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mardi 17 mars 2009

Sur les pavés


Dire que ce "documentaire" était attendu relève de l'euphémisme. Côté faf, on attendait avec impatience de pouvoir se branler sur un équivalent de droite d'Antifa chasseurs de skins, et côté antifa, on redoutait des pseudo-révélations mettant en lumière les nombreuses conneries racontées dans le DVD de Terzic. D'abord programmé pour janvier, puis pour fin février, puis pour le 10 mars et enfin sorti le vendredi 13 (!), Sur les pavés a fait couler beaucoup de salive et d'hormones à défaut de faire couler de l'encre sur le Web.
A la rédaction, nous attendions également de voir une version faf de l'autoproduction antifa. Quelle branlette, quel racontage de vie se ferait jour au sein du milieu faf ? Autant le dire tout de suite, nous avons été quelque peu déçus par ce documentaire en carton. La forme de Sur les pavés est ennuyeuse et décevante. Dans Antifa chasseurs de skins, il y avait toujours des vidéos pompées de l'INA ou des images d'époque avec de petits zooms, ainsi qu'une voix off. Ce montage dynamique faisait oublier l'absence totale de fond. Le spectateur ne pensant pas, surtout quand il est antifa, il était captivé par les images qui se succédaient à l'écran et gobait d'autant plus facilement les témoignages-branlette qui constituaient la trame du documentaire. Sur les pavés ne s'embarrasse pas d'un tel professionalisme ! On n'y voit qu'une chose : Serge Ayoub. Pas de voix off, très peu d'anciens, quasiment aucune image d'époque, le documentaire est pour les deux tiers un monologue non illustré de Batskin. On ne voit et on n'entend que lui. Batskin derrière son bar, Batskin sur son canapé, Batskin devant le parc des Princes, Batskin dans une rue du quinzième, Batskin dans une autre rue du quinzième... Cette présentation mytho ne remplace pas les archives de l'INA, déjà dévalisées par Marc-Aurèle Veccione l'année dernière, et on baîlle quelque peu en attendant la fin du documentaire.
Côté fond, Sur les pavés est à peu près équivalent à Antifa chasseurs de skins : le discours est aussi pompeux et mythomane dans un cas que dans l'autre, chacun réécrivant l'histoire à sa façon en l'émaillant d'anecdotes bidon pour montrer qu'il était dedans. Au moins, le documentaire ayoubesque réalise l'équilibre de la connerie avec son homologue antifa, et de ce côté c'est relativement acceptable. Cependant, Terzic avait au moins eu la décence de partager son documentaire autoproduit avec une voix off et laissait un peu de place aux gesticulations d'OGKim, ce qui n'est pas le cas ici.

Il faut bien l'avouer, Sur les pavés ne correspond pas aux promesses qu'Autonomiste Media, création ex nihilo visant à donner une allure professionelle à un "documentaire" qui ne l'est pas, nous avait faites. On nous avait promis tous les anciens skins de l'époque, et on se retrouve avec trois mecs cagoulés. On nous avait promis les témoignages des anciens JNR, et on n'a que quelques phrases lâchées par Grand Gilles, un pote à Batskin qui squatte régulièrement le Local. Au passage, on remarquera la grande élégance de Gilles. Personne ne sait quel médicament il a bien pu prendre (peut-être un stéroïde vendu par Ayoub ?), mais en tout cas, son gros thorax ressemble à s'y méprendre à une paire de seins. Un ancien JNR avec des nichons, tout de même, ça la fout mal. Plus sérieusement (enfin, façon de parler, Politrash n'ayant aucune prétention à être sérieux), comment se fait-il qu'aucun JNR ne soit venu témoigner, à part Grand Gilles ? Leur anonymat, ils s'en foutent, ils sont déjà fichés dans toutes les organisations de renseignement françaises et ils le savent. Peut-être ont-ils quitté le milieu faf, peut-être se sont-ils fait larguer en route par Elie Ayoub après que celui-ci se soit servi d'eux... Demandez-vous pourquoi, sur vingt personnes, il n'y en a que deux qui restent publiquement présentes quinze ans après. Flemme, trouille, utilisation par leur leader, les raisons abondent. De toute façon, la devise "honneur et fidélité" est utilisée par les fafs comme un patch chez les antifas : on l'accroche sur son personnage, ou sur son sac, et ça fait joli. Inutile de dire que cette mythomanie n'a rien en commun avec la manière de vivre des vrais inventeurs de cette devise. Tout s'achète et tout se vend, y compris la fafitude ou un DVD de Batskin.
Ceux qui lisent les commentaires de Politrash le savent déjà, mais une piqûre de rappel ne fait jamais de mal. Depuis que Sur les pavés était annoncé, Serge Elie Ayoub s'est vanté plusieurs fois de la gratuité du "documentaire". "Nous, on va le mettre gratuitement sur le Net, pas comme ces anticapitalistes de bazar qui vendent le leur 20 euros à la FNAC...". Ces belles paroles n'ont pas empêché Batskin de faire graver sa production sur des DVD, qui seront vendus 5 euros au Local. Et comme il n'y a pas de boîte de prod', les sous tomberont intégralement dans sa poche. Mais bon, c'est pour le prestige (dixit un mec du forum natio), donc ça va !
Sur les pavés n'est pourtant pas grand-chose d'autre qu'un gigantesque culte de la personnalité en l'honneur de Serge Ayoub. C'est simple, on ne voit que lui, dans divers endroits différents qui ne cachent pourtant pas la monotonie ennuyeuse du "documentaire". Qui plus est, le caméraman filme comme un manche. Au lieu de montrer Batskin en plan américain, c'est-à-dire de la taille à la tête en laissant un espace entre le dessus de la tête et la limite supérieure de l'écran, il lui coupe le haut de la tête. Si on regarde bien, on s'aperçoit que la caméra est penchée vers le corps de Batskin. Niveau plan, c'est très moche, mais ça met en évidence ses gros bras et son polo bien rempli. Entre ses muscles sans cesse mis en avant, le témoignage de l'ancien qui dit que "Serge c'est une forteresse" même s'il avoue ne jamais l'avoir rencontré, les histoires de baston où il ne se prend jamais le moindre coup et parvient à impressionner tout le monde avec sa seule carrure, tout dans le film concourt à donner l'impression qu'il est hyper-méga balèze, invincible, comme un rouleau compresseur de ouf malade.
Dommage qu'il n'y ait que ça. Du Batskin, on en bouffe à longueur de film. Le mouvement skin, c'est lui qui raconte, les anecdotes aussi, la fondation des JNR aussi, les plaisanteries aussi... A moins d'être un miniskin suceur de glands bien nus ou un fan de branlette, on se fait franchement chier. Heureusement, il y a les témoignages des autres anciens pour mettre un peu de piment, mais juste un peu. A part Batskin, qui occupe les trois quarts de l'écran et les deux tiers du film, il y a Ted, un ex-mercenaire exilé pour faits de violence, deux mecs avé l'accent du Sud dont un cagoulé qui parle tout le temps, Grand Gilles et ses nichons, P'tit Greg qui fait une apparition deux secondes pour expliquer qu'il a été mercenaire avec Bob Denart, comme le mec de Lille, un dernier larron qui s'est recyclé aux JI et fait office de Batskin provincial à la Vlaams Huis, et c'est tout. Sachant que ces mecs sont visibles deux secondes avant que Batskin ne reprenne le micro, on ne peut pas dire que leur témoignage mette beaucoup de tonus. On les entend au sujet d'un détail, d'un truc ici ou là, et c'est Elie Ayoub qui revient aussitôt après.

Il faut croire que l'AF a réussi à appliquer ses principes au milieu faf : privé de roi, il n'en est pas moins personnifié par Ayoub, qui vient l'incarner à lui tout seul ! Le résumé du docu nous promet monts et merveilles. Trois décennies d'engagement nationaliste mises en forme, racontées par tous les anciens qui les ont vécu. Le terme d'"engagement nationaliste" fait déjà franchement rigoler. Depuis quand les skins sont-ils des militants nationalistes ? Depuis quand sont-ils des militants tout court ? Tous ceux qui ont milité, du MPF au FNJ, doivent être morts de rire en voyant les conneries que ces pseudo-militants peuvent écrire. Parmi les colleurs d'affiches, les distributeurs de tracts, etc. combien de skins ? Très, très, très peu. Les skins n'ont jamais été autre chose que des alcooliques occupés à se taper dessus entre deux binouze party. Quand Batskin revendique à lui tout seul trois décennies d'engagement nationaliste, il n'a rien à envier à ses pseudo-rivaux antifas question mythomanie. Les trois décennies sont racontées par lui et pour lui. Tout fier, il raconte pour la énième fois comment il a chassé les punks de Saint-Michel, formé sa propre bande, battu les mods de Gambetta, et exfiltre certains détails un peu gênants (par exemple, le fait qu'avant de traîner à Saint-Michel, il était au Luxembourg avec le Nazi Klan de Sniff).
Les antifas, dit-il, n'existent que par rapport aux fafs. Ils passent leur vie à les maudire tout en y étant attachés, vu qu'ils ne pourraient plus détester personne de manière aussi intense si les fafs n'existaient pas. Ils ont besoin d'un bouc émissaire, d'un mec qui remplace Satan dans leur imaginaire manichéen, et ce mec, c'est Batskin (Le Pen n'a bien sûr jamais fait parler de lui où que ce soit). C'est assez vrai. Après tout, Julien Terzic et Marc-Aurèle Vecchione ont bien fait leur business autour des mythes de chasses de skins dans les années 80. Pourtant, cela n'empêche pas Batskin de faire exactement la même chose. Sa réponse contient plusieurs éléments qui ne sont compréhensibles que pour qui a vu le DVD antifa. Ce faisant, il fait de la pub aux antifas, puisqu'il les considère comme une référence pour le comprendre lui. Avec Sur les pavés, il répond uniquement aux rouges, émaille son propos de plaisanteries à leur égard, mais... vit-il autrement que par rapport à eux ? Que dalle ! En alimentant la guéguerre faf-antifa, qui pourtant ne fait jamais le moindre dégât ailleurs que sur Internet depuis bien longtemps, Elie Ayoub vend son image et son discours à des fafs qui y croiront toujours. Alimenter une guerre perpétuelle a son utilité. On provoque des clivages partisans, on fait en sorte que les gens y restent et se haïssent entre eux. Cela permet d'abord aux gens de ne jamais s'unir, et donc au système de ne pas avoir d'ennemis trop embêtants puisqu'ils se battront toujours entre eux, et alimente aussi une manière de penser manichéenne qui leur évite de trop réfléchir.
Batskin se donne beaucoup de mal pour rien : quoi qu'on fasse, les éclairs d'intelligence dans le milieu faf sont aussi courants que le bon goût chez les rappeurs, c'est-à-dire quasi inexistants. Après tout, boire des bières au Local/Saint-Sauveur en affabulant sur des bagarres avec les rouges/fafs, c'est tellement plus facile...
Les antifas, dont le sieur Ayoub prétend ne plus se souvenir mais à qui il prend la peine de répondre pendant plus d'une heure, auraient d'ailleurs des problèmes d'identité. OGKim aurait été adopté "comme un petit animal" par des parents riches, en mal de chiards du tiers-monde à câliner (comme Angelina Jolie ?), Farid aussi, sans parler de l'ex-skin Ammour qui est devenu un squelette vivant à force de se droguer pour oublier qu'il est moche et con... concernant OGK, il nous est difficile de confirmer, sachant que Batneuski est tout de même bien mythomane aussi quand il s'y met. Pour Farid, on s'en branle, on voit sa photo au début du DVD antifa et on voit qu'il a toujours été moche. Quant à Ammour, sa transformation toxicomanique se voit aussi sur l'écran. Pas de doute, Ayoub connaît son sujet. Sous ses dehors imprécis et plaisantins, il le connaît au moins aussi bien que les antifas de REFLEXes. Serait-il, comme eux, un collaborateur des RG ?
On peut néanmoins se demander s'il ne fait pas une projection sur les autres de ce qu'il a lui-même vécu. Il dit que ces antifas ont eu des problèmes d'identité (ce qui expliquerait, au passage, la surexcitation permanente d'OGKim et son immense appétit de reconnaissance), mais quand on a fait partie d'un groupe néo-nazi en étant juif, c'est qu'on a soi-même un sacré problème en la matière. Après tout, c'est de ce qu'on connaît le mieux qu'on parle le mieux, et Ayoub n'y fait pas exception.

Dans la série des pieux mensonges, semés entre un récit imprécis ("c'était vers la fin des 80', j'ai été aux Halles et j'ai croisé un mec, enfin je sais plus, mais il a couru tout de suite") et une branlette d'ancien ("moi j'étais skin pour la liberté, c'était un état d'esprit, et moi j'étais dedans tu vois"), il enjolive certaines réalités. Il a connu OGKim à Troisième Voie, ce qui est certes confirmé, mais ajoute également qu'il était lui-même alors leader des JNR, qui étaient une section de Troisième Voie... Chose extrêmement curieuse, puisqu'on n'a jamais entendu parler d'un quelconque empiètement du parti tercériste par les JNR, et Batskin ayant dit un peu plus tôt qu'il avait formé sa propre bande de skins en solo. A force de passer des heures au téléphone avec OGKim, Ayoub semble être atteint du même syndrome que lui. S'il continue comme ça, il finira par faire des fautes d'orthographe sur le profil Dailymotion site d'Autonomiste Media !
Un truc qu'il n'oubliera jamais, par contre, c'est son passé de trafiquant. Quand il aborde cette période de sa vie, il l'entoure aussitôt d'un brouillard mystérieux : "j'ai ouvert un casino, travaillé dans une boîte de nuit, en gros j'ai vécu..." Où ? Quand ? Comment ? Ce "comment" est d'autant plus important qu'on n'ouvre pas un casino comme ça, à fortiori en pays étranger : il faut de l'argent, un réseau, des relations... Autant de choses sur lesquels Ayoub est étrangement peu bavard, préférant revenir sur sa branlette de super-skin qui s'est battu 7 fois par jour pendant trois ans. En réalité, il a été trafiquant. Au moins de drogue, peut-être d'armes, les armes étant très en vogue à l'époque où il s'est rendu dans les pays de l'Est. Certaines rumeurs disent même qu'il a trempé dans du trafic d'êtres humains. Le nationalisme réprouve absolument le grand banditisme, autant pour des questions d'honnêteté que pour l'amour de la communauté nationale, mais les fafs sont toujours prêts à oublier leurs grands discours quand il s'agit de boire des bières ou de se branler devant un DVD au montage terriblement ennuyeux...
Sinon, Batneuski n'en parle pas, mais il n'a pas eu officiellement de petite amie depuis sa rentrée en France. A 43 ans, il est vieux garçon, sans famille et sans enfants. Curieux, non ? OGKim explique ce fait en évoquant son "homosexualiter". De deux choses l'une : soit Kim profite encore de l'occasion pour sortir une connerie et se faire mousser, ce qui est tout à fait possible, soit Elie Ayoub est réellement gay et ça rend encore plus ridicule son pseudo-engagement de skinhead NS. Les uns mythonnant autant que les autres, nous ne prendrons pas partie et laissons ces questions épineuses aux "intellectuels fafs" vantés par Zentropa.

Tout au long du film, Batskin parle beaucoup, mais il dit peu de choses. Rien n'est précis, rien n'est clair, tout se confond dans une imprécisition sciemment calculée ("alors là, j'étais rue d'Assas, il y avait 10 ducky boys, ils sont venus me voir mais ils ne m'ont pas tapé parce qu'ils savaient que je pouvais tous me les faire quand ils seraient tout seul, ou alors une autre fois, j'étais aux Halles et j'ai croisé Jeff, il a couru", cela sans donner le moindre détail permettant d'identifier formellement quand ça aurait eu lieu). Le reste, outre les plaisanteries à deux balles, est semé d'analyse bidon. "Ouais, moi j'étais skin, ce qui me plaisait dans ce mouvement c'était le côté provoc, le libertarisme revendiqué"... Devant toutes ces considérations aussi vides que oiseuses, mêlées à un racontage de vie qui donnerait envie de cliquer sur la petite croix en haut à droite si Batskin ne jouait pas les pinces-sans-rire on exulte : ce film est le symbole du milieu faf. Ça ne peut pas être le fait d'un seul type, comme le voudraient certains fafs qui tentent encore de défendre coûte que coûte leur milieu, "non, ce n'est pas possible".
On rira bien volontiers dans anciens qui se sont mis une cagoule pour parler. Sachant que la police peut identifier quelqu'un grâce à sa seule empreinte vocale, et sachant que les RG ont infiltré tous les milieux politisés depuis bien longtemps, on se demande ce qu'ils ont encore à protéger. Auraient-ils peur que le SHARP mette leur visage sur son fichier, eux les valeureux anciens super neuskis de la rue ? Le fameux Luc, ancien skin paradant avec son foulard à tête de mort, ressemble plutôt à un whigger qu'à un skin avec le truc ridicule qui cache sa petite tête. Après tout, ça fait une autre occasion de frimer, et puis c'est plus joli que les nichons à Grand Gilles.
Autre truc symptomatique du milieu faf (quoique cela vaille pour les antifas aussi), le commercialisme. Un moment, on voit Batskin parler avec un verre de bière à côté de lui. Il ne s'agit pas de n'importe quelle bière, comme la bouteille posée là vient nous le montrer : non, il s'agit de la bière Charlemagne, création exclusive du vendeur de t-shirts Paul Thore dont nous avions déjà parlé dans notre portrait du commercial. Entre symbole mythomane vivant et refourgueur de merde, nos super skins fafs savent mettre les querelles d'orgas de côté...

Il y a bien une chose intéressante dans ce film, c'est le témoignage de Ted et de P'tit Greg. Enfin, leur témoignage en lui-même n'a aucun intérêt lorsqu'il est question de la période skin. Il s'agit toujours de la même branlette mythomane, mise à la sauce feufa, cependant ces deux-là n'ont pas mené une vie aussi minable que les autres puisqu'ils sont devenus mercenaires. Ted est parti en Afrique, P'tit Greg aussi, et ils ont lutté aux côtés du mercenaire Bob Denard pour le coup d'état aux Comores. C'est le sort classique des français un peu trop encombrants : ou on va en taule, ou on part au front, et plutôt que de se branler en taule pour se faire mousser chez ses potes à la sortie, Greg est allé risquer sa vie pour la France.
Nous nous moquons volontiers du milieu faf, mais il faut bien avouer qu'avoir survécu à des batailles en Afrique, au milieu d'indigènes vivant à la remorque de l'Occident et mordant systématiquement la main française qui les nourrit, ne peut que forcer le respect. Ces mecs-là sont allés faire le sale boulot. Ils ont risqué leur vie plus d'une fois, ils se sont fait crucifier par les médias officiels pour défendre officieusement les intérêts français. Leur vie et leurs idées se sont réellement incarnées dans la sueur et le sang des combats.
C'est tout de même autre chose qu'un connard de trafiquant de drogue comme Batskin, qui a dû s'injecter plusieurs fois sa propre marchandise pour avoir des muscles aussi gros, ou qu'un rappeur de 37 ans qui se revendique original gangster. Il y a au moins un truc qui rend, sur le fond, Sur les pavés supérieur à Antifa chasseurs de skins : certains ont réellement risqué leur vie pour la France, ont vécu conformément à leurs idées, tandis que les antifas sont tous sans exception des exploiteurs pourris (comme Julien Terzic) ou des cas sociaux (comme Ammour, le drogué, ou OGKim qui vit des allocations familiales de ses 4 enfants). Au niveau de la forme, il faut bien admettre qu'Antifa chasseurs de skin est beaucoup mieux présenté, et à part ça, on trouve autant de connerie d'un côté que de l'autre. Ter-sieg est tout de même moins chiant que Batskin, et pour cause, il parle moins longtemps.

mardi 10 mars 2009

Serge Ayoub


Tout faf digne de ce nom a vu et revu American History X, Romper Stomper et Danny Balint, films cultissimes pour les mythomanes en mal de skinheaditude. Parmi ces films, Danny Balint raconte l'histoire d'un jeune skinhead NS du même nom, bagarreur et antisémite notoire. Il brille comme leader de sa petite équipe, vit de bagarres à la batte de base-ball... il n'y a qu'un seul problème : Danny Balint est juif. Un néo-nazi juif, direz-vous, ce n'est pas courant.
Eh bien, il faut croire que si. Car la réalité dépasse la fiction. Et c'est loin d'être nouveau : un type très connu du milieu faf, détenteur d'un haut lieu de fafitude sur Paris, serait juif... Vous l'aurez deviné, il s'agit de Serge Elie Ayoub, alias Judéoskin Batskin. Ancien créateur d'un gang de néo-nazis (le fameux Nazi Klan), puis d'une bande de skins anti-antifas, les JNR, puis membre de divers gangs, trafiquant de drogue, boutiquier et aujourd'hui tavernier pour jeunes fafounets, le sieur Ayoub est un personnage "hors du commun", comprenez une idole du milieu faf. Beaucoup de fafs se rendent bien comptent de sa judéité, y compris des fafs antisémites, mais ils lui trouvent toujours des excuses : "il est sympa", "il parle bien", "il m'a offert une bière l'autre soir", "il m'a raconté comment c'était quai de la gare en vrai"... Après tout, il ne faudrait pas qu'être faf devienne trop fatiguant. On veut bien être élitiste, mais s'il faut faire une sélection parmi les types qu'on fréquente, c'est trop. Être faf, c'est bien, mais juste ce qu'il faut pour aller boire des bières chez Elie Ayoub tout en prétendant lutter contre le lobby sioniste. Ben oui, y'a des limites à l'action politique, c'est moins fatiguant d'aller coller 3 autocs le mercredi soir et de se branler dans des sessions de formations qui ont lieu dans le local appartenant au même Ayoub... Et puis, tracer des croix gammées pour faire peur aux mamies, c'est bien, mais lutter contre un vrai mec en créatine et en os, c'est trop dangereux !
Malgré le mystère extrêmement trouble dont s'entoure Batskin, aucun faf digne de ce nom ne prendra jamais la peine de faire le tri, car s'il appliquait vraiment ses idées, il ne devrait plus fréquenter le Local. C'est pourquoi, pas fainéante pour deux sous, la rédaction de Politrash s'y est collée, et plutôt que de vous vendre un DVD à 20 euros ou de faire un documentaire autoproduit annoncé 3 mois à l'avance sur Dailymotion et même pas foutu de sortir le jour convenu, nous allons vous dire qui est vraiment le tenancier du 92 rue de Javel.
Fafounets à la con, antifas bouffons, installez-vous confortablement avec une bonne bière et accrochez-vous, ça va swinguer !


D'après la version officielle qu'il a donné de sa vie, le jeune Serge est devenu skin vers 14 ans, à l'occasion d'un séjour linguistique en Angleterre. Les soirées disco, alors à la mode, l'emmerdaient ; il errait dans les rues, victime de l'ennui, quand il est tombé sur une punkette de 13 ans avec qui il a fait connaissance... Sa skinheaditude était lancée. Il y a peut-être du vrai là-dedans. Cependant, Batskin révèle assez peu de détails concrets lors de ses interviews, préférant surtout les grandes formules bien floues ("beaucoup de bons souvenirs", "des potes", etc.). S'il a vraiment connu le mouvement skin en Angleterre, ce qui est tout à fait possible vu que ça a commencé là-bas, il a peut-être été attiré par lui mais il cache tout de même bien son jeu. Car entre le skinisme de base et le rôle de leader d'un mouvement NS, il y a une différence. Surtout quand on porte le nom d'Elie Ayoub. Notre homme apparaît pour la première fois devant une caméra avec une mise en scène assez amusante : le visage dissimulé derrière une cagoule, un bon gros drapeau noir-blanc-rouge tendu derrière lui et des armes posées sur un coin de mur. Déjà, on reconnaît la voix du sieur Ayoub, cette voix étonamment douce (voire doucereuse) qui contraste avec ses gros muscles créatineux. Originellement, le Nazi Klan a été fondé par Sniff du groupe oï Evil Skins. Mais voilà, le jeune Serge qui vient tout juste d'y rentrer fait preuve d'un culot monstre. Malgré "sa voix de tapette", pour paraphraser OGKim, il parvient à se faire aimer des autres neuskis tout en ayant un peu d'autorité sur eux.
Il faut dire que son milieu social l'y prédisposait. En effet, et bien qu'il l'ait nié pendant plusieurs années, sa mère était magistrat. Et pas n'importe quelle magistrat : non, elle était procureure de la République, ce qui exige un tempérament bien trempé avec un salaire à la hauteur ! Tenant bien de sa génitrice, gant de fer dans une main de velours tout droit venu du Sentier, il parvient à prendre l'ascendant sur les autres skins. Admettons-le, il est assez malin pour charmer tout ce qui a un Q.I. de moule, ce qui lui a permis de le faire facilement avec tous les demeurés du Nazi Klan, et il brille par un certain charisme. Le voilà donc qui détrône Sniff, le chanteur d'Evil Skins, pour prononcer les discours officiels du "mouvement" devant une caméra. C'est ainsi qu'on trouve un juif parlant devant un drapeau à croix gammée, de lutte contre le capitalisme, le communisme, l'immigration... Tout de même, un juif qui attise l'antisémitisme, c'est terrible pour une communauté qui en souffre encore aujourd'hui. Serge Ayoub était-il simplement un type un peu perdu, extrême de par l'absence de modération qu'on a dans la jeunesse, ou se comportait-il en agent provocateur, prêt à attiser la violence latente de skins déjà bien débiles pour les faire crucifier par les médias ? La rédaction de Politrash ne tenant pas à finir, au mieux devant un tribunal, au pire exécutée en pleine forêt par des gens du Mossad, nous laisserons le lecteur répondre seul à cette question.
Parmi les bandes de skins du Paris de la fin des années 80, le Nazi Klan est probablement la plus violente. On les voit dans toutes sortes de bagarres, contre des rouges, mais aussi contre d'autres bandes de skins fafs, notamment les Tolbiac Toads. Sans doute Ayoub avait-il une responsabilité dans ces conflits inter-neuskis, cependant on peut difficilement l'accuser de tout. Depuis que le mouvement skin existe, les crânes rasés se sont toujours tapés dessus entre eux pour un oui ou pour un non. Ca ne date pas de l'arrivée du sieur Ayoub dans le mouvement. Il a probablement attisé des tensions déjà existantes, ou latentes. Peut-être ne l'a-t-il d'ailleurs pas fait exprès : chez les skins, les conflits d'ego sont légion, et pas que chez Légion 88, ah ah ah. Elie Ayoub n'avait pas besoin de saboter le mouvement skin, et pour cause, ce mouvement était déjà complètement con à la base. Animé par des drogués alcooliques et bagarreurs, il n'avait strictement rien à voir avec la véritable politique. Faf, nazi, nationaliste, socialiste, antifa, situationniste, anarcho-maoïste, communiste, tous ces mots n'étaient chez eux que des étiquettes pour se donner un genre et trouver des mecs à castagner. Néanmoins, le néo-nazisme est différent, car totalement diabolisé. Autant le communisme a toujours été plutôt bien vu en France, malgré ses dizaines de millions de morts, autant le nazisme n'est jamais passé pour autre chose que pour une version moderne de Satan au moyen-âge. Les skins NS prenaient du coup de véritables risques, tant vis-à-vis des flics ou de la justice que des médias.
Mitterand, président et icône de son époque, s'est servi de Le Pen comme d'un repoussoir pour gagner les élections une seconde fois. Dans le sillage du bon Jean-Marie se trouvait un monde extrêmement disparate, allant des français normaux lassés de l'immigration aux skins NS purs et durs. Le Nazi Klan, bande parmi les bandes, accumulait les faits de violence et appartenait à l'idéologie la plus mal vue qui soit : il offrait une cible idéale. Beaucoup de membres du NK ont d"ailleurs fini en cabane pour diverses histoires de bagarre. C'était d'autant plus facile pour les flics qu'ils avaient des cartes de membres du NK, ajoutant une preuve de leur appartenance à ce groupe interdit. Et pan ! Pourtant, si Serge Ayoub s'est fait arrêter comme tout le monde, il en est ressorti libre comme l'air. Curieux, pour un type que tout le monde connaissait chez les fafs/antifas et qui venait de gagner le surnom de Batskin pour son utilisation intensive de la batte de base-ball dans les bastons... Certains antifas prétendent sur Internet que ce surnom vient de "Batman". A vrai dire, on s'en tape, il y a des choses beaucoup plus importantes, notamment l'absence totale d'ennuis judiciaires pour le sieur Ayoub. Pourquoi, lui si violent et si dangereux, n'a-t-il rien eu ? A-t-il aidé la police en jouant le rôle d'agent provocateur ? Ou en faisant fabriquer lui-même les cartes de membre du NK, car c'est lui qui a eu l'idée d'en faire ? Ou encore parce que sa mère était magistrat ? Là encore, nous n'oserons pas répondre à ces questions afin de ne pas avoir d'ennuis.
Le Nazi Klan disparu, les antifas clament aussitôt que ça s'est fait grâce à eux. N'oublions pas, au passage, que ces bouffons en t-shirt rouge ont eu le soutien financier et juridique de Mitterand lui-même : en effet, ils ont collé pour SOS-Racisme, nouvellement né, et ils se sont servis de leur propre aveu des camionnettes "de collage" que le mouvement leur filait... Fafs ou antifas, les deux se prétendent anti-système, mais les deux en font partie ! Ils le nient totalement, et pour cause, ça ruine leur image de rebelle à deux balles qui fait dépenser des sous à tant de gens... Le reste n'est que branlette mythomane, autant le DVD Antifa chasseurs de skins que la réponse Sur les pavés à paraître sur Dailymotion. (Notez d'ailleurs que Batskin n'est pas foutu de sortir sa réponse pourrie au jour annoncé, contrairement à nous. Politrash, plus fort qu'Elie Ayoub !) Vu le mythonnage systématique des antifas, il est fort possible que ceux-ci se soient tapés deux ou trois fois avec les gens du Nazi Klan et d'autres groupes, puis qu'ils aient revendiqué une victoire quand c'était la justice qui les faisait disparaître. Remarquez, les magistrats socialo-bobos et les pseudo-anarchistes soutenus avec l'argent du contribuable grâce à Tonton Mimi, c'est un peu la même chose ! Toujours est-il que les antifas n'étaient pas les seuls à avoir le soutien du système. Batskin, bénéficiant comme eux de son réseau d'influence, était toujours libre, de même que beaucoup d'autres skins fafs. Les flics avaient beau être féroces, il y avait trop de skins pour les arrêter tous à la fois. Qui plus est, certains flics avaient encore des sympathies droitières sans que cela soit encore trop mal vu du gouvernement. C'était avant les "cadets de la république" et la reconversion des racailles en policiers, sur l'initiative de Sarkozy. Mais revenons à nos moutons.

Les skins fafs étant mécontents du sort que leur réservait la justice, mais aussi d'une bande d'antifas qui s'amusait à maraver les leurs à 3 contre 1 (ben oui, les antifas s'attaquaient à plus faibles qu'eux, qu'est-ce que vous croyez ?), Batskin va saisir l'occasion au vol. Leader dans l'âme, il décide d'unifier les skins pour fonder une bande de super-skins particulièrement balèzes : les JNR. Il est alors au sommet de la hiérarchie faf, côtoyant du regard les plus hauts cadres des partis officiels. Un juif leader d'un best-of de skins fafs, pour paraphraser OGKim, qu'est-ce que vous dites de ça ? Ils parviennent même à s'implanter dans les milieux les plus antisémites : comme faculté d'adaptation, avouez que c'est balèze ! Remarquez, avec un milieu aussi con que celui des fafs, il suffit de ne pas avoir un trop gros nez et de cacher son deuxième prénom pour que ça passe comme une lettre à la poste. D'une certaine manière, ce sont les plus antisémites qui sont les plus faciles à moucher, comme Serge Elie Ayoub nous le prouve depuis au moins vingt-cinq ans.
Batskin parle bien, Batskin se bat bien (disons plutôt que gros muscles + doc martens + pitbull enragé + batte de base-ball = ça peut faire mal), et que surtout, quand on est avec lui, on est sûr de ne pas avoir de problèmes judiciaires. Au lieu de s'interroger sur la raison de cet état de fait, les skins, décidémment bien mollassons quand il s'agit de critiquer le système, décident d'en profiter. C'est ainsi qu'une vingtaine de personnes constitue les JNR, avec Batskin à leur tête. Au programme, un gros investissement militant : SO de manifs, SO de meetings, bagarres contre les rouges... un vrai programme de skinhead, mais suivi régulièrement. Assez régulièrement pour inquiéter les antifas. Dans Antifa chasseurs de skins, ces débiles prétendent avoir battu les JNR, mais c'est un pur mensonge. En effet, les Ducky Boys ont disparu vers 91-92 suite à une fausse accusation de meurtre. Mitterand s'était servi d'eux pour mettre la pression aux skins fafs, et là, il n'en avait plus besoin. Au contraire, il avait besoin de laisser les mains libres aux feufas pour qu'ils fassent des conneries. Les skins de tous bords ayant une tendance irrépressible à commettre des délits, il fallait bien laisser les fafs agir à leur guise si on voulait pouvoir les diaboliser après. C'était la tactique favorite de Tonton Mimi : laisser faire d'une main et réprimer de l'autre, avec l'appui bruyant des médias. D'où la curieuse mansuétude judiciaire laissée aux JNR. Les antifas, eux, étaient bien vus par l'opinion publique. Les médias les érigeaient en modèles, chantant les louanges de ces courageux guerriers, luttant contre le péril nazi toujours à nos portes malgré le fait qu'il soit enterré depuis cinquante ans. Mais si les antifas agissaient librement, ils allaient eux aussi, comme tous skins, commettre des délits et ainsi briser l'image positive qu'on leur façonnait. C'est pourquoi Mimi a inventé une soi-disant affaire de meurtres, qui a permis la dissolution des Ducky Boys. Grâce à cette affaire, les antifas ont pu transformer leurs bagarres pitoyables en épopée merveilleuse, tout en se disant martyrs d'un système qui les avait toujours aidés. Quant aux JNR, ils se ruinaient bien assez tous seuls pour que les hommes de Tonton (Mimi, hein, pas Adolf) leur laissent un peu la bride.
Enfin, tous seuls, si on oublie de compter Batskin. Une fois les Ducky Boys disparus, le sieur Ayoub a acquis du jour au lendemain une certaine notoriété médiatique. Invité sur des plateaux télé, cité dans les journaux, il devient le représentant officieux des skins fafs. En cause : son charisme doucereux, bien sûr, mais aussi d'autres choses. Nul doute que son influence, la même que celle qui lui a permis de n'être jamais condamné malgré ses multiples arrestations, lui a ouvert les portes des médias. En réalité, Batskin a été choisi par eux pour jouer un rôle. Le skin violent et organisé, c'était fini, les gens en avaient suffisamment bouffé pendant dix ans. Il fallait varier un peu le mythe si on voulait maintenir vivante la peur du méchant skinhead. C'est pourquoi on a choisi Batskin. Cultivé, grand gaillard aux airs doux, il représentait à merveille le "péril fasciste". Avec lui, on a fait passer le message suivant : "les fafs sont malins et influents, ils sont réellement dangereux, alors n'oubliez pas de bien les détester et ne réfléchissez surtout pas à ceux qui vous gouvernent réellement". Faut croire que ça a plutôt bien marché. Sur Arte, ou dans Ciel mon mardi, Elie Ayoub a joué le rôle du repoussoir absolu. Dans Ciel mon mardi, Harlem Désir jouait le gentil, issu de la "diversité" (ah ah ah) et se dévouant pour la défense contre le méchant croque-mitaine fasciste exhibé sur les écrans de télévisions. Il suffit de voir l'émission : Désir parlait davantage que Batskin, n'avait aucun argument contre lui si ce n'est les habituelles attaques persos contre tout ce qui n'est pas de gauche, tandis que Batskin se défendait tant bien que mal. D'ailleurs, les gens applaudissaient quand Harlem Désir parlait, et pour cause, il y a toujours quelqu'un qui dit au public quand il doit applaudir ou huer dans ces shows télévisés à la con... C'était cousu de fil blanc. Et Batskin, défendant des idéaux qu'il définissait très peu (du genre : "euh, ouais, nous on veut une Europe sans communisme et sans capitalisme, et... et voilà quoi") ou se justifiant face aux attaques perfides de Harlem Désir, il n'a pas laissé l'image qu'on prétendait lui donner, mais celle qu'on voulait réellement lui donner. Le soi-disant skin charismatique n'était qu'un moyen supplémentaire de bétonner l'opinion publique contre un péril imaginaire, histoire que le gouvernement de Tonton (qui n'était au fond qu'une crapule narcissique entretenant un culte autour de sa personne) puisse avoir les mains libres. Cela a très bien fonctionné.
Mais n'allez pas croire que Batskin n'était pas complice. Chaque intervention télévisée, chaque reportage (notamment celui d'Arte où il passe pour le vilain fasciste, parce que la modération même de son discours y est retournée contre lui) lui est payé rubis sur l'ongle. Prévoyant, tout de même, le bon Ayoub ! Non seulement il s'est servi de sa bande de skins pour gagner de l'argent (d'ailleurs, elle en gagnait sûrement aussi) avec les médias, mais aussi avec la drogue. En effet, Batskin a été arrêté par la police pour trafic de drogue, plus exactement de stéroïdes. Après toutes les fois où il agissait sans aucune limite (pour info, il était allé jusqu'à dégainer un couteau en plein tribunal lors d'un procès d'antifas et n'a jamais eu aucun problème pour ça), il était temps ! Heureusement pour lui, son influence a joué en sa faveur : les dealers sont d'habitude condamnés à cinq ou six ans de prison, voire plus... mais Ayoub n'a eu droit qu'à neuf mois de cabane. Une coïncidence, sûrement ! Il faut croire qu'une mère procureure de la république, ainsi que d'autres choses allant dans le même sens mais que nous n'avons pas le droit de dire, ça aide beaucoup, même quand on se dit faf ! Au passage, remarquons que les fafs se disent toujours totalement opposés à la drogue : "oui, la drogue, c'est un truc de racailles, ça amollit le peuple, nous sommes contre les paradis artificiels qui détournent du réel..." mais ce discours, comme beaucoup d'autres issus de ce milieu de crétins, est totalement creux. Chez les footeux et les fans de gabber, beaucoup consomment des stéroïdes, des amphétamines, voire de la coke. Et ne parlons même pas de l'alcoolisme généralisé du milieu faf ! Pour en revenir à Batskin, le charmant skinhead a profité de sa notoriété pour ouvrir des boutiques de fringues et d'objets fafs. D'abord Dark Side, dynamitée fin 93 (OGKim prétend avoir joué un rôle dans la fermeture de la boutique, mais bon, il n'en est plus à une affabulation près...), puis Dark Lords, fermée par décision préfectorale en 1994. Le business "faf" ne pèse pas lourd face au pouvoir du préfet, surtout quand le pouvoir n'a plus aucun intérêt à le laisser vivre ! Il faut croire que Batskin n'était plus dans les bonnes grâces du pouvoir à ce moment-là : fermeture de ses boutiques, première véritable condamnation à son encontre... A sa sortie de prison, il s'éloigne de la politique et se lance dans le trafic pur et dur.

On l'a beaucoup oublié, mais au sein des pays de l'est, les années 90 ont été marquées par une espèce de frénésie anarcho-capitaliste. Après la chape de plomb soviétique, la société de consommation explose bruyamment et un nouveau business s'ouvre. Aucune autorité de ces pays-là ne réglementant quoi que ce soit dès lors qu'on lui file quelques biftons, les trafiquants de tout poil débarquent. Ceux qui ont vu le film Lord of War se souviennent de la scène où Nicolas Cage achète un entrepôt entier de kalachnikovs à un garde-frontière corrompu. On ne sait pas trop ce qu'à fait Batskin à cette période-là, mais ce qui est sûr, c'est qu'il a trempé dans des affaires extrêmement louches. L'atmosphère de désordre, ainsi que l'influence de son réseau, l'ont bien aidé. Il a vécu dans les pays de l'Est, on l'a vu en Lituanie, en Russie, au Salvador (qui n'est certes pas un pays de l'est, cependant l'Amérique latine n'est pas connue pour l'ordre politique et économique qui y règne !), des endroits idéaux pour s'adonner à des trafics en tout genre, surtout à l'époque où il y était.
Puisque le business faf ne rapportait pas, ou plus, il était temps de s'adonner à d'autres activités plus lucratives. Dans les interviews, Ayoub avoue lui-même avoir fait partie de gangs de biker, entre autres. Pour qu'il l'avoue publiquement, avec le risque que cela comporte, c'est qu'il a un sacré réseau pour assurer ses arrières...
Cela ne l'a nullement empêché de faire son grand retour dans le milieu faf français, bien des années plus tard, en 2006. Il ouvre alors un bar dans le onzième arrondissement, le Garage. Officiellement, c'est un bar réservé à ses amis bikers, dont il se revendique pleinement. Mais le rusé Ayoub sait très bien que sa réputation le précède. Il connaît son public, et en bon commercial il sait quoi lui vendre pour lui faire cracher son blé. Les petits fafs étant des gros mythos assoiffés de modèles (et il le sait très bien !), l'ancien chef des JNR les attire comme des mouches. Rapidement, son bar devient un refuge de bikers et de fafs. Au grand dam du pouvoir parisien : que ce soit Delanoë, qui n'aime les jeunes garçons que quand ils sont à gauche, et les antifas ayant pignon sur rue grâce à leur image de solides gardiens de la morale, on n'apprécie pas vraiment sa présence. Les riverains protestent également. Notez, on les comprend : un biker étant avant tout un être sale, bruyant et violent, et les fafs étant suffisamment malléables pour devenir comme eux, le Garage est devenu rapidement une nuisance sonore et olfactive de grande ampleur. Il a donc fermé assez rapidement.
Mais Batskin ne va pas se laisser faire. D'accord, il est déjà pété de thunes grâce à l'argent qu'il s'est fait pendant sa période de globe-trotter trafiquant, mais il veut continuer à faire son business. D'autant que c'est déjà bien parti. Les fafs viennent écluser leurs pintes chez lui, malgré les prix prohibitifs des consos, alors il ne va pas renoncer à une telle source de profits. Prudent cette fois, il s'associe à Alain Soral pour ouvrir le célèbre Local au 92 rue de Javel, que l'on ne présente plus. Bien sûr, il n'est plus engagé politiquement, il est juste là pour... pour quoi au juste ? Se faire du fric, naturellement, mais la fascination qu'il exerce sur les fafs est telle que cela ne les dérange absolument pas. Il s'associe à Soral pour une pure question d'image et d'argent. Chacun utilise le prestige de l'autre : Soral pour attirer des miniskins à Egalité et Réconciliation, Ayoub pour ramener des militants politiques classiques dans son bar de 10m². Une fois ceci fait, les deux se séparent sans état d'âme. Ou plutôt, Batskin et Soral ont un point commun : l'ego. Tous les deux sont narcissiques au possible. Or, deux narcissiques ne peuvent pas s'entendre bien longtemps, car chacun ressent l'ego de l'autre comme une agression contre le sien. Batskin interdit donc rapidement l'accès au Local à Soral, malgré le fait que celui-ci l'ait largement aidé pour l'ouverture, et garde le bar pour lui tout seul. Depuis, il ne s'est pas passé grand-chose, si ce n'est les habituelles beuveries-branlettes entre fafs, tout contents d'avoir leur lieu de rencontre "à eux" et d'engraisser un circoncis tout en se disant nationaux-socialistes avec moult levers du bras droit. Clair que des néo-nazis comme ça, c'est super méga dangereux pour la société.
Tous les tenanciers de bar le savent : pour ouvrir le soir, il faut payer une patente à l'état, et pour ouvrir toute la nuit, il faut payer une patente énorme . En bon magouilleur, Serge Elie Ayoub se sert d'une faille de la loi pour contourner cette taxe. En effet, le Local possède le statut de bar associatif, ce qui permet à son propriétaire de ne payer aucune patente. Il peut même ouvrir toute la nuit, ce dont il ne se prive pas le week-end, sans verser son argent pour la moindre taxe. Son association, Envie de rêver 92, ne sert d'ailleurs qu'à ça : garder au Local le statut de bar associatif (qu'il avait d'abord eu grâce à E&R) pour ne pas payer la patente. Ils en ont de la chance, les fafs, d'avoir un individu aussi astucieux parmi eux ! Dommage qu'il leur fasse payer si cher les consos ! Mais bon, tant qu'il resplendit de son image d'ancien JNR-super-skin, ils s'en foutent...

Malgré le prix des boissons dans son bar, Batskin ne limite pas là son business. Ou plutôt, il le porte littéralement via sa propre image. Quand il a vu les tombereaux de connerie déversés par OGKim sur Internet, il a saisi la balle au bond. Rapidement, il s'est inscrit comme un anti-OGK, s'opposant à son ex-pseudo-rival sur tous les points. Kim écrit en SMS ? Ayoub respecte la bonne orthographe. Kim raconte des histoires de bagarre dignes d'un film de John Woo ? Ayoub reste prosaïque. Kim parle beaucoup ? Ayoub parle peu et se drape dans un espèce de mystère que les fafs prennent pour de la sagesse. En construisant son image par rapport aux bêtises d'OGKim, il se fait passer pour un grand sage, mûri par l'expérience de la vie. Il suffit de le voir, là, bien bâti, sûr de lui, bien musclé et bien posé... Tout le contraire d'OGK, maigrelet et petit, qui s'agite comme un chien dès lors qu'il mime une histoire de baston dont on se demande s'il l'a vraiment vécu ne serait-ce qu'une seule fois. Ne nous dites pas qu'il ne le fait pas exprès ! Drapé dans son mystère, dans sa réputation et dans les pseudo-révélations dont il se fend de temps en temps, Batskin se fait passer pour un grand sage chez les petits fafounets en mal de héros. Ca lui fait de la pub et ramène toujours plus de clients dans son bar. D'ailleurs, il a même publié un roman bidon pour parfaire son image : nul doute que le roman a été écrit par un nègre ou avec les pieds (ou les deux), mais ça va faire encore un truc à acheter pour les fafounets-consommateurs, bien contents de pouvoir consommer du Batskin comme les racailles consomment du Nike ou les gamins de treize ans du Tecktonik.
Fafs, si vous voulez être crédibles deux minutes, un conseil : arrêtez de boire vos bières chez un ancien trafiquant qui vous soutire votre fric, arrêtez de vous dire antisionistes alors que vous donnez de l'argent à un type qui s'appelle Elie Ayoub, et larguez cet individu qui fait de vous une clientèle docile et facile à cajoler.
Enfin, d'ici à ce que les fafs aient le courage de ne plus venir chez Batskin ("ben ouais, moi je veux bien aller boire ailleurs, mais tous mes potes y vont, alors j'ai pas le choix"), la rédaction de Politrash sera morte de vieillesse. Certains feufas, décidément pas si bêtes, savent très bien qu'Ayoub vend son image pour faire venir les gens dans son bar. Bon, ça les dérange un peu, mais ils lui trouvent toujours des excuses : "il est sympa", "il parle bien", etc etc. L'ayoubusiness a de beaux jours devant lui. D'ailleurs, il paraît que Batskin passe régulièrement des heures au téléphone avec son pseudo-ennemi OGKim, et cette information ne vient pas de n'importe où puisqu'elle a été révélée par Rocky, membre fondateur des Asnays et ancien chef des Ducky Boys. Par devant, ils sont ennemis, mais par derrière, ils créent du mythe à la pelle pour se faire du fric. Côté antifa, on a Terzic et OGKim, avec le bar du premier et le DVD du second, côté faf on a Batskin avec son bar et ses futurs bouquins pourris qui se vendront comme des petits pains.
Les fafs critiquent Politrash parce que nous les critiquons trop, mais ils faudraient déjà qu'ils arrêtent de se comporter comme les consommateurs les plus basiques et les plus cons qui soient avant de quémander auprès de nous la moindre crédibilité. Le gouvernement peut remercier Serge Elie Ayoub : pendant que les fafs sont chez lui, on est sûr qu'ils ne font pas de conneries ailleurs, et on peut même savoir qu'ils se tiendront à carreaux pour éviter que leur bar favori ne ferme !
Tout de même, quels cons ! Certains s'en plaignent, Elie Ayoub a bien raison de les plumer jusqu'à la trogne, car au fond, ils le méritent. Peut-être qu'en buvant leurs bières chez Batskin, ils iront au paradis israélien...