Affichage des articles dont le libellé est rac. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est rac. Afficher tous les articles

mercredi 22 avril 2009

Portrait : le skinhead

Beaucoup de livres ont été écrits sur la "culture skinhead". Beaucoup d'études sociologiques, de (mauvais) romans et d'articles de journaux ont tissé le mythe des dangereux crânes rasés, pourtant aucun d'entre eux n'a su montrer une chose toute simple et vraie, à savoir qu'ils étaient des crétins. C'est pourtant évident : des mecs qui ont pour devise "bière, baise, baston" ne peuvent pas être des diplômés en physique nucléaire... Né de l'ennui des jeunes prolos anglais, le mouvement skin s'est répandu dans toute la lie de l'Europe, notamment en France dans les années 80. A vrai dire, il n'a pas attiré énormément de monde, mais les manières peu enviables de ses membres ont fait parler d'elles.
Aujourd'hui, ce mouvement est quasi mort, cependant quelques adolescents continuent de porter le flambeau. Fafs, antifas ou apos, ils ont les cheveux ras, des docs martens, des bombers serrés et continuent de faire vivre le skinisme. Comment s'y prennent-ils ?

Thomas Peterson l'a montré dans "This is England" : ceux qui deviennent skins ne sont pas de terribles sadiques hyper-dangereux, complotant activement contre l'Etat et la paix civile, mais simplement des paumés. Si vous avez vu le film, pensez à Combo, ce skin qui dit que le nationalisme est l'union des noirs et des blancs sous un même drapeau, avant de traiter son pote black de "sale nègre" deux minutes plus tard. Dans l'un et l'autre cas, Combo croit en ce qu'il dit, malgré la contradiction évidente de ses propos. Il n'agit pas par "racisme", "haine" ou pour créer à lui tout seul les conditions possibles à un renouveau du troisième reich, en fait il est simplement paumé.
Quand il était ado, il aimait faire des conneries. Sociopathe, infoutu de respecter les règlements, pas assez malin pour ne pas se faire prendre, il aurait pu devenir une racaille si le destin n'en avait pas décidé autrement. Un jour, au hasard de ses pérégrinations dans la cour de récré ou dans la rue, il va rencontrer des mecs avec un look viril. Crâne rasé, grosses chaussures, une gueule de six pieds qui donne l'air de dire "me regarde pas ou j'vais te défoncer", il a tout de suite accroché. Les grosses pompes en particulier l'ont attiré : à ses yeux adolescents, ces lourds morceaux de cuir symbolisaient la puissance, la force, la virilité... Il a donc craqué sa tirelire pour acheter une paire de Docs, de préférence montantes, et il a fréquenté les autres mecs qui en portaient. Le reste s'est fait tout seul.
Malgré son côté marginal, le skinhead est avant tout un mouton. Enlevez-lui ses potes, il est tout seul avec son look et il se cache. Avec eux, il se sent puissant et n'hésite pas à défier d'autres bandes. Le skin fonctionne un peu comme la racaille : tout dans
le look, dans l'attitude et dans la rue. En effet, le mouvement skin est un mouvement de rue. Comprenez que ce mouvement ne créée rien. Les fans de nautisme aiment la mer, les fans de nage se retrouvent à la piscine, les mélomanes dans les conservatoires, les rockeux à des concerts, les skins dans la rue. Infoutus de rentrer ou que ce soit, ou simplement de se déplacer, ils se posent à un endroit précis et n'en bougent plus. Ce n'est pas pour rien que certains skins se disent "Skins de Tel Endroit", "Skins de Bidule-Truc", tout comme les racailles se disent membres de la "Neuf-Trois Crew" ou du "Sept-Six Industrie". On s'installe dans une zone, on squatte la rue. Petit à petit, on prend l'habitude de voir les mêmes murs sales et les mêmes cacas de chien à côté de soi. On s'identifie à l'endroit où on squatte, et au lieu de chercher plus loin, on se construit soi-même sa propre prison mentale. Ne cherchez pas cet ultra-tribalisme ailleurs que chez les skins ou les racailles : toute personne plus intelligente les évite comme la peste. Même les footeux, pourtant peu suspects d'être malins, ne sont pas aussi tribalistes. Ils encouragent une équipe, une bande, mais ils ont au moins un point commun qui est celui de la ville supportée. Les skins peuvent l'avoir aussi, seulement ils préfèrent leur petite rue minable ou leur quartier pour se la jouer. Applaudissez donc le Javel Crew...
A la base, le skin n'est pas spécialement politisé. Il aime la bière, la baston, se la jouer loubard tout en ayant l'impression d'être plus fort et plus viril qu'un keupon pourri aux cheveux rouges. Son trip, c'est porter des vêtements, squatter à un endroit. Le skin se veut soldat de la rue sans avoir la discipline stricte qui règne dans l'armée : d'où le fait que pleins de skins se disent street warriors, amateurs de bagarre et de trucs hyper-violents tout en ayant un comportement indiscipliné. Au fond, le skin n'est pas si différent du punk. Même côté provocateur, même complaisance dans l'antagonisme, même petits délits qui peuvent provoquer des arrestations occasionnelles, mêmes origines petites bourgeoises la plupart du temps. Eh oui : le trip working class, c'est du mytho ! Comment voulez-vous qu'un smicard puisse s'acheter un bomber à 120 euros chaque mois, des docs à 150, toute une collection de jeans serrés et de t-shirts hors de prix, sans compter les matraques télescopiques, gazeuses et autres merdes dont il se sert beaucoup moins souvent qu'il ne le dit s'il gagne à peine 1100 euros net par mois ? Soit le skin vit chez ses parents, et est donc un Tanguy rebelle de la société, soit il vient d'un milieu privilégié qui lui permet d'enrichir les marques "skinisantes" sans compter ses sous. Quand on vient de la working class, la vraie, on a autre chose à foutre que de se balader en bombers en buvant des bières tous les week-ends.
D'autant que si le skin "assume son trip", qui n'est rien d'autre qu'un tas de sapes hors de prix et du dégueulis musical dans l'iPod, il n'a même pas le courage d'aller jusqu'au bout. Nombre de jeunes skins ont les cheveux courts, mais pas rasés, car maman ne veut pas. Déjà qu'elle accepte les docs et les t-shirts d'un goût douteux, c'est gentil de sa part, alors les cheveux, non... Le skin n'est intéressé que par une seule chose : paraître. Être vu par ses potes, être vu par les passants de l'endroit où il traîne, être vu comme un grand méchant par les médias (bien sûr, le skin crache sur les médias mais il est bien content qu'on y parle de lui). Il existe dans le regard des autres. Sa quête de virilité est totalement placée dans cette optique-là, d'ailleurs. Combien de skins de tous bords enjolivent leurs histoires de baston, passent leur temps à en raconter et à faire des concours de bite avec la bière ?

Le skin n'est pas forcément entré dans son mouvement par la voie de la connerie. Souvent, il y rentre par l'action politique. Imaginons un ado qui se fait emmerder par des racailles dans son lycée. Il est jeune, révolté, ses hormones sont en ébullition : ce qu'il veut, ce n'est pas des discours politiques en pagaille ou des mots creux, mais de l'action, de la revanche. Il va donc faire des recherches, découvrir par les médias ce terrible ennemi de la démocratie qu'est le milieu faf. La démocratie, lui, il s'en fout : ce n'est qu'un mot vide. N'écoutant que ses hormones et sa soif de revanche, notre ado va foncer tête la première dans l'extrême droite la plus radicale qu'il puisse trouver. Soit il devient internet warrior, parce qu'il ne trouve pas de fafs près de chez lui, soit il devient simplement faf, soit il devient skin. Dans ce dernier cas, il s'associe à sa bande de potes en imaginant qu'il va y régler tous ses problèmes, qu'ensemble ils changeront le monde et que tout sera mieux. Mais bien vite, il oublie pourquoi il était venu, devient comme ses potes. Comme eux, il se met à picoler comme un trou, s'identifie aux t-shirts ou aux chaussures qu'il porte, et c'est tout. Oubliée, l'action politique et tout le reste ! Être avec ses potes est déjà bien fatiguant. Les bagarres de temps en temps, les empoignades entre bandes, fournissent l'essentiel de son quotidien. A force de s'identifier avec le mouvement skin, notre homme devient un déchet de la rue, comme ses potes.
S'il est néo-nazi, ça lui fait pousser des ailes. En effet, le skin est avant tout un antagoniste volontaire, un abruti imbibé d'alcool qui se complaît dans le rôle du méchant. On ne va pas le plaindre, il fait tout pour ça. A partir de ce moment-là, être nazi, c'est cool : il effraie les gens et trouve un modèle esthétique qui le dépasse largement. Conditionné par les médias, par les antifas et par ses propres branlettes, le skins NS se prend pour un SS. Dorénavant, il n'est plus un simple skin : sur lui vole l'ombre des uniformes noirs, des français tombés sur le front de l'est, de ceux qui ne comptaient plus le nombre de fois où ils avaient mis leurs vies en péril... Bien sûr, il n'y a strictement rien à voir entre un waffen-SS qui se battait par moins trente degrés, avec pour seule arme un fusil gelé et pour seule espérance une mort toute proche, et un obèse en docs martens qui lève le bras droit après avoir bu trois panachés. Le skin NS est une sorte de version extrême du faf de base, en ce qu'il est plus mythomane, plus con et qu'il se fout complètement du fait qu'il décridibilise son mouvement. Au moins, le faf de base essaie de se ménager une image relativement correcte, en se prenant pour un dévot ou un néo-croisé, et évite les références historiques trop sulfureuses. Le skin, lui, s'étale dedans, joue à fond la carte du méchant loubard dangereux et balance sa merde sur tous ceux qui refusent d'aller aussi loin que lui. Pour cette raison, certains fafs appellent les skins des "trisomiques 88", bien qu'ils soient eux-mêmes des mythomanes consommés.
Les skins antifas ne sont pas très différents. A la base, ils sont devenus skins parce qu'ils voulaient être des racailles, mais ils avaient besoin d'un vernis politique pour justifier leur mode de vie à la con - vernis dont les racailles ne s'embêtent absolument pas. Un skin antifa est avant tout un mec qui fait des conneries, qui défie constamment tout le monde, tout en éprouvant le besoin d'être bien vu. Comme la racaille, il se victimise, assène aux gens un discours mi-larmoyant mi-belliqueux parsemé de fautes d'orthographes, et comme la racaille il n'aime pas la police. L'antifa n'aime pas l'ordre. Il se sent impuissant face à lui. A la fois lâche et dominateur, il a besoin de s'imposer, de montrer qu'il existe, sans avoir pour autant le courage de l'assumer. Par exemple, en faisant en tag ou en cramant une poubelle : s'il fait ça, c'est avant tout pour se prouver à lui-même qu'il est capable d'agir et qu'il est quelqu'un.
L'attirail politique "antifasciste" tourne entièrement autour de cet impératif. Si l'antifa est anti-flics, c'est parce que les flics l'empêchent de faire les conneries qu'il veut, et il se sent limité par leur existence. S'il est antifasciste, c'est parce qu'il n'est pas foutu de s'attaquer à autre chose qu'à des gens qui sont déjà des boucs émissaires publiques, et parce qu'il a besoin de se croire un super guerrier isolé alors que tout le monde a de lui une image bienveillante. Evidemment, l'antifa n'a jamais gagné la moindre once de maturité depuis ses quatorze ans, âge où il a acheté son sac Eastpak et ses premiers patchs à coudre dessus, et il ne lui est jamais venu à l'idée que l'ordre public pouvait avoir besoin d'un facteur coercitif pour être maintenu. Ou plutôt, il en est conscient, mais refuse d'admettre que ça puisse être aussi le cas pour lui. Non, le skin antifa n'a pas à être au-dessous des règles comme tout le monde, lui il est brave, il est antifasciste, il résiste contre un danger qui est mort depuis soixante ans, alors on ne la lui fait pas à lui.
Ce n'est pas pour rien que le skin antifa n'a strictement aucun projet positif : il est anti-ceci, anti-celà, jamais pour quoi que ce soit de positif. Comme le gauchiste standard, il passe son temps à monter au créneau et à accuser les gens sans rien proposer (si ce n'est l'exécution publique des gens qu'il n'aime pas). Seulement, le skin antifa est plus extrême que le gauchiste standard ; il boit plus, possède moins de vernis intellectuel et n'hésite pas à se poucaver ses potes quand il se fait arrêter - alors que le gaucho standard ne se fait pas arrêter puisqu'il ne tape jamais personne.

En dépit de cette opposition, le milieu skin n'est pas strictement divisé en deux avec les fafs et les antifas, ni même en trois avec les apos. Le skin se sert de la politique pour donner une coloration supplémentaire à son trip. S'il arrive à aligner quelques mots pour faire une phrase, ce n'est jamais que du baratin : le skin NS est nazi pour pouvoir s'identifier au Mal et aux figures marquantes de la SS, tandis que le skin antifa est de gauche parce qu'il aime se masturber sur Stalingrad et les soviets. Ni l'un ni l'autre ne se rendent compte que, sous un vrai régime totalitaire, ils seraient les premiers à finir dans un bataillon disciplinaire ou dans un camp.
Le milieu skin n'est d'ailleurs pas fragmenté du tout. Malgré ses bastons, dues aussi bien à la violence alcoolisée et aveugle qu'à la haine des uns contre les autres, beaucoup de skins ont retourné leur bomber plusieurs fois. On trouve chez les fafs d'anciens antifas, devenus fafs par fascination pour le mal qu'ils prétendaient combattre, et chez les antifas d'anciens skins fafs, rattrapés par le jugement du petit peuple et le politiquement correct. Un skin peut changer de camp pour toutes sortes de raisons : un de ses potes l'a fait aussi, il a vu une bonnasse en face alors il va la rejoindre... N'oublions pas que le milieu skin est très masculin. Avec son mélange de virilité et d'alcool, il semble repoussant à n'importe quelle fille normalement constituée. Dès qu'une nana y est, elle est obligée de se trouver un mec au sein de ce milieu si elle ne veut pas se faire tout le temps draguer, ou alors elle accepte de se faire passer dessus par tous ces copains, ce qui est souvent le cas.
Skins fafs et antifas ne sont pas des opposés irréductibles mais deux faces de la même médaille rouillée : on peut passer d'un côté à l'autre sans problèmes, et on peut aussi en revenir. C'est selon l'humeur et l'envie. La couleur politique du trip est comme celle du t-shirt : on consomme, on se lasse et on change. Les changements de camp sont légion, preuve que les grandes distinctions politiques ne sont plus rien, réduites à des distinctions de façade dont on se pare pour se faire beau. On se demande où sont passés les soldats politiques vantés par le rock pourri de nos amis les skins...
Bien sûr, il y a aussi les apos. Coincés entre les feufas et les antifeufas, certains skins se veulent apolitiques et axés uniquement sur leur trip. Au moins, ceux-là n'ont pas besoin de connerie politisée pour justifier leur mode de vie, ce qui leur vaut le mépris des antifas, persuadés qu'on doit absolument les rejoindre pour être un homme de valeur. Notons ici une différence flagrante - une fois n'est pas coutume - entre skins fafs et antifas : les fafs traînent volontiers avec des apos, sans leur reprocher de fréquenter parfois des antifas, alors que les rouges fustigent sans cesse les apos parce qu'ils discutent parfois avec les fafs. Cette différence est due au contexte politique. Le faf est diabolisé, il est déjà heureux de trouver quelqu'un qui l'accepte comme il est sans le juger de manière politiquement correcte, tandis que l'antifa a les médias et le PC (politiquement correct) derrière lui, et refuse toute personne qui ne se plie pas strictement à ses vues. Les NS seraient-ils plus tolérants que les anarcho-coco-rougeauds ?
En pratique, les apos sont souvent des grosses tarlouzes. Bien qu'ils soient fiers d'être apos et de ce qui les singularise par rapport aux autres, ils traînent autant avec les uns qu'avec les autres, en se tenant hors de leurs histoires de bastons. Mention spéciale aux apos de Jussieu, une bande de débiles qui change d'idéologie selon ses interlocuteurs. Quand ils traînent avec des fafs, ils disent "ah ouais, nous les antifas on les aime pas, on traîne pas avec eux" et quand ils sont avec des antifas, ils disent plutôt "non, mais les fafs ils sont pas comme nous, c'est nous les vrais skins, nous les fafs on traîne pas avec eux". Ridicule...

La conclusion n'est pas très difficile à tirer. Le mouvement skin est un mouvement de rue, donc une tendance incapable d'aller au-delà de la rue et fière de sa propre incapacité ; c'est un mouvement stupide, consumériste et superficiel, incarnant parfaitement les travers de la société de consommation avec un côté extrême qui permet de les diabolise ; et par ailleurs, ce mouvement est bien utile.
Ben oui : prenez l'exemple de l'ado qui en a marre des racailles de son lycée ou du politiquement correct. Comme il est influençable, il va suivre la voie des médias. Au lieu d'aller dans un mouvement politique normal, il va aller chez les skins dont les médias font leurs choux gras, et ainsi contribuer au mythe du skin violent et organisé. Les journalistes peuvent se vanter d'avoir réussi leur mission conservatrice : grâce à eux, un opposant un peu révolté va devenir un alcoolique consumériste, au lieu de participer à la construction de ce qui pourrait être un véritablr projet. Au lieu de menacer le système, les opposants vont devenir ses idiots utiles, et les médias pourront diaboliser ce qu'ils ont eux-mêmes contribué à créer.
Au fond, les skins ne sont pas responsable de la connerie de leur mouvement. Ils sont cons, ils sont cons, c'est pas de leur faute. Les vrais coupables sont ceux qui les encouragent dans la connerie, qu'il s'agisse du politiquement correct pro-antifa, des commerciaux qui vendent docs et t-shirts et des journaleux qui ont inventé de toutes pièces le mythe du skin NS dangereux pour l'état. Avec tout ça, les skins s'identifient à leur propre mythe journalistique, et ils continuent à tirer le reste vers le bas. Merci Daniel Schweizer !

samedi 10 janvier 2009

Goldofaf

Dans la courte histoire du rap faf, il y a d'abord Basic Celtos. Connu de tous (enfin, de tous les fafs/antifas), ce groupe fut le permier à se servir du rap pour faire passer un message nationaliste et identitaire. Pour un milieu qui déteste autant le rap, habituellement utilisé par d'odieuses racailles antifrançaises, c'était une sacrée innovation ! Comme disait Darko, le chanteur de BC, "il faut savoir utiliser les armes de ses ennemis contre eux". Même si les armes en question sont sans valeur : un beat syncopé, trois notes de basse, un sample de dix secondes passé en boucle pendant cinq minutes, un type qui parle en rythme et ça fait une chanson de rap. Vous voyez, c'est pas compliqué ! Venant du milieu faf, l'attrait pour ce genre de truc simpliste n'est pas étonnant non plus. Il suffit d'écouter du gabber pendant quelques minutes pour avoir le cerveau qui fond, alors rap ou pas, tant qu'il y aura un beat, on trouvera toujours des gens qui aimeront. Par chance, Basic Celtos relevait le niveau du rap français (notez, c'était pas très dur) en mettant dans leurs morceaux des influences folk (flûte, harpe celtique...) dès le premier album. Par la suite, c'est devenu de la fusion, avec des grosses guitares et un chanteur à voix de tapette pour les deux morceaux enregistrés dans la compile Sur les terres du RIF.
Mais voilà, BC est mort depuis longtemps et le flambeau du rap faf s'est éteint, abandonné de tous ! Il fallait bien que quelqu'un le reprenne. Heureusement, la perle rare s'est révélée d'elle-même : Goldofaf, ancienne racaille repentie et militant du Renouveau Français, s'est mise à l'affaire. Et comme disent les racailles, "c'est du lourd".

Fan inavoué de Goldorak et de Sniper, Goldofaf s'est fait connaître sur Internet avec le clip "Gravé dans la roche", que l'on ne présente plus. Sniper, groupe de rap émérite et auteur de la chanson "Nique la France", avait récidivé avec "Gravé dans la roche", où il était question d'être tous ensemble pour jouer les victimes en fuckant sa mère au vernement-gou et en brûlant des ture-voi, t'as vu. En somme, une chanson de rap tout à fait habituelle. Elle le serait restée si Goldofaf n'était pas entré en scène à ce moment-là.
Respectueux des commandements de Darko et de Maître Yoda, "les armes de tes ennemis tu reprendras", le jeune rappeur a repris l'instru de "Gravé dans la roche" pour y rapper du fromage sa propre version du morceau. Au programme, des lyrics nationalistes et ultra-cathos, servis par un montage du tonnerre. Reconnaissons-le, la réalisation est impec, même si tout semble être fait avec Windows Movie Maker. Grâce à ce clip, Goldofaf est devenu une star internationale, un VIP de la fafitude. Quand un album est sorti, sa réputation a littéralement explosé pour se répandre dans toute la galaxie. Si bien qu'aujourd'hui, des extraterrestres viennent sur Terre pour voler des baladeurs CD, histoire d'écouter la galette à Goldofaf chez eux.
Mais heureusement que les extraterrestres sont encore là-dessus, parce que sur Terre, tout le monde l'a déjà oublié. Nous sommes les premiers à reparler de Goldofaf depuis au moins six mois (d'ailleurs, il devrait nous remercier pour ça).
Pourquoi ce rap, "Gravé dans la roche" ? Pourquoi du rap nationaliste ? Tout en crachant sur les racailles, Goldofaf confie dans une interview qu'il lui reste quelque chose de sa propre période racaille. C'est cool de vouloir débarasser la France de la racaillerie, mais encore faut-il commencer par soi-même... Enfin, ajoute-t-il, il y a plein de gens qui écoutent du rap, alors autant utiliser ce biais-là pour diffuser nos idées. Sous-entendu : même si le rap est une musique de merde, la médiocrité des autres excuse la sienne, ce qui veut dire qu'on peut faire de la merde sans problème du moment que les autres en font aussi. Goldofaf est d'accord pour reconnaître que musicalement, la version originale de "Gravé dans la roche" est une infâme daube racaillesque, mais la sienne est au top niveau de la fafitude. Pourtant, dans les deux cas, c'est du rap. N'oublions pas que les paroles changent tout, absolument tout, jusqu'à la qualité musicale du morceau final.
Goldofaf semblait de cet avis quand il a sorti ses deux autres titres, "Génération faf" et "Souvenir vendéen". Quiconque a entendu les refrains de ces chansons n'est pas près de les oublier. Les gens du Renouveau Français ont voulu faire un choeur, comme les moines qu'ils admirent tant, mais entre des moines qui travaillent leur voix et les glandeurs alcooliques que sont les fafs, il y a un fossé... Résultat : le refrain est tout sauf juste, les choristes chantent totalement faux, à croire qu'ils ont le hoquet et qu'ils chantent en sniffant de l'hélium. Dur d'être crédible avec un truc aussi pourri. Peut-être que Booba et compagnie font de la grosse merde, mais leur label a au moins la présence d'esprit de retoucher leur voix pour la rendre écoutable, ce qui n'est pas le cas ici. Pour des "choristes" qui chantent "travail famille patrie", ils auraient pu travailler un peu plus leur voix avant de la poser sur ce morceau, ça n'aurait pas fait de mal.
Malgré cela, Goldofaf a su renouveler la musique faf en faisant découvrir le rap à des gens qui ne connaissaient que le RAC. Pour les antifas, un rappeur faf, c'est une contradiction dans les termes : pour eux, le rap est "l'étendard des luttes sociales" (avec un étendard pareil, on n'a pas envie de les soutenir, les luttes sociales !), tandis que les fafs sont tous des bourges. En tout cas, c'est ce qu'ils disent quand ils se réunissent à Ménilmontant, un quartier bobo huppé très très chaud et hyper social. En énervant les antifas, les racailles et autres déchets de la société, Goldofaf les a fait gueuler, et ainsi il s'est fait de la pub. Fallait y penser !

C'était tellement novateur que Karl Zéro, le bien nommé, a montré le clip à Goldofaf dans son journal pendant trente secondes. Mine de rien, ce petit reportage fait à la va-vite pour clôturer le journal a donné des ailes au rappeur. Sur tous les moutons qui n'ont pas encore cassé leur télévision, comme disent les Identitaires, disons que dix pour cent des spectateurs du Vrai Journal vont chercher sur Google. Comme ils ne savent pas chercher, mettons que dix pour cent de ces dix pour cent (soit un pour cent du total) trouve le clip. Ca fait quand même quelques milliers de personnes. Pour un mec du ghetto faf, passer à la télé ET attirer plusieurs milliers de personnes dans son giron, c'est tout de même pas rien ! Chez Batskin, il y a au mieux quelques dizaines de fafs en même temps, sur Internet ils sont quelques milliers, alors attirer des milliers de non-fafs en plus au lieu que ce soit toujours les mêmes comme d'habitude...
Pour une fois, le Renouveau Français a bien fait son coup.
Eh oui, lecteur, vous croyiez que Goldofaf avait réalisé son clip tout seul ? Si c'est le cas, vous croyez vraiment n'importe quoi. Dans ses interviews, il ne parle que de lui-même mais tout le monde dans le milieu sait que c'est bidon. Le clip a été tourné et monté avec l'aide d'autres militants du RF. Goldofaf pourrait au moins les mentionner dans ses interviews, sans eux il n'y aurait ni clip ni album ! A peine célèbre, notre rappeur prend déjà la grosse tête et oublie ses copains. Comme Sinik, un rappeur commercial qui a eu quatre équipes d'ingénieurs du son en trois ans. Mais lui, il a pas le droit, il est pas catho. Le clip, donc, a été fait avec l'aide de militants RF et sur leurs conseils. Quand on voit à la fin "réponse du bon à la brute", ça fait franchement rigoler. Goldofaf aurait-il réalisé le clip tout seul ? Déjà, pour se filmer lui-même en train d'arracher des affiches, ça semble difficile. On voit aussi quelques-uns de ses potes au milieu du clip. Comme lui, ils ont une coupe de cheveux pourrie, avec les côtés de la tête rasés et une espèce de caca aplati sur le dessus. En effet, les mecs les plus mythos du RF ont choisi cette coupe pour exprimer leur skinheaditude, nonobstant toute considération esthétique. Curieusement, beaucoup de jeunes d'origine maghrébine vivant dans des quartiers modestes (ce langage politiquement correct nous saoule autant que vous, mais on n'a plus le droit de dire "arabes des cités" sous peine de se prendre un procès de la part de SOS-Racisme, alors on se rabat sur des néologismes) portent également cette coupe. Sans doute les restes de l'adolescence racailleuse de Goldofaf.

Une fois que le clip a fait suffisamment parler de lui (plus de 100 000 vues sur Youtube !), le rappeur est passé à la deuxième étape de son plan génial pour devenir ambassadeur de la fafitude sur Skyrock : sortir un album.
Pour ça, il a eu recours à ses petits copains du RF. Vous savez, les mêmes qui l'ont aidé à faire le clip. Ils lui ont composé quelques instrus, quatre exactement, histoire que Goldofaf puisse poser sa voix sans piquer des instrus faites pour des français de papier. Eh oui, les rappeurs ne sont pas des musiciens ! Hors de question de composer soi-même sa mélodie. Il y a des logiciels hyper-perfectionnés pour composer des boîtes à rythmes, imites des instruments... cette facilité d'utilisation a déjà provoqué une grosse dose de pollution sonore dans la variété, vu le nombre de branques qui se prennent pour Mozart en alignant trois notes sur une partition, mais Goldofaf lui-même n'a jamais pu se hisser à ce bas niveau. Il a donc laissé cette basse besogne à des musiciens du RF. Malheureusement, tout ce qui vient du RF est mythomane ou mal fait, de la musique aux sites web en passant par leurs pseudo-associations toutes animées par les 3 mêmes mecs. D'accord, d'accord, les JI sont mythomanes aussi, mais au moins ils font des beaux sites web. Comparez le site officiel des JI à celui du RF, dont la maquette miteuse date de 2004, ou au Forum Natio dont le script n'a même pas été mis à jour depuis un an, y'a pas photo.
Pour en revenir à Goldofaf, les mélodies dont il dispose sont facilement reconnaissables dans la masse des instrus de rap. D'abord, elles contiennent toutes des notes de piano, histoire de marquer le côté conservateur du RF, ensuite elles sont extrêmement simplistes. Pas de basse, à peine une dizaine de notes passées en boucle, une boîte à rythmes sans beat derrière, nos musiciens de service ne se sont pas foulés. Et Goldofaf non plus. Si on écoute toutes ses chansons, on remarque qu'il a toujours le même flow ! Ca se dit chanteur et ça n'est même pas foutu de varier les styles de voix ! Goldofaf tient son répertoire sur trois notes, tout comme le "pianiste" qui joue dans ses instrus.
Conséquence : l'album ne s'est pas vendu. Malgré le tapage sur Internet, très peu de gens ont commandé l'album. Un véritable flop. Dans les forums natios, on parle peu de Goldofaf, chez les antifas pas du tout. Sur le RAC-Forum, haut lieu du téléchargement illégal de RAC et de NSBM, personne n'a mis en ligne l'album de Goldofaf... Sachant que même les groupes fafs hyper-soft comme Hotel Stella se retrouvent en ligne sur le RAC-forum dès la sortie d'un CD, il faut vraiment que personne n'ait acheté la galette du rappeur faf pour qu'elle ne se retrouve pas dessus.
Regarder un clip de cinq minutes sur Youtube, ça va, mais acheter un CD, hors de question ! Les fafs n'aiment pas le rap. Faire du rap faf, OK, l'innovation c'est bien, mais quand il s'agit de soutenir le truc, tout le monde est parti. Déjà que tous les fafs se pointent régulièrement sur le RAC-Forum pour télécharger leurs groupes préférés, s'il faut dépenser ses deniers autrement qu'en bière et EN PLUS pour acheter du rap, ça ne passe plus ! Basic Celtos avait rencontré les mêmes problèmes avec une musique de meilleure qualité. Alors Goldofaf...

Qu'à cela ne tienne : le rappeur est utile au RF. C'est l'essentiel. Sur les plateformes vidéo, les clips de Goldofaf attirent l'attention sur des vidéos du Renouveau Français. Evidemment, ce ne sont que des vidéos mythos qui feront rire les non-fafs. Par exemple, la vidéo du camp d'été 2007, où on voit 50 fils à papa jouer aux petits soldats pendant une semaine. Enfin, ridicule ou non, ça fait de la pub au RF.
Goldofaf sert également d'argument de vente. On l'a vu sur l'affiche du Congrès Nationaliste en compagnie de Lemovice, un groupe de RAC nullissime connu des skins les plus cons pour sa chanson "Adolfo Ramirez". "Adolfo Ramirez, Gestapo française ! Adolfo Ramirez, Gestapo française !" Rassurez-vous, le RF n'est pas NS, seulement ambigu. Après tout, ça attire du monde.
Mais Goldofaf ne compte pas seulement pour le RF pour se servir de lui assurer sa promotion. Il se déplace à toutes les manifs pour s'y faire voir. Comme toute jeune célébrité, il y est entouré d'un petit groupe de suiveurs, avides de bénéficier de ses faveurs si jamais il devenait vraiment connu un jour... Marche pour la vie, 9 mai, Life Parade, il est partout. L'ayant déjà vu sur Youtube, tout le monde le reconnaît, et Dieu sait que voir Goldofaf en vrai avec sa coupe de cheveux moche et sa ceinture à croix celtique riquiqui (vous savez, celle qu'on trouve sur Patriote Productions), ça donne envie de commander son album ! Si ça ne suffit pas, qu'importe : en vrai guerrier défenseur de sa terre, Goldofaf n'hésite pas à charger l'ennemi au péril de sa vie. Par exemple, à la Marche pour la vie (manquerait plus qu'elle fasse des morts, elle porterait bien mal son nom), il a failli taper des antifas venus faire les malins. D'accord, la police protégeait les antifas, sans quoi ils n'auraient jamais osé venir, mais Goldofaf est prêt à se faire arrêter pour qu'on parle de lui, des fois qu'il devienne un martyr et qu'on lui achète son CD. Il faut souffrir pour être célèbre !

D'ailleurs, qui sait ? Les rappeurs fonctionnent à l'actualité. Qu'importe qu'un rappeur soit bon ou mauvais. L'essentiel, c'est comment il se vend, comment on le vend et les conneries qu'il a faites. 50 cent a fasciné les foules, non pas à cause de son talent, il n'en a pas, mais parce qu'il a survécu à 9 balles dans la peau. Peut-être que Goldofaf pourrait faire pareil, et qu'il essaie déjà. Bien que croyant et fermement persuadé qu'il ira au paradis, Goldofaf ne tient pas à mourir jeune. Au paradis, on n'a pas accès à Internet, alors comment il va faire pour mettre ses vidéos sur Youtube s'il continue à rapper là-haut ? Non, il ne va pas prendre de risques, et puis si les fafs étaient des révolutionnaires ça se saurait.
A défaut, Goldofaf peut quand même se faire arrêter dans une manif, voire faire un peu de taule. Ca lui donnera une image de gangsta qui plaira aussi bien aux racailles blanches qu'aux fafs avides de mythomanie.
Courage, Goldo, le prochain 9 mai c'est dans pas longtemps, tu arriveras sûrement à rentrer dans le panier à salade et à en parler après sur Internet ! Ou alors, en faire un titre, avec des extraits de discours de Léon Degrelle dessus parce Léon aussi il a fait de la prison quand il était jeune. La taule, c'est tendance ! Mais fais attention, quand on est catho là-bas, c'est dur de le rester bien longtemps.


Non, ce n'est pas une bouse de vache mais la coiffure de Goldofaf, même si le paysage s'y prêterait bien.



Alors, vous voyez que les fafs peuvent être AUSSI des costard-cravate et faire des boulots pas trop pourris ? Si ça c'est pas de la working class !


Sympa la censure, les skins NS apprécieront (et les autres aussi).



La coupe mytho du RF.



On appréciera l'image de film compressée pour faire la même taille qu'une photo. Tu parles d'un montage professionnel !



Les monteurs du RF n'ont pas dû voir le gamin à gauche quand ils ont pris cette image-là.



Image du 9 mai. Comme chacun sait, les manifestants reprennent le slogan du GUD, à savoir "Europe ! Jeunesse ! Révolution !". Non content de plagier ce slogan, le RF fait scander son petit remix à des gens qui ne le scandaient pas du tout. Quand on n'a pas d'imagination et envie de réécrire l'histoire, heureusement que Goldofaf est là pour foutre ça dans son clip.



Brûler une feuille, c'est tellement révolutionnaire !



Non, vous ne rêvez pas : cette image d'un défilé JI vient bel et bien du clip de Goldofaf ! Pour avoir pris ça, les gens du RF devaient VRAIMENT être aveugles ou à court d'images, parce que RF et JI, c'est comme la couille droite et la couille gauche, ça fait tout pareil mais c'est pas du tout la même chose !



Remercions Goldofoufoune : grâce à son rap, on a maintenant des kikoo-faf qui militent façon Skyblog. Le milieu faf avait vraiment besoin de ça.



"Wesh cousin, bien ou bien ?"



"Il pleut dans ma bouche !"