il se victimise, assène aux gens un discours mi-larmoyant mi-belliqueux parsemé de fautes d'orthographes, et comme la racaille il n'aime pas la police. L'antifa n'aime pas l'ordre. Il se sent impuissant face à lui. A la fois lâche et dominateur, il a besoin de s'imposer, de montrer qu'il existe, sans avoir pour autant le courage de l'assumer. Par exemple, en faisant en tag ou en cramant une poubelle : s'il fait ça, c'est avant tout pour se prouver à lui-même qu'il est capable d'agir et qu'il est quelqu'un.
L'attirail politique "antifasciste" tourne entièrement autour de cet impératif. Si l'antifa est anti-flics, c'est parce que les flics l'empêchent de faire les conneries qu'il veut, et il se sent limité par leur existence. S'il est antifasciste, c'est parce qu'il n'est pas foutu de s'attaquer à autre chose qu'à des gens qui sont déjà des boucs émissaires publiques, et parce qu'il a besoin de se croire un super guerrier isolé alors que tout le monde a de lui une image bienveillante. Evidemment, l'antifa n'a jamais gagné la moindre once de maturité depuis ses quatorze ans, âge où il a acheté son sac Eastpak et ses premiers patchs à coudre dessus, et il ne lui est jamais venu à l'idée que l'ordre public pouvait avoir besoin d'un facteur coercitif pour être maintenu. Ou plutôt, il en est conscient, mais refuse d'admettre que ça puisse être aussi le cas pour lui. Non, le skin antifa n'a pas à être au-dessous des règles comme tout le monde, lui il est brave, il est antifasciste, il résiste contre un danger qui est mort depuis soixante ans, alors on ne la lui fait pas à lui.
Ce n'est pas pour rien que le skin antifa n'a strictement aucun projet positif : il est anti-ceci, anti-celà, jamais pour quoi que ce soit de positif. Comme le gauchiste standard, il passe son temps à monter au créneau et à accuser les gens sans rien proposer (si ce n'est l'exécution publique des gens qu'il n'aime pas). Seulement, le skin antifa est plus extrême que le gauchiste standard ; il boit plus, possède moins de vernis intellectuel et n'hésite pas à se poucaver ses potes quand il se fait arrêter - alors que le gaucho standard ne se fait pas arrêter puisqu'il ne tape jamais personne.

En dépit de cette opposition, le milieu skin n'est pas strictement divisé en deux avec les fafs et les antifas, ni même en trois avec les apos. Le skin se sert de la politique pour donner une coloration supplémentaire à son trip. S'il arrive à aligner quelques mots pour faire une phrase, ce n'est jamais que du baratin : le skin NS est nazi pour pouvoir s'identifier au Mal et aux figures marquantes de la SS, tandis que le skin antifa est de gauche parce qu'il aime se masturber sur Stalingrad et les soviets. Ni l'un ni l'autre ne se rendent compte que, sous un vrai régime totalitaire, ils seraient les premiers à finir dans un bataillon disciplinaire ou dans un camp.
Le milieu skin n'est d'ailleurs pas fragmenté du tout. Malgré ses bastons, dues aussi bien à la violence alcoolisée et aveugle qu'à la haine des uns contre les autres, beaucoup de skins ont retourné leur bomber plusieurs fois. On trouve chez les fafs d'anciens antifas, devenus fafs par fascination pour le mal qu'ils prétendaient combattre, et chez les antifas d'anciens skins fafs, rattrapés par le jugement du petit peuple et le politiquement correct. Un skin peut changer de camp pour toutes sortes de raisons : un de ses potes l'a fait aussi, il a vu une bonnasse en face alors il va la rejoindre... N'oublions pas que le milieu skin est très masculin. Avec son mélange de virilité et d'alcool, il semble repoussant à n'importe quelle fille normalement constituée. Dès qu'une nana y est, elle est obligée de se trouver un mec au sein de ce milieu si elle ne veut pas se faire tout le temps draguer, ou alors elle accepte de se faire passer dessus par tous ces copains, ce qui est souvent le cas.
Skins fafs et antifas ne sont pas des opposés irréductibles mais deux faces de la même médaille rouillée : on peut passer d'un côté à l'autre sans problèmes, et on peut aussi en revenir. C'est selon l'humeur et l'envie. La couleur politique du trip est comme celle du t-shirt : on consomme, on se lasse et on change. Les changements de camp sont légion, preuve que les grandes distinctions politiques ne sont plus rien, réduites à des distinctions de façade dont on se pare pour se faire beau. On se demande où sont passés les soldats politiques vantés par le rock pourri de nos amis les skins...
Bien sûr, il y a aussi les apos. Coincés entre les feufas et les antifeufas, certains skins se veulent apolitiques et axés uniquement sur leur trip. Au moins, ceux-là n'ont pas besoin de connerie politisée pour justifier leur mode de vie, ce qui leur vaut le mépris des antifas, persuadés qu'on doit absolument les rejoindre pour être un homme de valeur. Notons ici une différence flagrante - une fois n'est pas coutume - entre skins fafs et antifas : les fafs traînent volontiers avec des apos, sans leur reprocher de fréquenter parfois des antifas, alors que les rouges fustigent sans cesse les apos parce qu'ils discutent parfois avec les fafs. Cette différence est due au contexte politique. Le faf est diabolisé, il est déjà heureux de trouver quelqu'un qui l'accepte comme il est sans le juger de manière politiquement correcte, tandis que l'antifa a les médias et le PC (politiquement correct) derrière lui, et refuse toute personne qui ne se plie pas strictement à ses vues. Les NS seraient-ils plus tolérants que les anarcho-coco-rougeauds ?
En pratique, les apos sont souvent des grosses tarlouzes. Bien qu'ils soient fiers d'être apos et de ce qui les singularise par rapport aux autres, ils traînent autant avec les uns qu'avec les autres, en se tenant hors de leurs histoires de bastons. Mention spéciale aux apos de Jussieu, une bande de débiles qui change d'idéologie selon ses interlocuteurs. Quand ils traînent avec des fafs, ils disent "ah ouais, nous les antifas on les aime pas, on traîne pas avec eux" et quand ils sont avec des antifas, ils disent plutôt "non, mais les fafs ils sont pas comme nous, c'est nous les vrais skins, nous les fafs on traîne pas avec eux". Ridicule...

La conclusion n'est pas très difficile à tirer. Le mouvement skin est un mouvement de rue, donc une tendance incapable d'aller au-delà de la rue et fière de sa propre incapacité ; c'est un mouvement stupide, consumériste et superficiel, incarnant parfaitement les travers de la société de consommation avec un côté extrême qui permet de les diabolise ; et par ailleurs, ce mouvement est bien utile.
Ben oui : prenez l'exemple de l'ado qui en a marre des racailles de son lycée ou du politiquement correct. Comme il est influençable, il va suivre la voie des médias. Au lieu d'aller dans un mouvement politique normal, il va aller chez les skins dont les médias font leurs choux gras, et ainsi contribuer au mythe du skin violent et organisé. Les journalistes peuvent se vanter d'avoir réussi leur mission conservatrice : grâce à eux, un opposant un peu révolté va devenir un alcoolique consumériste, au lieu de participer à la construction de ce qui pourrait être un véritablr projet. Au lieu de menacer le système, les opposants vont devenir ses idiots utiles, et les médias pourront diaboliser ce qu'ils ont eux-mêmes contribué à créer.
Au fond, les skins ne sont pas responsable de la connerie de leur mouvement. Ils sont cons, ils sont cons, c'est pas de leur faute. Les vrais coupables sont ceux qui les encouragent dans la connerie, qu'il s'agisse du politiquement correct pro-antifa, des commerciaux qui vendent docs et t-shirts et des journaleux qui ont inventé de toutes pièces le mythe du skin NS dangereux pour l'état. Avec tout ça, les skins s'identifient à leur propre mythe journalistique, et ils continuent à tirer le reste vers le bas. Merci Daniel Schweizer !

mardi 17 mars 2009

Sur les pavés


Dire que ce "documentaire" était attendu relève de l'euphémisme. Côté faf, on attendait avec impatience de pouvoir se branler sur un équivalent de droite d'Antifa chasseurs de skins, et côté antifa, on redoutait des pseudo-révélations mettant en lumière les nombreuses conneries racontées dans le DVD de Terzic. D'abord programmé pour janvier, puis pour fin février, puis pour le 10 mars et enfin sorti le vendredi 13 (!), Sur les pavés a fait couler beaucoup de salive et d'hormones à défaut de faire couler de l'encre sur le Web.
A la rédaction, nous attendions également de voir une version faf de l'autoproduction antifa. Quelle branlette, quel racontage de vie se ferait jour au sein du milieu faf ? Autant le dire tout de suite, nous avons été quelque peu déçus par ce documentaire en carton. La forme de Sur les pavés est ennuyeuse et décevante. Dans Antifa chasseurs de skins, il y avait toujours des vidéos pompées de l'INA ou des images d'époque avec de petits zooms, ainsi qu'une voix off. Ce montage dynamique faisait oublier l'absence totale de fond. Le spectateur ne pensant pas, surtout quand il est antifa, il était captivé par les images qui se succédaient à l'écran et gobait d'autant plus facilement les témoignages-branlette qui constituaient la trame du documentaire. Sur les pavés ne s'embarrasse pas d'un tel professionalisme ! On n'y voit qu'une chose : Serge Ayoub. Pas de voix off, très peu d'anciens, quasiment aucune image d'époque, le documentaire est pour les deux tiers un monologue non illustré de Batskin. On ne voit et on n'entend que lui. Batskin derrière son bar, Batskin sur son canapé, Batskin devant le parc des Princes, Batskin dans une rue du quinzième, Batskin dans une autre rue du quinzième... Cette présentation mytho ne remplace pas les archives de l'INA, déjà dévalisées par Marc-Aurèle Veccione l'année dernière, et on baîlle quelque peu en attendant la fin du documentaire.
Côté fond, Sur les pavés est à peu près équivalent à Antifa chasseurs de skins : le discours est aussi pompeux et mythomane dans un cas que dans l'autre, chacun réécrivant l'histoire à sa façon en l'émaillant d'anecdotes bidon pour montrer qu'il était dedans. Au moins, le documentaire ayoubesque réalise l'équilibre de la connerie avec son homologue antifa, et de ce côté c'est relativement acceptable. Cependant, Terzic avait au moins eu la décence de partager son documentaire autoproduit avec une voix off et laissait un peu de place aux gesticulations d'OGKim, ce qui n'est pas le cas ici.

Il faut bien l'avouer, Sur les pavés ne correspond pas aux promesses qu'Autonomiste Media, création ex nihilo visant à donner une allure professionelle à un "documentaire" qui ne l'est pas, nous avait faites. On nous avait promis tous les anciens skins de l'époque, et on se retrouve avec trois mecs cagoulés. On nous avait promis les témoignages des anciens JNR, et on n'a que quelques phrases lâchées par Grand Gilles, un pote à Batskin qui squatte régulièrement le Local. Au passage, on remarquera la grande élégance de Gilles. Personne ne sait quel médicament il a bien pu prendre (peut-être un stéroïde vendu par Ayoub ?), mais en tout cas, son gros thorax ressemble à s'y méprendre à une paire de seins. Un ancien JNR avec des nichons, tout de même, ça la fout mal. Plus sérieusement (enfin, façon de parler, Politrash n'ayant aucune prétention à être sérieux), comment se fait-il qu'aucun JNR ne soit venu témoigner, à part Grand Gilles ? Leur anonymat, ils s'en foutent, ils sont déjà fichés dans toutes les organisations de renseignement françaises et ils le savent. Peut-être ont-ils quitté le milieu faf, peut-être se sont-ils fait larguer en route par Elie Ayoub après que celui-ci se soit servi d'eux... Demandez-vous pourquoi, sur vingt personnes, il n'y en a que deux qui restent publiquement présentes quinze ans après. Flemme, trouille, utilisation par leur leader, les raisons abondent. De toute façon, la devise "honneur et fidélité" est utilisée par les fafs comme un patch chez les antifas : on l'accroche sur son personnage, ou sur son sac, et ça fait joli. Inutile de dire que cette mythomanie n'a rien en commun avec la manière de vivre des vrais inventeurs de cette devise. Tout s'achète et tout se vend, y compris la fafitude ou un DVD de Batskin.
Ceux qui lisent les commentaires de Politrash le savent déjà, mais une piqûre de rappel ne fait jamais de mal. Depuis que Sur les pavés était annoncé, Serge Elie Ayoub s'est vanté plusieurs fois de la gratuité du "documentaire". "Nous, on va le mettre gratuitement sur le Net, pas comme ces anticapitalistes de bazar qui vendent le leur 20 euros à la FNAC...". Ces belles paroles n'ont pas empêché Batskin de faire graver sa production sur des DVD, qui seront vendus 5 euros au Local. Et comme il n'y a pas de boîte de prod', les sous tomberont intégralement dans sa poche. Mais bon, c'est pour le prestige (dixit un mec du forum natio), donc ça va !
Sur les pavés n'est pourtant pas grand-chose d'autre qu'un gigantesque culte de la personnalité en l'honneur de Serge Ayoub. C'est simple, on ne voit que lui, dans divers endroits différents qui ne cachent pourtant pas la monotonie ennuyeuse du "documentaire". Qui plus est, le caméraman filme comme un manche. Au lieu de montrer Batskin en plan américain, c'est-à-dire de la taille à la tête en laissant un espace entre le dessus de la tête et la limite supérieure de l'écran, il lui coupe le haut de la tête. Si on regarde bien, on s'aperçoit que la caméra est penchée vers le corps de Batskin. Niveau plan, c'est très moche, mais ça met en évidence ses gros bras et son polo bien rempli. Entre ses muscles sans cesse mis en avant, le témoignage de l'ancien qui dit que "Serge c'est une forteresse" même s'il avoue ne jamais l'avoir rencontré, les histoires de baston où il ne se prend jamais le moindre coup et parvient à impressionner tout le monde avec sa seule carrure, tout dans le film concourt à donner l'impression qu'il est hyper-méga balèze, invincible, comme un rouleau compresseur de ouf malade.
Dommage qu'il n'y ait que ça. Du Batskin, on en bouffe à longueur de film. Le mouvement skin, c'est lui qui raconte, les anecdotes aussi, la fondation des JNR aussi, les plaisanteries aussi... A moins d'être un miniskin suceur de glands bien nus ou un fan de branlette, on se fait franchement chier. Heureusement, il y a les témoignages des autres anciens pour mettre un peu de piment, mais juste un peu. A part Batskin, qui occupe les trois quarts de l'écran et les deux tiers du film, il y a Ted, un ex-mercenaire exilé pour faits de violence, deux mecs avé l'accent du Sud dont un cagoulé qui parle tout le temps, Grand Gilles et ses nichons, P'tit Greg qui fait une apparition deux secondes pour expliquer qu'il a été mercenaire avec Bob Denart, comme le mec de Lille, un dernier larron qui s'est recyclé aux JI et fait office de Batskin provincial à la Vlaams Huis, et c'est tout. Sachant que ces mecs sont visibles deux secondes avant que Batskin ne reprenne le micro, on ne peut pas dire que leur témoignage mette beaucoup de tonus. On les entend au sujet d'un détail, d'un truc ici ou là, et c'est Elie Ayoub qui revient aussitôt après.

Il faut croire que l'AF a réussi à appliquer ses principes au milieu faf : privé de roi, il n'en est pas moins personnifié par Ayoub, qui vient l'incarner à lui tout seul ! Le résumé du docu nous promet monts et merveilles. Trois décennies d'engagement nationaliste mises en forme, racontées par tous les anciens qui les ont vécu. Le terme d'"engagement nationaliste" fait déjà franchement rigoler. Depuis quand les skins sont-ils des militants nationalistes ? Depuis quand sont-ils des militants tout court ? Tous ceux qui ont milité, du MPF au FNJ, doivent être morts de rire en voyant les conneries que ces pseudo-militants peuvent écrire. Parmi les colleurs d'affiches, les distributeurs de tracts, etc. combien de skins ? Très, très, très peu. Les skins n'ont jamais été autre chose que des alcooliques occupés à se taper dessus entre deux binouze party. Quand Batskin revendique à lui tout seul trois décennies d'engagement nationaliste, il n'a rien à envier à ses pseudo-rivaux antifas question mythomanie. Les trois décennies sont racontées par lui et pour lui. Tout fier, il raconte pour la énième fois comment il a chassé les punks de Saint-Michel, formé sa propre bande, battu les mods de Gambetta, et exfiltre certains détails un peu gênants (par exemple, le fait qu'avant de traîner à Saint-Michel, il était au Luxembourg avec le Nazi Klan de Sniff).
Les antifas, dit-il, n'existent que par rapport aux fafs. Ils passent leur vie à les maudire tout en y étant attachés, vu qu'ils ne pourraient plus détester personne de manière aussi intense si les fafs n'existaient pas. Ils ont besoin d'un bouc émissaire, d'un mec qui remplace Satan dans leur imaginaire manichéen, et ce mec, c'est Batskin (Le Pen n'a bien sûr jamais fait parler de lui où que ce soit). C'est assez vrai. Après tout, Julien Terzic et Marc-Aurèle Vecchione ont bien fait leur business autour des mythes de chasses de skins dans les années 80. Pourtant, cela n'empêche pas Batskin de faire exactement la même chose. Sa réponse contient plusieurs éléments qui ne sont compréhensibles que pour qui a vu le DVD antifa. Ce faisant, il fait de la pub aux antifas, puisqu'il les considère comme une référence pour le comprendre lui. Avec Sur les pavés, il répond uniquement aux rouges, émaille son propos de plaisanteries à leur égard, mais... vit-il autrement que par rapport à eux ? Que dalle ! En alimentant la guéguerre faf-antifa, qui pourtant ne fait jamais le moindre dégât ailleurs que sur Internet depuis bien longtemps, Elie Ayoub vend son image et son discours à des fafs qui y croiront toujours. Alimenter une guerre perpétuelle a son utilité. On provoque des clivages partisans, on fait en sorte que les gens y restent et se haïssent entre eux. Cela permet d'abord aux gens de ne jamais s'unir, et donc au système de ne pas avoir d'ennemis trop embêtants puisqu'ils se battront toujours entre eux, et alimente aussi une manière de penser manichéenne qui leur évite de trop réfléchir.
Batskin se donne beaucoup de mal pour rien : quoi qu'on fasse, les éclairs d'intelligence dans le milieu faf sont aussi courants que le bon goût chez les rappeurs, c'est-à-dire quasi inexistants. Après tout, boire des bières au Local/Saint-Sauveur en affabulant sur des bagarres avec les rouges/fafs, c'est tellement plus facile...
Les antifas, dont le sieur Ayoub prétend ne plus se souvenir mais à qui il prend la peine de répondre pendant plus d'une heure, auraient d'ailleurs des problèmes d'identité. OGKim aurait été adopté "comme un petit animal" par des parents riches, en mal de chiards du tiers-monde à câliner (comme Angelina Jolie ?), Farid aussi, sans parler de l'ex-skin Ammour qui est devenu un squelette vivant à force de se droguer pour oublier qu'il est moche et con... concernant OGK, il nous est difficile de confirmer, sachant que Batneuski est tout de même bien mythomane aussi quand il s'y met. Pour Farid, on s'en branle, on voit sa photo au début du DVD antifa et on voit qu'il a toujours été moche. Quant à Ammour, sa transformation toxicomanique se voit aussi sur l'écran. Pas de doute, Ayoub connaît son sujet. Sous ses dehors imprécis et plaisantins, il le connaît au moins aussi bien que les antifas de REFLEXes. Serait-il, comme eux, un collaborateur des RG ?
On peut néanmoins se demander s'il ne fait pas une projection sur les autres de ce qu'il a lui-même vécu. Il dit que ces antifas ont eu des problèmes d'identité (ce qui expliquerait, au passage, la surexcitation permanente d'OGKim et son immense appétit de reconnaissance), mais quand on a fait partie d'un groupe néo-nazi en étant juif, c'est qu'on a soi-même un sacré problème en la matière. Après tout, c'est de ce qu'on connaît le mieux qu'on parle le mieux, et Ayoub n'y fait pas exception.

Dans la série des pieux mensonges, semés entre un récit imprécis ("c'était vers la fin des 80', j'ai été aux Halles et j'ai croisé un mec, enfin je sais plus, mais il a couru tout de suite") et une branlette d'ancien ("moi j'étais skin pour la liberté, c'était un état d'esprit, et moi j'étais dedans tu vois"), il enjolive certaines réalités. Il a connu OGKim à Troisième Voie, ce qui est certes confirmé, mais ajoute également qu'il était lui-même alors leader des JNR, qui étaient une section de Troisième Voie... Chose extrêmement curieuse, puisqu'on n'a jamais entendu parler d'un quelconque empiètement du parti tercériste par les JNR, et Batskin ayant dit un peu plus tôt qu'il avait formé sa propre bande de skins en solo. A force de passer des heures au téléphone avec OGKim, Ayoub semble être atteint du même syndrome que lui. S'il continue comme ça, il finira par faire des fautes d'orthographe sur le profil Dailymotion site d'Autonomiste Media !
Un truc qu'il n'oubliera jamais, par contre, c'est son passé de trafiquant. Quand il aborde cette période de sa vie, il l'entoure aussitôt d'un brouillard mystérieux : "j'ai ouvert un casino, travaillé dans une boîte de nuit, en gros j'ai vécu..." Où ? Quand ? Comment ? Ce "comment" est d'autant plus important qu'on n'ouvre pas un casino comme ça, à fortiori en pays étranger : il faut de l'argent, un réseau, des relations... Autant de choses sur lesquels Ayoub est étrangement peu bavard, préférant revenir sur sa branlette de super-skin qui s'est battu 7 fois par jour pendant trois ans. En réalité, il a été trafiquant. Au moins de drogue, peut-être d'armes, les armes étant très en vogue à l'époque où il s'est rendu dans les pays de l'Est. Certaines rumeurs disent même qu'il a trempé dans du trafic d'êtres humains. Le nationalisme réprouve absolument le grand banditisme, autant pour des questions d'honnêteté que pour l'amour de la communauté nationale, mais les fafs sont toujours prêts à oublier leurs grands discours quand il s'agit de boire des bières ou de se branler devant un DVD au montage terriblement ennuyeux...
Sinon, Batneuski n'en parle pas, mais il n'a pas eu officiellement de petite amie depuis sa rentrée en France. A 43 ans, il est vieux garçon, sans famille et sans enfants. Curieux, non ? OGKim explique ce fait en évoquant son "homosexualiter". De deux choses l'une : soit Kim profite encore de l'occasion pour sortir une connerie et se faire mousser, ce qui est tout à fait possible, soit Elie Ayoub est réellement gay et ça rend encore plus ridicule son pseudo-engagement de skinhead NS. Les uns mythonnant autant que les autres, nous ne prendrons pas partie et laissons ces questions épineuses aux "intellectuels fafs" vantés par Zentropa.

Tout au long du film, Batskin parle beaucoup, mais il dit peu de choses. Rien n'est précis, rien n'est clair, tout se confond dans une imprécisition sciemment calculée ("alors là, j'étais rue d'Assas, il y avait 10 ducky boys, ils sont venus me voir mais ils ne m'ont pas tapé parce qu'ils savaient que je pouvais tous me les faire quand ils seraient tout seul, ou alors une autre fois, j'étais aux Halles et j'ai croisé Jeff, il a couru", cela sans donner le moindre détail permettant d'identifier formellement quand ça aurait eu lieu). Le reste, outre les plaisanteries à deux balles, est semé d'analyse bidon. "Ouais, moi j'étais skin, ce qui me plaisait dans ce mouvement c'était le côté provoc, le libertarisme revendiqué"... Devant toutes ces considérations aussi vides que oiseuses, mêlées à un racontage de vie qui donnerait envie de cliquer sur la petite croix en haut à droite si Batskin ne jouait pas les pinces-sans-rire on exulte : ce film est le symbole du milieu faf. Ça ne peut pas être le fait d'un seul type, comme le voudraient certains fafs qui tentent encore de défendre coûte que coûte leur milieu, "non, ce n'est pas possible".
On rira bien volontiers dans anciens qui se sont mis une cagoule pour parler. Sachant que la police peut identifier quelqu'un grâce à sa seule empreinte vocale, et sachant que les RG ont infiltré tous les milieux politisés depuis bien longtemps, on se demande ce qu'ils ont encore à protéger. Auraient-ils peur que le SHARP mette leur visage sur son fichier, eux les valeureux anciens super neuskis de la rue ? Le fameux Luc, ancien skin paradant avec son foulard à tête de mort, ressemble plutôt à un whigger qu'à un skin avec le truc ridicule qui cache sa petite tête. Après tout, ça fait une autre occasion de frimer, et puis c'est plus joli que les nichons à Grand Gilles.
Autre truc symptomatique du milieu faf (quoique cela vaille pour les antifas aussi), le commercialisme. Un moment, on voit Batskin parler avec un verre de bière à côté de lui. Il ne s'agit pas de n'importe quelle bière, comme la bouteille posée là vient nous le montrer : non, il s'agit de la bière Charlemagne, création exclusive du vendeur de t-shirts Paul Thore dont nous avions déjà parlé dans notre portrait du commercial. Entre symbole mythomane vivant et refourgueur de merde, nos super skins fafs savent mettre les querelles d'orgas de côté...

Il y a bien une chose intéressante dans ce film, c'est le témoignage de Ted et de P'tit Greg. Enfin, leur témoignage en lui-même n'a aucun intérêt lorsqu'il est question de la période skin. Il s'agit toujours de la même branlette mythomane, mise à la sauce feufa, cependant ces deux-là n'ont pas mené une vie aussi minable que les autres puisqu'ils sont devenus mercenaires. Ted est parti en Afrique, P'tit Greg aussi, et ils ont lutté aux côtés du mercenaire Bob Denard pour le coup d'état aux Comores. C'est le sort classique des français un peu trop encombrants : ou on va en taule, ou on part au front, et plutôt que de se branler en taule pour se faire mousser chez ses potes à la sortie, Greg est allé risquer sa vie pour la France.
Nous nous moquons volontiers du milieu faf, mais il faut bien avouer qu'avoir survécu à des batailles en Afrique, au milieu d'indigènes vivant à la remorque de l'Occident et mordant systématiquement la main française qui les nourrit, ne peut que forcer le respect. Ces mecs-là sont allés faire le sale boulot. Ils ont risqué leur vie plus d'une fois, ils se sont fait crucifier par les médias officiels pour défendre officieusement les intérêts français. Leur vie et leurs idées se sont réellement incarnées dans la sueur et le sang des combats.
C'est tout de même autre chose qu'un connard de trafiquant de drogue comme Batskin, qui a dû s'injecter plusieurs fois sa propre marchandise pour avoir des muscles aussi gros, ou qu'un rappeur de 37 ans qui se revendique original gangster. Il y a au moins un truc qui rend, sur le fond, Sur les pavés supérieur à Antifa chasseurs de skins : certains ont réellement risqué leur vie pour la France, ont vécu conformément à leurs idées, tandis que les antifas sont tous sans exception des exploiteurs pourris (comme Julien Terzic) ou des cas sociaux (comme Ammour, le drogué, ou OGKim qui vit des allocations familiales de ses 4 enfants). Au niveau de la forme, il faut bien admettre qu'Antifa chasseurs de skin est beaucoup mieux présenté, et à part ça, on trouve autant de connerie d'un côté que de l'autre. Ter-sieg est tout de même moins chiant que Batskin, et pour cause, il parle moins longtemps.

mardi 10 mars 2009

Serge Ayoub


Tout faf digne de ce nom a vu et revu American History X, Romper Stomper et Danny Balint, films cultissimes pour les mythomanes en mal de skinheaditude. Parmi ces films, Danny Balint raconte l'histoire d'un jeune skinhead NS du même nom, bagarreur et antisémite notoire. Il brille comme leader de sa petite équipe, vit de bagarres à la batte de base-ball... il n'y a qu'un seul problème : Danny Balint est juif. Un néo-nazi juif, direz-vous, ce n'est pas courant.
Eh bien, il faut croire que si. Car la réalité dépasse la fiction. Et c'est loin d'être nouveau : un type très connu du milieu faf, détenteur d'un haut lieu de fafitude sur Paris, serait juif... Vous l'aurez deviné, il s'agit de Serge Elie Ayoub, alias Judéoskin Batskin. Ancien créateur d'un gang de néo-nazis (le fameux Nazi Klan), puis d'une bande de skins anti-antifas, les JNR, puis membre de divers gangs, trafiquant de drogue, boutiquier et aujourd'hui tavernier pour jeunes fafounets, le sieur Ayoub est un personnage "hors du commun", comprenez une idole du milieu faf. Beaucoup de fafs se rendent bien comptent de sa judéité, y compris des fafs antisémites, mais ils lui trouvent toujours des excuses : "il est sympa", "il parle bien", "il m'a offert une bière l'autre soir", "il m'a raconté comment c'était quai de la gare en vrai"... Après tout, il ne faudrait pas qu'être faf devienne trop fatiguant. On veut bien être élitiste, mais s'il faut faire une sélection parmi les types qu'on fréquente, c'est trop. Être faf, c'est bien, mais juste ce qu'il faut pour aller boire des bières chez Elie Ayoub tout en prétendant lutter contre le lobby sioniste. Ben oui, y'a des limites à l'action politique, c'est moins fatiguant d'aller coller 3 autocs le mercredi soir et de se branler dans des sessions de formations qui ont lieu dans le local appartenant au même Ayoub... Et puis, tracer des croix gammées pour faire peur aux mamies, c'est bien, mais lutter contre un vrai mec en créatine et en os, c'est trop dangereux !
Malgré le mystère extrêmement trouble dont s'entoure Batskin, aucun faf digne de ce nom ne prendra jamais la peine de faire le tri, car s'il appliquait vraiment ses idées, il ne devrait plus fréquenter le Local. C'est pourquoi, pas fainéante pour deux sous, la rédaction de Politrash s'y est collée, et plutôt que de vous vendre un DVD à 20 euros ou de faire un documentaire autoproduit annoncé 3 mois à l'avance sur Dailymotion et même pas foutu de sortir le jour convenu, nous allons vous dire qui est vraiment le tenancier du 92 rue de Javel.
Fafounets à la con, antifas bouffons, installez-vous confortablement avec une bonne bière et accrochez-vous, ça va swinguer !


D'après la version officielle qu'il a donné de sa vie, le jeune Serge est devenu skin vers 14 ans, à l'occasion d'un séjour linguistique en Angleterre. Les soirées disco, alors à la mode, l'emmerdaient ; il errait dans les rues, victime de l'ennui, quand il est tombé sur une punkette de 13 ans avec qui il a fait connaissance... Sa skinheaditude était lancée. Il y a peut-être du vrai là-dedans. Cependant, Batskin révèle assez peu de détails concrets lors de ses interviews, préférant surtout les grandes formules bien floues ("beaucoup de bons souvenirs", "des potes", etc.). S'il a vraiment connu le mouvement skin en Angleterre, ce qui est tout à fait possible vu que ça a commencé là-bas, il a peut-être été attiré par lui mais il cache tout de même bien son jeu. Car entre le skinisme de base et le rôle de leader d'un mouvement NS, il y a une différence. Surtout quand on porte le nom d'Elie Ayoub. Notre homme apparaît pour la première fois devant une caméra avec une mise en scène assez amusante : le visage dissimulé derrière une cagoule, un bon gros drapeau noir-blanc-rouge tendu derrière lui et des armes posées sur un coin de mur. Déjà, on reconnaît la voix du sieur Ayoub, cette voix étonamment douce (voire doucereuse) qui contraste avec ses gros muscles créatineux. Originellement, le Nazi Klan a été fondé par Sniff du groupe oï Evil Skins. Mais voilà, le jeune Serge qui vient tout juste d'y rentrer fait preuve d'un culot monstre. Malgré "sa voix de tapette", pour paraphraser OGKim, il parvient à se faire aimer des autres neuskis tout en ayant un peu d'autorité sur eux.
Il faut dire que son milieu social l'y prédisposait. En effet, et bien qu'il l'ait nié pendant plusieurs années, sa mère était magistrat. Et pas n'importe quelle magistrat : non, elle était procureure de la République, ce qui exige un tempérament bien trempé avec un salaire à la hauteur ! Tenant bien de sa génitrice, gant de fer dans une main de velours tout droit venu du Sentier, il parvient à prendre l'ascendant sur les autres skins. Admettons-le, il est assez malin pour charmer tout ce qui a un Q.I. de moule, ce qui lui a permis de le faire facilement avec tous les demeurés du Nazi Klan, et il brille par un certain charisme. Le voilà donc qui détrône Sniff, le chanteur d'Evil Skins, pour prononcer les discours officiels du "mouvement" devant une caméra. C'est ainsi qu'on trouve un juif parlant devant un drapeau à croix gammée, de lutte contre le capitalisme, le communisme, l'immigration... Tout de même, un juif qui attise l'antisémitisme, c'est terrible pour une communauté qui en souffre encore aujourd'hui. Serge Ayoub était-il simplement un type un peu perdu, extrême de par l'absence de modération qu'on a dans la jeunesse, ou se comportait-il en agent provocateur, prêt à attiser la violence latente de skins déjà bien débiles pour les faire crucifier par les médias ? La rédaction de Politrash ne tenant pas à finir, au mieux devant un tribunal, au pire exécutée en pleine forêt par des gens du Mossad, nous laisserons le lecteur répondre seul à cette question.
Parmi les bandes de skins du Paris de la fin des années 80, le Nazi Klan est probablement la plus violente. On les voit dans toutes sortes de bagarres, contre des rouges, mais aussi contre d'autres bandes de skins fafs, notamment les Tolbiac Toads. Sans doute Ayoub avait-il une responsabilité dans ces conflits inter-neuskis, cependant on peut difficilement l'accuser de tout. Depuis que le mouvement skin existe, les crânes rasés se sont toujours tapés dessus entre eux pour un oui ou pour un non. Ca ne date pas de l'arrivée du sieur Ayoub dans le mouvement. Il a probablement attisé des tensions déjà existantes, ou latentes. Peut-être ne l'a-t-il d'ailleurs pas fait exprès : chez les skins, les conflits d'ego sont légion, et pas que chez Légion 88, ah ah ah. Elie Ayoub n'avait pas besoin de saboter le mouvement skin, et pour cause, ce mouvement était déjà complètement con à la base. Animé par des drogués alcooliques et bagarreurs, il n'avait strictement rien à voir avec la véritable politique. Faf, nazi, nationaliste, socialiste, antifa, situationniste, anarcho-maoïste, communiste, tous ces mots n'étaient chez eux que des étiquettes pour se donner un genre et trouver des mecs à castagner. Néanmoins, le néo-nazisme est différent, car totalement diabolisé. Autant le communisme a toujours été plutôt bien vu en France, malgré ses dizaines de millions de morts, autant le nazisme n'est jamais passé pour autre chose que pour une version moderne de Satan au moyen-âge. Les skins NS prenaient du coup de véritables risques, tant vis-à-vis des flics ou de la justice que des médias.
Mitterand, président et icône de son époque, s'est servi de Le Pen comme d'un repoussoir pour gagner les élections une seconde fois. Dans le sillage du bon Jean-Marie se trouvait un monde extrêmement disparate, allant des français normaux lassés de l'immigration aux skins NS purs et durs. Le Nazi Klan, bande parmi les bandes, accumulait les faits de violence et appartenait à l'idéologie la plus mal vue qui soit : il offrait une cible idéale. Beaucoup de membres du NK ont d"ailleurs fini en cabane pour diverses histoires de bagarre. C'était d'autant plus facile pour les flics qu'ils avaient des cartes de membres du NK, ajoutant une preuve de leur appartenance à ce groupe interdit. Et pan ! Pourtant, si Serge Ayoub s'est fait arrêter comme tout le monde, il en est ressorti libre comme l'air. Curieux, pour un type que tout le monde connaissait chez les fafs/antifas et qui venait de gagner le surnom de Batskin pour son utilisation intensive de la batte de base-ball dans les bastons... Certains antifas prétendent sur Internet que ce surnom vient de "Batman". A vrai dire, on s'en tape, il y a des choses beaucoup plus importantes, notamment l'absence totale d'ennuis judiciaires pour le sieur Ayoub. Pourquoi, lui si violent et si dangereux, n'a-t-il rien eu ? A-t-il aidé la police en jouant le rôle d'agent provocateur ? Ou en faisant fabriquer lui-même les cartes de membre du NK, car c'est lui qui a eu l'idée d'en faire ? Ou encore parce que sa mère était magistrat ? Là encore, nous n'oserons pas répondre à ces questions afin de ne pas avoir d'ennuis.
Le Nazi Klan disparu, les antifas clament aussitôt que ça s'est fait grâce à eux. N'oublions pas, au passage, que ces bouffons en t-shirt rouge ont eu le soutien financier et juridique de Mitterand lui-même : en effet, ils ont collé pour SOS-Racisme, nouvellement né, et ils se sont servis de leur propre aveu des camionnettes "de collage" que le mouvement leur filait... Fafs ou antifas, les deux se prétendent anti-système, mais les deux en font partie ! Ils le nient totalement, et pour cause, ça ruine leur image de rebelle à deux balles qui fait dépenser des sous à tant de gens... Le reste n'est que branlette mythomane, autant le DVD Antifa chasseurs de skins que la réponse Sur les pavés à paraître sur Dailymotion. (Notez d'ailleurs que Batskin n'est pas foutu de sortir sa réponse pourrie au jour annoncé, contrairement à nous. Politrash, plus fort qu'Elie Ayoub !) Vu le mythonnage systématique des antifas, il est fort possible que ceux-ci se soient tapés deux ou trois fois avec les gens du Nazi Klan et d'autres groupes, puis qu'ils aient revendiqué une victoire quand c'était la justice qui les faisait disparaître. Remarquez, les magistrats socialo-bobos et les pseudo-anarchistes soutenus avec l'argent du contribuable grâce à Tonton Mimi, c'est un peu la même chose ! Toujours est-il que les antifas n'étaient pas les seuls à avoir le soutien du système. Batskin, bénéficiant comme eux de son réseau d'influence, était toujours libre, de même que beaucoup d'autres skins fafs. Les flics avaient beau être féroces, il y avait trop de skins pour les arrêter tous à la fois. Qui plus est, certains flics avaient encore des sympathies droitières sans que cela soit encore trop mal vu du gouvernement. C'était avant les "cadets de la république" et la reconversion des racailles en policiers, sur l'initiative de Sarkozy. Mais revenons à nos moutons.

Les skins fafs étant mécontents du sort que leur réservait la justice, mais aussi d'une bande d'antifas qui s'amusait à maraver les leurs à 3 contre 1 (ben oui, les antifas s'attaquaient à plus faibles qu'eux, qu'est-ce que vous croyez ?), Batskin va saisir l'occasion au vol. Leader dans l'âme, il décide d'unifier les skins pour fonder une bande de super-skins particulièrement balèzes : les JNR. Il est alors au sommet de la hiérarchie faf, côtoyant du regard les plus hauts cadres des partis officiels. Un juif leader d'un best-of de skins fafs, pour paraphraser OGKim, qu'est-ce que vous dites de ça ? Ils parviennent même à s'implanter dans les milieux les plus antisémites : comme faculté d'adaptation, avouez que c'est balèze ! Remarquez, avec un milieu aussi con que celui des fafs, il suffit de ne pas avoir un trop gros nez et de cacher son deuxième prénom pour que ça passe comme une lettre à la poste. D'une certaine manière, ce sont les plus antisémites qui sont les plus faciles à moucher, comme Serge Elie Ayoub nous le prouve depuis au moins vingt-cinq ans.
Batskin parle bien, Batskin se bat bien (disons plutôt que gros muscles + doc martens + pitbull enragé + batte de base-ball = ça peut faire mal), et que surtout, quand on est avec lui, on est sûr de ne pas avoir de problèmes judiciaires. Au lieu de s'interroger sur la raison de cet état de fait, les skins, décidémment bien mollassons quand il s'agit de critiquer le système, décident d'en profiter. C'est ainsi qu'une vingtaine de personnes constitue les JNR, avec Batskin à leur tête. Au programme, un gros investissement militant : SO de manifs, SO de meetings, bagarres contre les rouges... un vrai programme de skinhead, mais suivi régulièrement. Assez régulièrement pour inquiéter les antifas. Dans Antifa chasseurs de skins, ces débiles prétendent avoir battu les JNR, mais c'est un pur mensonge. En effet, les Ducky Boys ont disparu vers 91-92 suite à une fausse accusation de meurtre. Mitterand s'était servi d'eux pour mettre la pression aux skins fafs, et là, il n'en avait plus besoin. Au contraire, il avait besoin de laisser les mains libres aux feufas pour qu'ils fassent des conneries. Les skins de tous bords ayant une tendance irrépressible à commettre des délits, il fallait bien laisser les fafs agir à leur guise si on voulait pouvoir les diaboliser après. C'était la tactique favorite de Tonton Mimi : laisser faire d'une main et réprimer de l'autre, avec l'appui bruyant des médias. D'où la curieuse mansuétude judiciaire laissée aux JNR. Les antifas, eux, étaient bien vus par l'opinion publique. Les médias les érigeaient en modèles, chantant les louanges de ces courageux guerriers, luttant contre le péril nazi toujours à nos portes malgré le fait qu'il soit enterré depuis cinquante ans. Mais si les antifas agissaient librement, ils allaient eux aussi, comme tous skins, commettre des délits et ainsi briser l'image positive qu'on leur façonnait. C'est pourquoi Mimi a inventé une soi-disant affaire de meurtres, qui a permis la dissolution des Ducky Boys. Grâce à cette affaire, les antifas ont pu transformer leurs bagarres pitoyables en épopée merveilleuse, tout en se disant martyrs d'un système qui les avait toujours aidés. Quant aux JNR, ils se ruinaient bien assez tous seuls pour que les hommes de Tonton (Mimi, hein, pas Adolf) leur laissent un peu la bride.
Enfin, tous seuls, si on oublie de compter Batskin. Une fois les Ducky Boys disparus, le sieur Ayoub a acquis du jour au lendemain une certaine notoriété médiatique. Invité sur des plateaux télé, cité dans les journaux, il devient le représentant officieux des skins fafs. En cause : son charisme doucereux, bien sûr, mais aussi d'autres choses. Nul doute que son influence, la même que celle qui lui a permis de n'être jamais condamné malgré ses multiples arrestations, lui a ouvert les portes des médias. En réalité, Batskin a été choisi par eux pour jouer un rôle. Le skin violent et organisé, c'était fini, les gens en avaient suffisamment bouffé pendant dix ans. Il fallait varier un peu le mythe si on voulait maintenir vivante la peur du méchant skinhead. C'est pourquoi on a choisi Batskin. Cultivé, grand gaillard aux airs doux, il représentait à merveille le "péril fasciste". Avec lui, on a fait passer le message suivant : "les fafs sont malins et influents, ils sont réellement dangereux, alors n'oubliez pas de bien les détester et ne réfléchissez surtout pas à ceux qui vous gouvernent réellement". Faut croire que ça a plutôt bien marché. Sur Arte, ou dans Ciel mon mardi, Elie Ayoub a joué le rôle du repoussoir absolu. Dans Ciel mon mardi, Harlem Désir jouait le gentil, issu de la "diversité" (ah ah ah) et se dévouant pour la défense contre le méchant croque-mitaine fasciste exhibé sur les écrans de télévisions. Il suffit de voir l'émission : Désir parlait davantage que Batskin, n'avait aucun argument contre lui si ce n'est les habituelles attaques persos contre tout ce qui n'est pas de gauche, tandis que Batskin se défendait tant bien que mal. D'ailleurs, les gens applaudissaient quand Harlem Désir parlait, et pour cause, il y a toujours quelqu'un qui dit au public quand il doit applaudir ou huer dans ces shows télévisés à la con... C'était cousu de fil blanc. Et Batskin, défendant des idéaux qu'il définissait très peu (du genre : "euh, ouais, nous on veut une Europe sans communisme et sans capitalisme, et... et voilà quoi") ou se justifiant face aux attaques perfides de Harlem Désir, il n'a pas laissé l'image qu'on prétendait lui donner, mais celle qu'on voulait réellement lui donner. Le soi-disant skin charismatique n'était qu'un moyen supplémentaire de bétonner l'opinion publique contre un péril imaginaire, histoire que le gouvernement de Tonton (qui n'était au fond qu'une crapule narcissique entretenant un culte autour de sa personne) puisse avoir les mains libres. Cela a très bien fonctionné.
Mais n'allez pas croire que Batskin n'était pas complice. Chaque intervention télévisée, chaque reportage (notamment celui d'Arte où il passe pour le vilain fasciste, parce que la modération même de son discours y est retournée contre lui) lui est payé rubis sur l'ongle. Prévoyant, tout de même, le bon Ayoub ! Non seulement il s'est servi de sa bande de skins pour gagner de l'argent (d'ailleurs, elle en gagnait sûrement aussi) avec les médias, mais aussi avec la drogue. En effet, Batskin a été arrêté par la police pour trafic de drogue, plus exactement de stéroïdes. Après toutes les fois où il agissait sans aucune limite (pour info, il était allé jusqu'à dégainer un couteau en plein tribunal lors d'un procès d'antifas et n'a jamais eu aucun problème pour ça), il était temps ! Heureusement pour lui, son influence a joué en sa faveur : les dealers sont d'habitude condamnés à cinq ou six ans de prison, voire plus... mais Ayoub n'a eu droit qu'à neuf mois de cabane. Une coïncidence, sûrement ! Il faut croire qu'une mère procureure de la république, ainsi que d'autres choses allant dans le même sens mais que nous n'avons pas le droit de dire, ça aide beaucoup, même quand on se dit faf ! Au passage, remarquons que les fafs se disent toujours totalement opposés à la drogue : "oui, la drogue, c'est un truc de racailles, ça amollit le peuple, nous sommes contre les paradis artificiels qui détournent du réel..." mais ce discours, comme beaucoup d'autres issus de ce milieu de crétins, est totalement creux. Chez les footeux et les fans de gabber, beaucoup consomment des stéroïdes, des amphétamines, voire de la coke. Et ne parlons même pas de l'alcoolisme généralisé du milieu faf ! Pour en revenir à Batskin, le charmant skinhead a profité de sa notoriété pour ouvrir des boutiques de fringues et d'objets fafs. D'abord Dark Side, dynamitée fin 93 (OGKim prétend avoir joué un rôle dans la fermeture de la boutique, mais bon, il n'en est plus à une affabulation près...), puis Dark Lords, fermée par décision préfectorale en 1994. Le business "faf" ne pèse pas lourd face au pouvoir du préfet, surtout quand le pouvoir n'a plus aucun intérêt à le laisser vivre ! Il faut croire que Batskin n'était plus dans les bonnes grâces du pouvoir à ce moment-là : fermeture de ses boutiques, première véritable condamnation à son encontre... A sa sortie de prison, il s'éloigne de la politique et se lance dans le trafic pur et dur.

On l'a beaucoup oublié, mais au sein des pays de l'est, les années 90 ont été marquées par une espèce de frénésie anarcho-capitaliste. Après la chape de plomb soviétique, la société de consommation explose bruyamment et un nouveau business s'ouvre. Aucune autorité de ces pays-là ne réglementant quoi que ce soit dès lors qu'on lui file quelques biftons, les trafiquants de tout poil débarquent. Ceux qui ont vu le film Lord of War se souviennent de la scène où Nicolas Cage achète un entrepôt entier de kalachnikovs à un garde-frontière corrompu. On ne sait pas trop ce qu'à fait Batskin à cette période-là, mais ce qui est sûr, c'est qu'il a trempé dans des affaires extrêmement louches. L'atmosphère de désordre, ainsi que l'influence de son réseau, l'ont bien aidé. Il a vécu dans les pays de l'Est, on l'a vu en Lituanie, en Russie, au Salvador (qui n'est certes pas un pays de l'est, cependant l'Amérique latine n'est pas connue pour l'ordre politique et économique qui y règne !), des endroits idéaux pour s'adonner à des trafics en tout genre, surtout à l'époque où il y était.
Puisque le business faf ne rapportait pas, ou plus, il était temps de s'adonner à d'autres activités plus lucratives. Dans les interviews, Ayoub avoue lui-même avoir fait partie de gangs de biker, entre autres. Pour qu'il l'avoue publiquement, avec le risque que cela comporte, c'est qu'il a un sacré réseau pour assurer ses arrières...
Cela ne l'a nullement empêché de faire son grand retour dans le milieu faf français, bien des années plus tard, en 2006. Il ouvre alors un bar dans le onzième arrondissement, le Garage. Officiellement, c'est un bar réservé à ses amis bikers, dont il se revendique pleinement. Mais le rusé Ayoub sait très bien que sa réputation le précède. Il connaît son public, et en bon commercial il sait quoi lui vendre pour lui faire cracher son blé. Les petits fafs étant des gros mythos assoiffés de modèles (et il le sait très bien !), l'ancien chef des JNR les attire comme des mouches. Rapidement, son bar devient un refuge de bikers et de fafs. Au grand dam du pouvoir parisien : que ce soit Delanoë, qui n'aime les jeunes garçons que quand ils sont à gauche, et les antifas ayant pignon sur rue grâce à leur image de solides gardiens de la morale, on n'apprécie pas vraiment sa présence. Les riverains protestent également. Notez, on les comprend : un biker étant avant tout un être sale, bruyant et violent, et les fafs étant suffisamment malléables pour devenir comme eux, le Garage est devenu rapidement une nuisance sonore et olfactive de grande ampleur. Il a donc fermé assez rapidement.
Mais Batskin ne va pas se laisser faire. D'accord, il est déjà pété de thunes grâce à l'argent qu'il s'est fait pendant sa période de globe-trotter trafiquant, mais il veut continuer à faire son business. D'autant que c'est déjà bien parti. Les fafs viennent écluser leurs pintes chez lui, malgré les prix prohibitifs des consos, alors il ne va pas renoncer à une telle source de profits. Prudent cette fois, il s'associe à Alain Soral pour ouvrir le célèbre Local au 92 rue de Javel, que l'on ne présente plus. Bien sûr, il n'est plus engagé politiquement, il est juste là pour... pour quoi au juste ? Se faire du fric, naturellement, mais la fascination qu'il exerce sur les fafs est telle que cela ne les dérange absolument pas. Il s'associe à Soral pour une pure question d'image et d'argent. Chacun utilise le prestige de l'autre : Soral pour attirer des miniskins à Egalité et Réconciliation, Ayoub pour ramener des militants politiques classiques dans son bar de 10m². Une fois ceci fait, les deux se séparent sans état d'âme. Ou plutôt, Batskin et Soral ont un point commun : l'ego. Tous les deux sont narcissiques au possible. Or, deux narcissiques ne peuvent pas s'entendre bien longtemps, car chacun ressent l'ego de l'autre comme une agression contre le sien. Batskin interdit donc rapidement l'accès au Local à Soral, malgré le fait que celui-ci l'ait largement aidé pour l'ouverture, et garde le bar pour lui tout seul. Depuis, il ne s'est pas passé grand-chose, si ce n'est les habituelles beuveries-branlettes entre fafs, tout contents d'avoir leur lieu de rencontre "à eux" et d'engraisser un circoncis tout en se disant nationaux-socialistes avec moult levers du bras droit. Clair que des néo-nazis comme ça, c'est super méga dangereux pour la société.
Tous les tenanciers de bar le savent : pour ouvrir le soir, il faut payer une patente à l'état, et pour ouvrir toute la nuit, il faut payer une patente énorme . En bon magouilleur, Serge Elie Ayoub se sert d'une faille de la loi pour contourner cette taxe. En effet, le Local possède le statut de bar associatif, ce qui permet à son propriétaire de ne payer aucune patente. Il peut même ouvrir toute la nuit, ce dont il ne se prive pas le week-end, sans verser son argent pour la moindre taxe. Son association, Envie de rêver 92, ne sert d'ailleurs qu'à ça : garder au Local le statut de bar associatif (qu'il avait d'abord eu grâce à E&R) pour ne pas payer la patente. Ils en ont de la chance, les fafs, d'avoir un individu aussi astucieux parmi eux ! Dommage qu'il leur fasse payer si cher les consos ! Mais bon, tant qu'il resplendit de son image d'ancien JNR-super-skin, ils s'en foutent...

Malgré le prix des boissons dans son bar, Batskin ne limite pas là son business. Ou plutôt, il le porte littéralement via sa propre image. Quand il a vu les tombereaux de connerie déversés par OGKim sur Internet, il a saisi la balle au bond. Rapidement, il s'est inscrit comme un anti-OGK, s'opposant à son ex-pseudo-rival sur tous les points. Kim écrit en SMS ? Ayoub respecte la bonne orthographe. Kim raconte des histoires de bagarre dignes d'un film de John Woo ? Ayoub reste prosaïque. Kim parle beaucoup ? Ayoub parle peu et se drape dans un espèce de mystère que les fafs prennent pour de la sagesse. En construisant son image par rapport aux bêtises d'OGKim, il se fait passer pour un grand sage, mûri par l'expérience de la vie. Il suffit de le voir, là, bien bâti, sûr de lui, bien musclé et bien posé... Tout le contraire d'OGK, maigrelet et petit, qui s'agite comme un chien dès lors qu'il mime une histoire de baston dont on se demande s'il l'a vraiment vécu ne serait-ce qu'une seule fois. Ne nous dites pas qu'il ne le fait pas exprès ! Drapé dans son mystère, dans sa réputation et dans les pseudo-révélations dont il se fend de temps en temps, Batskin se fait passer pour un grand sage chez les petits fafounets en mal de héros. Ca lui fait de la pub et ramène toujours plus de clients dans son bar. D'ailleurs, il a même publié un roman bidon pour parfaire son image : nul doute que le roman a été écrit par un nègre ou avec les pieds (ou les deux), mais ça va faire encore un truc à acheter pour les fafounets-consommateurs, bien contents de pouvoir consommer du Batskin comme les racailles consomment du Nike ou les gamins de treize ans du Tecktonik.
Fafs, si vous voulez être crédibles deux minutes, un conseil : arrêtez de boire vos bières chez un ancien trafiquant qui vous soutire votre fric, arrêtez de vous dire antisionistes alors que vous donnez de l'argent à un type qui s'appelle Elie Ayoub, et larguez cet individu qui fait de vous une clientèle docile et facile à cajoler.
Enfin, d'ici à ce que les fafs aient le courage de ne plus venir chez Batskin ("ben ouais, moi je veux bien aller boire ailleurs, mais tous mes potes y vont, alors j'ai pas le choix"), la rédaction de Politrash sera morte de vieillesse. Certains feufas, décidément pas si bêtes, savent très bien qu'Ayoub vend son image pour faire venir les gens dans son bar. Bon, ça les dérange un peu, mais ils lui trouvent toujours des excuses : "il est sympa", "il parle bien", etc etc. L'ayoubusiness a de beaux jours devant lui. D'ailleurs, il paraît que Batskin passe régulièrement des heures au téléphone avec son pseudo-ennemi OGKim, et cette information ne vient pas de n'importe où puisqu'elle a été révélée par Rocky, membre fondateur des Asnays et ancien chef des Ducky Boys. Par devant, ils sont ennemis, mais par derrière, ils créent du mythe à la pelle pour se faire du fric. Côté antifa, on a Terzic et OGKim, avec le bar du premier et le DVD du second, côté faf on a Batskin avec son bar et ses futurs bouquins pourris qui se vendront comme des petits pains.
Les fafs critiquent Politrash parce que nous les critiquons trop, mais ils faudraient déjà qu'ils arrêtent de se comporter comme les consommateurs les plus basiques et les plus cons qui soient avant de quémander auprès de nous la moindre crédibilité. Le gouvernement peut remercier Serge Elie Ayoub : pendant que les fafs sont chez lui, on est sûr qu'ils ne font pas de conneries ailleurs, et on peut même savoir qu'ils se tiendront à carreaux pour éviter que leur bar favori ne ferme !
Tout de même, quels cons ! Certains s'en plaignent, Elie Ayoub a bien raison de les plumer jusqu'à la trogne, car au fond, ils le méritent. Peut-être qu'en buvant leurs bières chez Batskin, ils iront au paradis israélien...

mercredi 4 mars 2009

OGKim versus Rocky

A force de raconter n'importe quoi, l'Original Gangster Kim se fait mettre à l'amende dans son propre fief (c'est-à-dire sur Internet) par son ancien ami "chasseur", Rocky. Pour ceux qui ne le sauraient pas, Rocky est un portugais qui a participé à la fondation des Asnays, puis des Ducky Boys, deux bandes de skins antifas créées pour taper du faf.

L'échange entre Rocky et OGKim est grandiose, ça vaut son pesant de poil à gratter. Le premier traite le second de mythomane et ça commence à partir en live sur le 187, lieu où se déroule le cyber-échange...

Prévoyante, la rédaction a fait des captures d'écran. Non seulement tout le monde peut lire les piquants messages, même sans être inscrit sur le 187, mais ces captures prouvent également la véracité des messages puisque les admins du forum n'hésitent pas à effacer tout ce qui ne va pas dans leur sens. Ils sont anarchistes, socialistes, culture de rue, mais il y a fort à parier pour que les messages soient bientôt effacés. Comme disait un mec du 187, il faut préserver l'"unité de l'antifascisme", quitte à dissimuler honteusement les mensonges des uns et des autres. Lénine avait raison : la fin justifie les moyens, surtout chez les larves de 35 ans qui ont fait du Web leur second chez-soi après une jeunesse de street warrior ouf malade.
Malheureusement pour eux, Politrash a tout archivé. Trop tard, OGKim, ta connerie est maintenant étalée aux yeux du monde entier, fallait y penser avant de raconter des craques ! Les gauchistes honnêtes, s'il en existe, ne pourront que nous remercier : un peu de bon sens suffit à reconnaître qu'OGK fait passer les antifas pour des bouffons, à raconter tout le temps des histoires de bagarre d'il y a 20 ans, plus ou moins enjolivées, voire carrément inventées. En réalité, l'attitude de Kim n'a rien de surprenante puisque les antifas sont réellement des bouffons. Il suffit de voir cette dispute débile entre deux "darons", pénétrés d'expérience de la vie mais incapable d'écrire correctement trois mots de français.
Quoi qu'il en soit, merci à Rocky de nous avoir montré, premièrement, la mythomanie systématique de l'ex super-warrior des rues OGKim, et deuxièmement, le néant total de sa propre intelligence. Attention, "c'est du lourd".

Rocky commence par traiter Kim de mytho, malgré leur passé commun de chasseurs de skins :


Qui a dit que la camaraderie surgissait dans les plus terribles épreuves ? Ou qu'elle se bonifiait avec le temps ? Manifestement, les épreuves vécues par OGKim, Rocky & co n'ont pas été très dures, sinon ils verseraient peut-être moins dans l'ego trip. Surtout que ces deux blaireaux sont proches de la quarantaine. Surpris par la réaction de son maître, OGK riposte :



Continuant sur sa lancée, Rocky reprend précisément ce sur quoi OGKim a mythonné :


Fondateur des Asnays, Rocky n'est pas devenu plus mature avec le temps mais son ego, lui, est resté toujours aussi énorme. Il se compare à un maître d'arts martiaux, encore plus fort qu'OGKim ! Sachant que l'Original Gangster se dit champion de sanda, kung-fu et autres arts martiaux, ça la fout mal d'avoir un de ses potes qui lui dit ça ! Ces disputes de vieux-jeunes has been sont tellement ridicules qu'un mec du 187 se permet une remarque ironique à l'égard des terribles belligérants...


En dépit des egos, de l'absence totale de maturité chez des types qui devraient pourtant en avoir gagné quelque peu au fil des ans, et du fait qu'ils soient des has-been vivant toujours dans des histoires d'il y a 20 ans, les antifas restent des antifas. D'où ce message d'un autre type du 187, estimant qu'il vaut mieux cacher certaines informations, ou certains mensonges, pour garantir l'"unité" antifasciste. C'est marrant, on voyait déjà ce genre de trucs dans la Russie des années 20-30. Vous remarquerez la petite dédicace à Politrash, devenu en peu de temps le cauchemar de tous les bouffons planqués sur ce forum minable.


Encore une spéciale dédicace à Politrash !


N'empêche, le milieu antifa a beau être uni contre les fafs, il y a des trucs qui ne passent pas. Notamment le fait qu'OGKim passe des heures au téléphone avec son soi-disant ennemi, le célébrissime Serge Ayoub, ce que révèle Rocky avec moult fracas. Tiens donc, où est passée l'honnêteté des hyper-guerriers bastonneurs de la rue ?


Rocky, trop fier pour renoncer, conclut son attaque par une phrase brillante : "desole a vous tousses mais quand je sui atake en public je me defend en public".



Que dire ? Ces pseudo-chasseurs de skins, OGKim et Rocky, sont les symboles vivants de tout ce qu'est le milieu antifa, en particulier celui des antifas du Net. Proches de la quarantaine, ils n'ont pas encore les tempes grisonnantes mais vivent déjà dans leurs histoires du passé. Incapables de voir l'avenir ou de s'en soucier, ils n'y pensent que par rapport à leurs anecdotes : "ah ouai, on va ptetre reformer les ducky boys", sachant que cette rumeur débile revient tous les ans depuis au moins 5 ans sans qu'il se passe rien. Malgré leur grand âge, ils ont d'ailleurs la maturité d'un ado de 15 ans : concours de longueur de bite, attaques stupides... A la rédaction, nous avons adoré le "ouais toi t'es un mytho" de Rocky, ça fait limite cour de récré de sixième, quand quelqu'un se vante d'avoir embrassé sur la bouche la fille la plus belle de la classe...
A la fois plus vieux que leur âge et dix fois moins matures, c'est tout ce que sont nos super chasseurs de skins qui ne sont plus battus depuis 20 ans mais parlent chaque année de reformer leur gang pourri. D'ailleurs, Rocky semble avoir des problèmes psychologiques. Lisez attentivement son premier message : vous verrez qu'il raconte tous les évènements sans aucune séparation, comme si tout s'enchaînait dans un espèce de flou indiscernable que lui-même ne cherche pas à comprendre. Avec tout le chichon qu'il a dû fumer depuis 20 ans, son cerveau ne doit plus être en très bon état.
Pour en revenir à des gens plus familiers, OGKim est toujours aussi fort en auto-contradiction. D'abord, il dit "JE NAI ENTENDU personne crier ducky", puis "LORS DE LA BAGARE SI ALGER FUT UNE BATAILLE QUAI DE LA GARE ETAI UNE BATAILLE LES CHASSEUR KI ON FRAPPER ET PLANTER LES SKINS CRIAI DUCKY BOYS". Alors, ils criaient "ducky", ces skins, ou pas ? A vrai dire, 99,9% des gens s'en moquent totalement, mais pour eux c'est hyper important, pas question de laisser tomber. Comme Rocky, notre Original Gangster de choc ne doit pas avoir le cerveau en très bon état non plus. Parce que pour comparer la bataille d'Alger, qui a fait de vrais morts et de vrais blessés, avec une vulgaire baston de rue sur le quai d'une gare à Paris, il faut quand même en tenir une sacrée couche.

jeudi 26 février 2009

Portrait : l'ancien

Tout milieu social a une histoire. Le milieu faf n'y échappe pas et traîne aussi derrière lui une longue évolution, faite de collages d'autocs, de beuveries, de meetings (et de branlette cybernétique depuis l'apparition du Net dans les années 90). Cette longue histoire, vieille de plusieurs décennies, la plupart des gens du milieu sont trop jeunes pour l'avoir vécue. Pourtant, s'il n'y avait personne pour conserver l'histoire, il n'y aurait pas d'histoire. Quelques membres du milieu, qui étaient là à tel ou tel évènement, qui étaient jeunes quand les "militants" (ha ha ha) actuels tétaient encore au biberon, se chargent de la conserver et d'en profiter un maximum : ces types-là sont ce qu'on appelle les anciens.
Leur grand âge (en général une quarantaine d'années), leur réputation, leur expérience vénérable fait-elle d'eux des sages du milieu faf, piliers de la formation politique de jeunes militants ?

Si nous étions dans le meilleur des mondes, ce serait sans doute le cas, mais bien évidemment il n'en est rien. Quiconque a connu un ancien et cessé de le connaître se sent plus sage qu'auparavant, non parce que l'ancien lui a appris des choses, mais au contraire parce qu'il est tellement con que n'importe quel fafounet qui a pris un peu de recul se dit "heureusement que je suis encore jeune et que je ne suis pas comme lui !".
A la base, l'ancien est un faf comme un autre. Simplement, il est plus vieux que ses "camarades", beaucoup plus vieux. Alors que le fafounet de base tourne autour de la vingtaine, l'ancien a trente-cinq, voire quarante ans. Il a commencé au GUD, il est parti pour le FN, il a quitté le FN pour le MNR et maintenant il traîne dans les soirées ou les meetings. Au fil des ans, il a accumulé les cartes, qui sont pour lui comme autant de trophées à exhiber fièrement dans les soirées bière (il le niera mais il se balade toujours avec toutes ses cartes sur lui), s'est rendu à plein de manifs, a ingurgité des centaines de pintes dans différents endroits, il a tout fait, tout vu et tout entendu.
En réalité, qu'a-t-il fait de sa vie ? Rien du tout. Quand il était jeune, il a suivi le troupeau, collant des affiches ou des autocs avant de pleurnicher parce que son groupuscule (GUD ou autre) capotait. Depuis, il n'a jamais pris le moindre recul, n'a jamais réfléchi sur sa vie ou sur son comportement. Il a vieilli, et bien qu'il soit encore tout à fait en forme, ses travers de jeunesse se sont enfoncés en lui comme un exosquelette. Aujourd'hui, plus âgé que les petits jeunes qui l'entourent, il se sent comme un guide pour eux. Comme il a bourlingué, il a forcément des anecdotes à raconter et ne se gêne pas pour le faire. Auréolé d'un halo de sagesse aux yeux de petits fafs en quête de modèles, l'ancien commente l'actualité avec une sombre imprécision et donne des conseils à tout va. Conseils de merde, évidemment, vu qu'il n'a lui-même absolument rien fait de sa vie, mais vu qu'il est le seul adulte du milieu... Dans le milieu faf, les adultes qui ont moins de trente ans sont généralement des adulescents gâtés qui traînent avec des mecs de vingt ans pour ne jamais vieillir, ce qui donne de facto aux plus vieux le titre d'ancien. Au royaume des feufas, les anciens sont rois !

L'ancien ne milite plus. Il a fait son devoir, dit-il. Quand il était jeune, il a baroudé, il a couru les partis politiques et les soirées bières, alors ce ne sont pas des gamins qui vont le remettre en cause. Surtout quand les gamins en question, avides de reconnaissance, le fréquentent pour qu'un peu de sa pseudo-sagesse rejaillisse sur eux. Les fafounets ont aux anciens le même rapport qu'un enfant de cinq ans à un dessin animé made in Disneyland : ébahis par sa seule présence, ils croient sans réfléchir à toutes les conneries qu'il raconte, même quand (et c'est souvent le cas) il s'agit de mythomanie pure et simple. L'ancien n'a jamais fait quoi que ce soit de réellement utile pour la cause, au mieux il s'est battu quelquefois avec des rouges, mais dans les faits, il n'y a rien. Comme toujours dans ce milieu, le paraître est ce qu'il y a de plus important, et si l'ancien a une place si vénérable dans le "ghetto faf", c'est simplement parce qu'il porte la même défroque Lonsdale depuis dix ans.
Car l'ancien, comme tous les fafs d'il y a vingt ans, a commencé son trip politique en étant skin. Il a eu sa période warrioresque (comprendre : beuveries tous les week-ends + bastons entre skins + astiquage de poireau à répétition), puis il s'est un peu calmé. Son engagement politique, dit-il, est devenu plus mature, plus réfléchi, d'où le fait qu'il ait décidé de devenir militant. En réalité, il en a eu marre de se prendre des coups, a fait un séjour en cabane qui l'a refroidi ou encore s'est lassé de son vomissement dominical dû à un trop-plein de bière. La seule exception notable à cela, c'est Serge Ayoub, mais notre ami Batskin bénéficiait d'un avantage qui lui a donné une longévité judiciaire exceptionnelle. En effet, sa mère était procureure, comme il l'a dit lui-même dans une interview à Radio Banderanera après l'avoir longtemps nié. Ce menu avantage lui a permis d'être très peu inquiété par la justice, malgré les centaines de bastons dont il se vantait, avant que les lobbies de l'antiracisme ne finissent par l'envoyer à l'ombre. Au passage, on notera la dichotomie totale entre les faits et le discours. Serge Ayoub était un défenseur du national-socialisme et de la race aryenne, mais il est juif, comme l'indique son nom complet qui est Serge Elie Ayoub. Il était nationaliste, donc opposant à la toxicomanie qui affaiblit le peuple, mais fut lui-même traficant de drogue. Il était révolutionnaire, et depuis il s'est mis à gagner de la thune en gérant son bar du 92 rue de Javel. Les mauvaises langues diront que cette inconsistance, pour ne pas parler d'hypocrisie, peut être liée à la diaspora dont le sieur Ayoub est originaire ; pour notre part, nous n'entrerons pas dans ces polémiques débiles, mais une chose est sûre, c'est que des mythomanes se prenant pour des SS éclusent leurs pintes dans le bar d'un juif...
Pour en revenir à l'ancien, qui d'ailleurs fréquente régulièrement le Local s'il habite à Paris, remarquons qu'il profite allègrement de sa situation pour se faire mousser. Parmi les jeunots qui l'entourent, l'ancien trouve toujours un mec un peu con qu'il va prendre sous son aile. Tel un grand frère spirituel, il va le conseiller, lui dire quoi penser de telle ou telle chose, ce que l'autre s'empressera de faire, plein de reconnaissance à l'égard du vénérable qui a daigné se pencher sur lui. L'ancien acquiert ainsi un allié précieux, ou plutôt un petit toutou qui comblera son propre besoin de reconnaissance sociale. Ce n'est pas parce qu'il a quarante ans qu'il est au-dessus du regard des autres, bien au contraire ! Si c'était le cas, croyez-vous qu'il passerait sa vie à se faire mousser dans des soirées bières, en compagnie de gens qui pourraient être ses fils ?
Ce qui est drôle, c'est de voir comment l'ancien rattrape l'échec abyssal qu'a été sa vie en s'autoproclamant conseiller des jeunes fafs. Tel le shaman dans une tribu indienne d'amazonie, l'ancien n'a aucune aptitude, aucune compétence, tout ce qu'il possède se résume à des oripeaux et des formules magiques. Dans le cas de l'ancien, l'oripeau est griffé Lonsdale, et les formules magiques ressemblent à s'y méprendre à des conseils débiles, dits avec l'air solennel du mec qui sait de quoi il parle. Si l'ancien n'a jamais rien foutu de sa vie, son grand âge le protège de toute possibilité d'avoir tort. Il "n'a plus rien à prouver" (ce qui explique son empressement à se faire voir par de plus jeunes ?), il a "fait son temps" (bien qu'il soit encore tout à fait en forme physiquement). Evidemment, il s'agit d'excuses bidon pour ne rien faire. Ne vous avisez surtout pas de le critiquer : vous, vous ne connaissez rien, vous n'avez pas l'expérience de la vie, vous n'avez jamais connu le GUD (qui ne foutait quasiment rien pendant ses dernières années d'existence, à part se taper de temps en temps contre les gauches), et de toute façon être nationaliste c'est respecter ses aînés, alors fermez-là et laissez-le raconter ses histoires de bagarre d'il y a vingt ans !
Ne militant plus, et donc déconnecté des réalités de la rue depuis belle lurette, l'ancien a retrouvé en partie son look de quand il était jeune. Il porte de nouveau son Lonsdale d'il y a dix ans, son Fred Perry tout élimé, avec une tache de sang au niveau de l'épaule droite, soi-disant souvenir d'une bagarre contre des rouges lorsqu'il était au GUD (en fait, c'est de la sauce tomate, mais l'ancien ne connaît pas la lessive)... Ca ne lui rendra pas sa jeunesse, mais bon, c'est le seul rêve que l'ancien soit capable de concevoir. Et puis, il n'est pas n'importe qui, il est ancien. Maintenant, il peut enfin profiter d'être devenu vieux : donner des conseils aux jeunes, se croire d'emblée supérieur à eux et voir que la plupart d'entre eux l'acceptent comme si ça allait de soi, tout de même, qu'est-ce que c'est bon ! Il en oublierait presque qu'il a raté sa vie.

Certains jeunes fafs, plus lucides que d'autres, se sont rendus compte que les anciens qu'ils connaissent étaient pitoyables : épaves rongées par l'alcool, usées jusqu'au cou par des boulots de merde (ben oui, l'ancien ne peut plus glander comme eux à la fac, il est obligé de travailler), qui traînent dans les soirées bières et happent les jeunes les plus cons pour remplir leur besoin de reconnaissance. C'est ainsi que quelques fafs un peu moins cons que les autres commencent à voir les anciens (et d'ailleurs, c'est comme ça qu'ils sont). Ils ont ouvert les yeux ? Cool ! Cependant, n'oublions pas la pression sociale qui règne dans le milieu faf : c'est à celui qui aura la plus grosse bite, collé le plus d'autocs ou qui gagnera les faveurs de l'ancien de service. Le jeune faf pas trop con raillera l'ancien en son absence, il s'en moquera gentiment, mais cela ne plaira bien sûr pas du tout aux autres qui ont fini par bien l'aimer. "Attends, t'es pas gentil, le vieux il est ptêtre un peu relou mais il est sympa, il parle bien..." Les mêmes excuses qu'on a pour Serge Ayoub, y compris de la part des pseudo-NS qui crachent sur les juifs tout en défendant le tenancier de leur bar favori. N'oublions pas la meilleure excuse : "il est resté fidèle à ses idées", "il assure son trip jusqu'au bout", c'est-à-dire qu'il n'a pas évolué depuis vingt ans et qu'il est toujours le même garçon immature, avide de reconnaissance, qui se contente simplement de profiter d'un statut conféré par son âge. Les jeunes fafs, pas toujours si bêtes, s'en rendent bien compte, mais leur élitisme est à géométrie variable : l'ancien est con, parfois chiant, mais il raconte des histoires de bagarre de l'époque du GUD ou du jeune MNR, alors on peut bien l'écouter...
Dans un milieu social, les plus vieux sont censés tenir le rôle de réceptacles de l'histoire : à la fois garde-fous pour les plus jeunes et archives vivantes, ils sont la voix de l'expérience, et cela leur donne une autorité spécifique. L'ancien du milieu faf tient aussi ce rôle-là. Sa connerie est simplement révélatrice de celle du milieu dans lequel il évolue, et qu'il n'a jamais quitté malgré tous ses travers, parce qu'il a vieilli mais jamais grandi.
Bien évidemment, aucun ancien ne se reconnaîtra dans ce portrait, chacun trouvera des excuses : "ouais mais moi je suis resté au FN pendant plusieurs années, j'étais un militant sérieux", "ouais mais moi j'ai arrêté de boire la semaine", "ouais mais moi quand j'ai été au MNR c'était chaud par rapport à mes potes du FN, moi j'ai pris des vrais risques", "de toute façon Politrash c'est des gauchistes même s'ils font genre ils se moquent des antifas.", etc.
De la sagesse en barre...

lundi 5 janvier 2009

OGKim versus Batskin

Vous vous rappelez notre précédent billet, où nous parlions d'une vidéo à venir sur OGKim ? Eh bien, cette vidéo tant attendue est enfin prête !

Entièrement faite maison, elle retrace le terrible conflit qui opposa les Ducky Boys aux JNR à la fin des années 80.

vendredi 12 décembre 2008

Antifa chasseurs de skins

Comme disait l'autre, 2008 fut l'année de la révélation comique avec la sortie du DVD Antifas chasseurs de skins. Vous vous souvenez des années 80, quand on entendait parfois parler de bagarres entre skinheads néo-nazis et antifas ? Ces histoires de tondus faisaient parfois un entrefilet dans le journal. A cette époque, il s'est passé plein de choses : l'affaire du sang contaminé en France, la politique "nationaliste" de Reagan aux Etats-Unis, la perestroïka en URSS... Ce DVD en fait-il mention ? Nullement. En fait, il ne s'intéresse qu'à une seule chose : les histoires de bagarres en région parisienne. A vrai dire, ces histoires n'ont aucune importance à côté de l'Histoire avec un grand H, mais certaines personnes les croient importantes. Les protagonistes de ces histoires, boursouflés d'orgueil, s'imaginent qu'un échange de coups entre deux adolescents attardés ont eu une importance capitale. Quand ils avaient 15 ans, ils se sont battus avec des fafs, ils ont un peu été dans la mouvance skin. Rien de très spécial, en somme, si ce n'est une certaine violence physique dans leurs histoires, mais allez comparer un "street warrior" à un militaire de carrière, c'est comme comparer Kaboul à New York !
Aujourd'hui âgés de 35 ans, ces gens-là sont devenus vendeurs de t-shirt, de bières, techniciens de surface chez McDo, RMIstes et autres boulots intelligents, mais ils n'ont pas grandi depuis. Les bagarres, c'était cool. Afin d'oublier la médiocrité de leur vie, les anciens "chasseurs de skin" vivent totalement tournés vers le passés, comme les conservateurs qu'ils fustigent. Avec la mythomanie et la fascination irrationnelle de nombre de jeunes fafs/antifas actuels, qui n'ont pas connu les années 80, nos héros chasseurs ont réalisé un auto-documentaire pour y raconter leur vie.
Inutile de préciser qu'un tel dessein est déjà révélateur d'un ego surdimensionné. Croire que sa vie vaut la peine de faire un DVD rien que pour la raconter, c'est déjà être mytho et avoir les chevilles enflées. Encore, si ces mecs avaient été des guérilleros de la jungle et qu'ils avaient mis un pays à feu et à sang, tels des Werwolf dans les années 50 en Ukraine, passe encore, mais quand on voit les exploits pathétiques qu'ils prétendent être les leurs...
Cerise sur le gâteau : ce DVD d'une heure est vendu 20 euros en VPC (frais de port non inclus). Pour un produit de consommation anticapitaliste, c'est drôlement cher.

En quoi consiste ce DVD ?
C'est l'histoire (avec un petit h) racontée par ceux qui l'ont vécue. D'une objectivité sans faille, ils profitent de l'occasion pour se vanter à longueur de temps et s'auto-ériger en modèles. Ils sont juge et partie, en quelque sorte. L'histoire est racontée chronologiquement, en partant des premiers skins pour arriver au début des années 90, date de la dissolution des Ducky Boys (une bande de soi-disant champions de sports de combat, créée pour casser du faf).
Concrètement, ça donne quoi ? Pas grand-chose. Les images d'époque sont TOUTES pompées ailleurs. Concernant les années 70 ou 80, personne n'a tourné de vidéo. On trouve à grand-peine quelques photos des protagonistes quand ils étaient petits jeunes. Un bon tiers du film provient du pillage méthodique des archives de l'INA, que nos anticapitalistes ont dû grassement rémunérer, copyright oblige. Documentaires télé, prises de vues, photos piquées ici ou là, tout se retrouve mis bout à bout sur ce DVD miteux. Avec une musique rajoutée dessus, ça passe suffisamment bien pour qu'on ne s'aperçoive pas au premier regard de la mauvaise qualité des images. Car nos crasseux, en bons fainéants, ont pris certains extraits vidéos sur Dailymotion pour les intégrer à leur documentaire pourri... Quand on agrandit l'image, on voit tout de suite qu'elle est pixellisée. Et comment voulez-vous qu'une archive INA soit pixellisée alors que les archivistes prennent soin de sauvegarder la qualité d'origine des bobines quand ils les numérisent ? Non, ça se voit : certaines images du DVD proviennent de Dailymotion, qui écrase la qualité des vidéos pour réduire leur poids. Pour nos chasseurs de skins, peu importe, ça fait toujours ça de rajouté dans le film et toujours ça de moins à payer à l'INA...
Les deux tiers restants du film sont constitués de "témoignages". Comprenez d'interviews-branlette, où chaque ancien membre des Red Warriors ou des Ducky Boys (les fameux "chasseurs de skins" qui auraient soi-disant terrorisé un tas de fafs) donne son opinion en long, en large et en travers. Ces témoignages sont aussi pompeux qu'inintéressants. Discours consensuels repris aux grands médias, racontage de vie, histoires de bagarre constituent la quasi-totalité des interviews. Remarquez, c'est le but du film : raconter des histoires de bagarre... Parmi les interviewés, voici une petite sélection des personnages les plus drôles :

Madj : surnommé "le clochard" à cause de ses vêtements cheap et de sa barbe pleine de poux, Madj se targue d'être un des tous premiers skins. Avide de copier la mode anglaise (les skins étant alors anglais) pour s'intégrer dans une bande de petits blancs bourgeois, il est devenu antifa sous l'influence de Farid, un de ses copains cocos.


Farid : surnommé "gratte-couilles" (regardez le bas de la photo pour savoir pourquoi), Farid est entré dans le mouvement skin français avec Madj. Il prétend s'être rebellé contre les fafs parce qu'il est arabe, victime de racisme, etc. mais oublie volontiers de dire qu'il y avait également des skins arabes chez les néo-nazis. Toutes ces histoires étaient bien plutôt une guerre des boutons qu'une guerre d'idéologies, et Farid le gratte-couilles en treillis nous le prouve à son corps défendant.


Marsu : authentique petit bourgeois opportuniste, Marsu a rejoint les skins antifas autour de 87-88, quand ils commençaient à être bien vus dans l'opinion publique. Par opposition aux vilains fafs, stigmatisés par des médias bien-pensants, les antifas bénéficiaient d'une image positive et leurs produits commerciaux se vendaient à tout le monde. Marsu, jeune skin bourge, l'a très bien compris et il est parvenu à devenir le manager des Béruriers Noirs. Ce célèbre groupe, qui a vendu des dizaines de milliers d'albums à la FNAC et à Virgin, a permis à Marsu de devenir un anticapitaliste riche.

OGKim : un monument de bêtise à lui tout seul. A son sujet, voir le portrait qu'on lui a consacré dans la section "stars".





Juju : de son vrai nom Julien Terzic, cet illustre personnage est notre sujet de moquerie préférée avec OGKim. Mythomane mythonnant, aujourd'hui VRP de l'antifascisme avec ses bières et ses t-shirts, Ter-sieg est le héros charismatique des chasseurs de skins. C'est l'équivalent de Batskin côté crasseux. Il se la raconte à mort, sait tout sur tout le monde, n'hésite pas à se contredire (voir plus bas)... Toutefois, "Juju" est moins drôle qu'OGKim. Quand il entonne un monologue, Terzic nous fait baîller, alors que quand c'est OGKim on rigole devant l'écran. Tout le monde n'a pas les mêmes talents comiques.

JF : ex-Ducky Boy, JF a bien trop peur pour montrer son visage. Peur de quoi, on ne sait pas, mais ce qui est sûr c'est qu'il est trop effrayé pour montrer sa tête d'allumette à l'écran. S'exprimant sur un ton mesuré et monocorde, JF aligne les passés simples et les références sociologiques quand il parle. A n'en pas douter, il correspond parfaitement à l'intellectuel sur lequel on a écrit un portrait. JF est un sociologue en puissance, un futur grand penseur capable de rivaliser avec Bourdieu et Foucault réunis, mais pour l'instant il en est réduit à faire des interviews dans un DVD miteux. Après tout, Sartre a bien pissé sur un tombeau quand il était jeune !

Il y a d'autres personnages, mais ils sont trop plats et trop cons pour qu'on leur fasse l'honneur de parler d'eux. Dommage : leur rêve secret, c'était de voir des gens parler d'eux sur Internet, même sur un blog comme Politrash, mais ça ne se réalisera jamais vu qu'ils n'ont même pas l'avantage d'être comiques... Ah là là...

Quelques contradictions :
- Ter-sieg & co prétendent que les vrais skins ont toujours été antifascistes, antiracistes, etc. et que l'extrême-droite a toujours été ultra-minoritaire. Pourtant, il n'hésite pas à dire au début du film que 99,9% des skins étaient fafs dans les années 80. C'est le paradoxe des antifas : ils crachent sur leurs pseudo-ennemis pour légitimer leur propre violence, mais glorifient en même temps ces ennemis pour prétendre qu'ils ont eu du mal à les vaincre.
- On retrouve la même idée dans toutes les histoires de bastons racontées dans le film.
- D'après OGKim, tous les Ducky Boys (première bande d'antifas chasseurs de skins) avaient un titre de champion dans un sport de combat, mais il avoue 2 minutes après que son pote "Bébé des bois" a perdu son championnat et n'a jamais eu aucun titre.
- Les fafs sont des réactionnaires, des violents, mais les antifas se sont constitués uniquement contre eux et passaient leur temps à lutter contre eux sans promouvoir quoi que ce soit de positif. Et ils étaient violents aussi. Sans parler du look qui était le même. Fafs ou antifas, quelle différence ? Les deux étaient des skins trisomiques et alcooliques. Après tout, qu'ils se tapent ensemble, ça faisait un joli spectacle !
- Un moment, OGKim raconte sa énième baston de ouf malade contre des fafs. Il explique que les affrontements étaient régis par un "code de l'honneur" : quand un antifa croisait une bande de fafs, ceux-ci désignaient un "champion". Le champion et l'antifa se battaient alors en un contre un. Si l'antifa gagnait, il pouvait partir sans être inquiété. OGKim prétend avoir traîné rue d'Assas et s'en être tiré comme ça, malgré le grand nombre de fafs présents dans le quartier. Mais les antifas n'appliquent pas ce code de l'honneur en sens inverse ! OGKim explique lui-même que, une fois où il s'est retrouvé face à plus fort que lui, Julien Ter-sieg est venu l'aider et ils ont battu le faf à 2 contre 1... Décidément, quel courage ce Kim, c'est fou !

En résumé : ce DVD à 20 euros ne contient absolument rien d'intéressant. Si vous n'avez jamais vu d'archives INA et que vous aimez les témoignages mythos, ou alors pour rigoler, regardez-le. Si vous voulez vraiment le voir, inscrivez-vous sur un forum faf et demandez à quelqu'un de l'uploader, tout le monde l'a sur son ordi. Mais pas la peine de l'acheter, ça n'a strictement aucun intérêt, car 20 euros pour une heure de cirque c'est cher payé.


C'est marrant, on dirait qu'il a une merde posée sur la tête ?
La coupe "tremplin" pour les blancs, le comble du ridicule...


A ce propos, les black panthers ont servi de source d'inspiration aux antifas. Regardez bien le petit blanc sur cette photo. Ca va, gaulois, pas trop dur d'être l'esclave d'une bande de blacks racistes anti-blanc ?


Ter-sieg quand il était jeune. Son pote Rico dit qu'il n'aimait pas le PC, que c'étaient des fafs, des staliniens, etc. mais ça n'empêchait pas Julien & co de se la jouer communiste.


Non, ce ne sont pas des fafs en train de sieguer, mais les Ducky Boys en train de lever le poing droit. Grosse différence !


Farid quand il était jeune. Un beau gosse !


"Punck" avec un C : indiscutablement, les Duckys étaient plus doués en mythonnage qu'en orthographe.


Les mecs de Libé étaient décidément aussi bêtes que les antifas dont ils faisaient l'éloge : une telle faute d'accord dans un gros titre, ça la fout mal ! "Les dur", "les dur"... clair que c'est dur d'écrire correctement quand on est un journaleux gaucho avec le QI d'une moule.


Image prise à un concert des Bérus. "Nous sommes noirs, nous sommes blancs, nous sommes jaunes, et ensemble nous sommes de la dynamite" ! Pourtant, on ne voit que des blancs à ce concert ?


Regardez bien sur la gauche : on voit une piscine... Sûr qu'il était plus facile de faire le clown en Bomber dans un quartier bourgeois que rue d'Assas !