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vendredi 29 mai 2009

Galerie photo : fafs 3

Goldofaf en pleine méditation devant un parc.


L'abruti à droite s'est pris pour Edward Norton dans American History X et s'est fait tatouer un beau celtos là où l'autre avait une croix gammée. Comment le RF Goldofoufoune peut-il mettre ça sur ses clips (et accessoirement parler comme Booba) tout en promouvant une hypothétique spiritualité ?


On dirait Morsay et ses "truands" sur le clip de "On s'en balle les couilles".


Notre-Dame, c'est joli, dommage qu'il y ait un abruti devant qui gâche la vue.


Goldofaf a un bec de lièvre maintenant ?


Avant, les soldats du Christ se battaient à l'épée pour défendre leur cause, aujourd'hui ils se prennent en photo avec des gazeuses et des autocollants. Chaque époque a les héros qu'elle mérite.


Le mec à gauche ressemble à Gollum en version obèse.
Le mec à droite ressemble à Eric Cantona avec l'air encore plus con.


Ce faf a entamé sa reconversion en fashion : fausses ray-ban et polo ouvert, ça le fait pour aller clubber. Heureusement qu'on ne voit pas le joli tatouage sur le torse.


Un balai à chiottes entouré de cure-dents.


Il aurait pu essayer de se trouver une piaule plus grande, mais il a préféré dilapider ses économies dans l'achat de couteaux et de trucs milis. On ne se refait pas.


"Wesh, bien ou bien ?"


Le fils caché d'Hitman...


De gauche à droite :
- "AAAAAH !! QUELQU'UN A PÉNÉTRÉ DANS NOTRE MEETING SECRET ! ENLÈVE LES DRAPEAUX ! VITE !"
- "Tiens, ce n'est pas le club med ici ?"
- "T'inquiète, j'ai appris la savate avec Serge Ayoub, je vais te l'endormir vite fait ce gros tas de suif..."


Zut alors, la meuf à K-libre a pris possession du corps de ce faf, il va falloir l'exorciser...


Une bière, un tatouage moche, un clebs pouilleux, un paquet de clopes vide et un vieux portable. Ça représente bien la vie d'un faf.


Avec un Lonsdale, tu peux aller dans la jungle comme dans Tintin au Congo !


Après avoir abîmé un passe-montagne pour s'en faire une cagoule, acheté en douce des écharpes de mauvais goût lors d'un voyage scolaire en Italie et des gants en cuir dans un magasin sadomaso, Jean-Roger a fini par commettre l'irréparable : voler le fusil de son grand-père Daniel-Gaston.
Heureusement, il l'a remis juste après avoir pris la photo, au cas où Daniel-Gaston le chercherait...


Robert le routier, 53 ans, démarcheur de birds dans les meetings clandestins des skins qui veulent bien de lui...


Ils sont dangereux et vous pètent la gueule quand ils veulent, mais uniquement derrière un appareil photo.


Ça, c'est un vrai local de faf, la preuve : il y a une bouteille de Malibu posée sur la table.


Arrête de jouer à Lara Croft alors que t'as pas de seins.


"Tant que je ne sors pas de cette pièce, je suis en terrain conquis..."


Les armes très dangereuses ayant appartenu à Alexis Issaurat, fier guerrier des rues, avant son arrestation.

vendredi 1 mai 2009

Cartographie du milieu faf

Lorsqu'on débarque dans le milieu faf, on est toujours étonné du grand nombre d'étiquettes qui s'y trouvent. JI, BI, RF, PSF, GRECE, MPF, FNJ... toutes ces dénominations donnent le tournis. On pourrait se dire que s'il y en a tant, c'est parce que le milieu est vivant, que le débat d'idée est encore vif. Après tout, quand chacun prend la peine de penser par soi-même, tout le monde n'est jamais d'accord sur tout, d'où probablement un débat passionné et vigoureux.

Qu'elle est belle, cette interprétation ! Les divisions seraient autant de preuves de réflexion : quand on n'arrive pas toujours au même résultat, c'est normal, après tout chacun a sa vérité et puis bon... On pourrait même aller plus loin : si le milieu est divisé, ce n'est que temporaire, car toutes les erreurs finissent par se fondre pour former une vérité commune, et déjà, dans le milieu, les embrouilles disparaissent, l'unité se réalise autour de valeurs qui font consensus, etc.
Eh bien, non. C'est faux. Les adulescents idéalistes, qui s'imaginent que refaire le monde autour d'une bière contribue sérieusement à le changer, peuvent aller se rhabiller. Etudiez l'histoire, bande d'imbéciles ! Tous les skins, de toutes les décennies et de tous les pays, régions ou mouvements, ont toujours fini par se taper dessus entre eux pour des histoires de bière ou de meufs. Milieu faf/antifa, milieu JI/RF, voire à l'intérieur même de telle fraction de telle tendance, il y a des conflits d'ego qui viennent se greffer sur les désaccords possibles et vogue la galère. Même à l'époque de la seconde guerre mondiale, la droite s'est déchirée entre collaboration et résistance, alors que ses militants étaient autrement plus cultivés et plus sérieux que les fafs d'aujourd'hui.
Et malgré tout ça, malgré les conflits d'ego sur fond d'Internet, de consommation et d'actions militantes futiles, le milieu faf pourrait s'unir comme par enchantement ? Pour y croire, il faut soit passer son temps sur Internet, donc ne rien connaître des embrouilles internes du "milieu", soit être franchement con.
Lorsqu'on est dans le milieu depuis longtemps, on est toujours plus ou moins atteint par la bêtise ambiante qui s'y trouve. On parle de foot, de bière, on se masturbe sur un grand soir dont on repousse toujours la mise en place effective à des lendemains qui n'arriveront jamais - tout en le gardant bien au chaud, ce grand soir, dans ses fantasmes. D'ailleurs, force est de constater que le faf conscient (qui est loin de former une majorité dans le milieu) de l'inutilité de tout cela se trouve toujours des excuses pour se mettre hors du lot. Si le milieu est infoutu de réaliser quoi que ce soit, "c'est pas de ma faute". Chacun sa tendance, chacun son excuse possible... du genre :
- "Moi, je suis du RF, et si le milieu est divisé, c'est à cause des zids, eux ils sont payés par le Mossad et par l'axe euro-sioniste, moi j'ai mes potes et nous on n'est pas divisés..."
- "Moi, je suis JI, d'accord le milieu c'est des bouffons, mais nous on est au-dessus d'eux, on n'est ni des skins ni des mythomanes, on est l'élite, bon d'accord on a besoin des mecs du milieu pour venir à nos soirées parce que sinon y'aurait jamais personne qui irait mais on peut très bien changer les choses sans eux..."
- "Moi, je suis un ancien, j'en ai déjà assez fait, je continue à militer en buvant des bières avec les jeunots au Local, et les conseils d'un ancien c'est déjà très bien, je suis pas obligé d'aller boire des bières avec eux, c'est un effort de ma part, et de toute façon on est seuls contre des hordes et on a raison..."
- "Moi, je tiens un blog faf, c'est très utile, mes 15 visiteurs par jour s'abreuvent à la source de ma culture et de mes copier-coller, je ne demande rien à personne sur Internet et si l'Occident s'écroule ben ce sera pas à cause de moi..."
- "Moi, je suis soraliste, je suis plus intelligent que les autres, et ceux qui refusent d'écouter la voix de notre maître Alain Soral sont des cons, d'ailleurs c'est l'axe américano-judéo-atlanto-anglo-euro-sioniste qui est à l'origine de tous les malheurs du monde, donc des nôtres aussi, et déjà heureusement qu'on est là pour le dénoncer dans des meetings avec Alain Soral parce que sans nous le milieu faf serait mort, d'abord."
Rattachés à telle ou telle tendance, les gens du milieu faf s'en contentent et ne pensent plus. C'est vrai, quoi : réfléchir, prendre le risque de se remettre en question, c'est trop fatiguant ! Et c'est autrement plus dangereux que de fantasmer sur une violence physique qui fait figure de gaminerie à côté de ce qui existe dans les vrais combats ! Non, l'important est de boire des bières, d'aller aux matches pour les footeux et de coller 3 autocs par mois pour se donner bonne conscience. "C'est bon, j'ai collé mes 3 autocs, j'ai contribué à la grande cause que je défends, maintenant je peux aller boire des bières et si l'Occident continue à décliner, on ne pourra pas dire que je n'ai pas fait tout ce qui était en mon pouvoir pour l'empêcher." Ca peut paraître idiot, mais les fafs raisonnent comme ça, sans s'en rendre compte. Sinon, ils prendraient peut-être leurs responsabilités...
Malgré ces habitudes communes à toutes les tendances et à tous les mouvements, les fafs restent divisés. Et pour cause, ils ne pensent pas. Un militant, c'est un mec qui ne pense pas. Un militant débite son discours, pense conformément au mouvement et aux bornes strinctes de ses positions, c'est-à-dire pense peu voire pas du tout. Si on y ajoute la fainéantise naturelle du faf, et le penchant consumériste de l'Occidental moyen d'aujourd'hui, qui se traduit chez le faf par la consommation d'idéologie via des t-shirts ou des CF, on comprend que les fafs se tapent dessus sans réfléchir. Il est beaucoup plus facile de pointer du doigt un bouc émissaire que de relever les failles du système dans son ensemble, ou, plus dur encore, de proposer une alternative crédible et de tout faire pour la mettre en place. "Ah, moi je militerais bien, mais vu le pouvoir juif dans les médias, ça va pas être possible, ça servirait à rien... je vais plutôt boire une bière au Local, peut-être que Batskin me fera une ristourne sur la quatorzième pinte de la soirée. Et puis bon, j'irais au meeting d'Alain Soral, comme ça je dépasserais ma condition de faf politiquement incorrect sans rien faire, dans tous les cas j'aurais raison de faire ce que je fais. 'tain, j'ai mal au crâne à force de réfléchir, allez, vite, je vais parler du prochain match de foot quand j'arriverais au Local."

Afin de donner une image claire des fafs et de leurs pseudos-ramifications, Politrash a établi une cartographie générale du milieu faf. Pour cela, la rédaction s'est fendue d'un résumé de chaque mouvement, avec sa tendance et son mode de fonctionnement.
Dans son infinie générosité, elle a également pensé aux petits fafounets, c'est-à-dire aux jeunots qui viennent juste d'arriver dans le milieu et se retrouvent déboussolés par les étiquettes qui s'y trouvent. A leur intention, nous avons listé les avantages et les inconvénients qu'il y a à adhérer à chaque mouvement.

I - FN
Description : parti parlementaire. Gros parti officiel de l'extrême droite en France, instrumentalisé depuis belle lurette. Assez divisé, comme le PS, pas de tendance claire. Même le refus de l'immigration n'est plus une constante au FN depuis le discours de la dalle d'Argentueil. Voir notre portrait du faf militant.
Profil pour y adhérer : tout et n'importe quoi. Bien qu'il ne fasse rien de ses militants, et n'organise jamais le moindre collage d'affiches en dehors des périodes d'élection, le FN a toujours besoin de militants. Par leurs cotises, ils lui permettent de payer les pantouflards qui y sont salariés, ainsi que les luxueux repas d'affaire de ses cadres. Alliot, Dubois, Lang et la lepénette (entre autres) en savent quelque chose ! Les militants servent également à remplir la manif du 1er mai et les rares meetings que le vieux Jean-Marie parvient encore à tenir. Beaucoup de fafs ont fait un passage au Front et l'ont quitté, déçu, après s'être fait sucer la moelle par le cadre qui gérait leur section du FNJ.

Avantages :

- On y gagne des objets divers et variés : pin's, autocs, t-shirts, petite carte en plastique avec la flamme tricolore dessus, CD promotionnel d'Isabella... L'idéal pour frimer et rendre jaloux les fafs qui n'y étaient pas !
- Avec un peu de bagout et quelques cirages de pompe bien placés, il est facile de devenir cadre. Mais il faut avoir un respect absolu pour ses aînés, et posséder déjà des relations.
- L'adhésion au FN permet surtout de dire "j'y étais !" quand on n'y est plus et de se dire expérimenté en politique et en militantisme (ce qui est très utile lorsqu'on a rejoint un autre mouvement).
- On peut aussi, si on a de la chance, voir Jean-Marie en vrai. Et de près, en plus ! Certains l'ont fait, et depuis, ils prennent soin de ne jamais laver leur main droite, afin de garder dessus quelques particules de Jean-Marie pour les accompagner à jamais. La classe !


Inconvénients :

- Il ne faut pas être looké. Au Front, tout est permis, sauf le "manque de respect" aux cadres (c'est-à-dire toute critique intelligente) et le fait de ressembler à un sapin de Noël. Dans un parti parlementaire, il faut prendre un minimum soin de son image auprès du grand public.
- Les cadres sont chiants, vantards et passent leurs temps à s'échanger des private jokes entre eux.
- Ceux qui sont au-dessus des cadres sont pareil, en pire.
- Dans certaines sections, on est obligé d'acheter si on veut passer pour un bon militant. On peut acheter n'importe quoi, stylo FN, t-shirt FN, caleçon FN... mais il faut absolument acheter, sinon on est mal vu des cadres.
- Avant, on pouvait être payé pour faire des collages. Maintenant, non. Allez, puisque tu es venu à la dernière réunion du FNJ de Plouernec-les-bains, tu vas coller des affiches toute la nuit, et ensuite tu achèteras une serviette sur la boutique online du FN si tu as envie d'essuyer la colle sur tes doigts !
- A moins d'être arriviste, servile et dominateur, le militantisme au Front ne dure jamais longtemps.



II - MPF
Description : parti de Philippe de Villiers. Actif uniquement sur la Vendée, et pendant les élections présidentielles ou européennes. Mal vu pour le FN, et pour cause : les mairies du Front sont mal gérées, le Front s'appuie essentiellement sur l'antagonisme, tandis que "P2V" peut présenter un bilan positif de sa présidence du conseil général de la Vendée. (Inutile de dire que tous les bouffons marinistes vont accuser Politrash d'être pour De Villiers après ça.)
Profil pour adhérer : être vendéen, ou bourge.

Avantages :

- On a un leader intelligent, ainsi qu'un parti unifié. (On peut au moins reconnaître à "P2V" cette qualité-là).
- Quand on y entre, on se fait des relations. Un peu comme chez les francs-mac, mais en version faf.
- On n'y rencontre pas d'[...] ou de [...]
- Le collage d'affiches ne se fait que sur les périodes d'élection. Le reste du temps, on peut flemmarder tranquille dans des soirées bières trappistes (ben oui, les gens du MPF ne boivent pas de Kro, on n'est pas chez les skins ici.)


Inconvénients :

- Le MPF a une image de diviseur dans le milieu. Si vous allez au Local et que vous dites "je suis au MPF", vous allez être mal regardé. (Cela dit, le MPF survivra sans doute au Front.)
- Ne rien faire entre deux élections et dénoncer le système, c'est contradictoire. Les gens du MPF sortent de leur trou, en période d'élection, et ils y retournent aussi sec. On milite, et on ne milite plus. Hop !
- Si on n'est pas bourge, on est mal vu par les autres militants.
- Si on n'est pas vendéen, il y a un tas de mouvements plus rigolos et plus près de chez soi.
- Il est beaucoup plus drôle de choquer les gauchistes, en disant qu'on est pour Le Pen, que de passer pour un ringard auprès de tout le monde en disant qu'on soutient De Villiers.



III - RF
Description : Groupuscule qui s'est formé par une scission d'avec le FN. Assez gros groupuscule, n'existe quasiment que sur Paris et dans quelques régions bourges. Catho-tradi, s'approprie tous les trucs mythos dans le but d'unir le milieu faf (du genre : on est anti-européens, l'Europe c'est du caca, mais on aime la croix celtique parce que ça fait cool). Voir notre galerie photo du RF.
Profil pour y adhérer : il y en a deux. Soit vous êtes bourge et vous aimez le catholicisme comme les fans de Joey Starr aiment leur idole, soit vous êtes un sous-prolétaire minable qui trique sur les skinheads et les 80's.

Avantages :

- Le RF est ouvert à toutes les classes sociales. Vous êtes pauvre, vous faites un BTS d'éboueur avec option nettoyage de caniveau, vous triquez sur la Waffen-SS mais vous êtes trop con pour ouvrir un livre sur le sujet une fois dans votre vie ? C'est pas grave, on vous prend quand même.
- Si on est pote avec les "militants" (pouf pouf) qui s'occupent de Patriote Prod', la boutique officielle du RF, on peut avoir des réductions sur certains articles.
- Si vous êtes pauvre mais cultivé, vous pourrez vous faire des relations chez les bourges.
- Si vous n'êtes pas cultivé, personne ne vous reprochera de porter un harrington Lonsdale, un bomber Alpha Industries ou autre truc mytho et hors de prix parce que c'est tricard.
- Quand on est inscrit sur le forum natio, les messages qu'on poste sont validés plus rapidement.
- Il y a plein de mecs un peu tièdes, d'à peu près tous les milieux. C'est bien pour se faire des amis, à condition d'aimer les bourges ringards ou les skins trisomiques.
- Il y a des meufs !!!


Inconvénients :

- Il faut être catho pour rentrer.
- Bien que les RFistes soient cathos, ils sont autant mythos quand ils disent être dévots que quand ils défendent l'honneur de la Division Charlemagne (en buvant, bien sûr, la bière de circonstance).
- Peu d'activités militantes, voire aucune. Le RF n'existe que pour permettre aux cadres et aux militants de se masturber entre eux (et aussi, un peu, pour rapporter du fric à certains de ses dirigeants) avec des "sessions de formations" inintéressantes ou des manifs mythos une fois par an.
- Aucune régularité dans l'organisation des "activités militantes". Le camp d'été se fait une fois et pas l'autre, les "cercles de formation" sont parfois annulés, etc.
- Tous les sites Internet gérés par le RF ont un design de merde.
- "France, jeunesse, révolution", ah ah ah !



La suite plus tard. Nous parlerons (entre autres) des JI, du PSF ou encore d'E&R.

samedi 24 janvier 2009

Portrait : le fan de Facebook

Vous souvenez-vous de ces séries télé américaines, se passant au lycée ou à la fac, dans lesquelles on trouve toujours un personnage de gros goon sans cervelle parvenant à drainer une immense popularité ? Dans Friends, un bel exemple de déculturation américaine sauce Coca-cola, on voyait de temps à autre revenir ce genre de personnage. Souvent membre d'une équipe de base-ball, ou alors fan de musculation, avec des capacités physiques inversement proportionnelles à la taille de son cerveau. Ce genre de type, bien que particulièrement stupide, possède une capacité innée à se rendre populaire. Les pouffes de service le suivront en espérant se faire tirer par lui dans les toilettes du bahut, les moutons feront la même chose, pour que rejaillisse sur eux la popularité du type.
Divers témoignages indiquent qu'on trouve ce genre de phénomènes dans la réalité, et pas seulement dans Friends. Mais heureusement, on n'est pas obligé d'être un suiveur anonyme ! On peut être un suiveur sans être anonyme pour autant. Grâce à Skyblog, Myspace, Facebook et autres sites communautaires, il suffit d'un clic pour se créer un profil. Rien de plus simple, ensuite, que d'envoyer son profil à tous ses amis, copains, connaissances, inconnus et ennemis pour se faire mousser. "Regardez, j'ai un Skyblog et un Myspace, j'ai 200 amis sur le premier et 400 sur le second, je suis trop fort !". Un peu comme l'Internet Warrior, mais en plus fashion, cyber-djeunz. Plutôt que de se masturber sur des forums politiquement incorrects, le jeune fan de Myspace/Facebook/Meetic/FlickR/Skychiotte se masturbe sur son propre profil, avec une vitesse d'éjaculation proportionnelle au nombre d'amis visibles dessus. Quand on n'est rien dans la vraie vie, quoi de mieux que de se sentir exister sur Internet ?
On parle souvent de Skyblog pour décrier ce genre de stupidités, mais Facebook n'y échappe pas non plus.

A l'origine, Facebook était un réseau communautaire pour étudiants. Les inscrits en fac y créaient un profil privé, en donnaient l'accès à leurs amis eux aussi inscrits, et c'était tout. Le site ne servait qu'à garder un lien entre étudiants, pour que chacun sache ce que deviennent ses anciens camarades passé la fac.
Mais voilà, la vague deux-point-zéro-djeuns-trend est passée par là. Facebook s'est ouvert à tout le monde. Désormais, n'importe qui peut s'y inscrire. Tout le monde le fait, d'ailleurs. En effet, Facebook a repris le principe du parrainage, terriblement efficace, pour assurer sa promotion. Un mouton standard qui créée son profil n'a qu'une envie : le montrer aux autres. Tel un gamin de huit ans, pressé de montrer sa chambre à sa nouvelle baby-sitter, notre facebookeur va chercher des gens qu'il connaît parmi ceux déjà inscrit. Il les ajoutera dans ses amis, ce qui lui donnera accès à leurs photos, amis, etc. Mais quand quelqu'un n'est pas inscrit sur Facebook, on a beau taper son nom, on ne trouve pas son profil. Si un facebook-fan veut à tout prix augmenter le nombre de ses amis virtuels, histoire de montrer son profil au plus grand nombre de gens possible, il peut faire envoyer un mail à ses amis non-facebookeurs. C'est ainsi que beaucoup de gens ont reçu des mails du genre "Ton ami Machin Truc veut te montrer son profil Facebook". Bien entendu, il faut créer son propre profil pour avoir accès à celui d'un ami. Quand on vous disait que le côté privé de Facebook n'était qu'un leurre !
Puisque FB est un réseau social, il serait dommage de ne pas en profiter. Le fan de Facebook passe donc tout son temps dessus. Comme le skyblogueur, il laisse des commentaires sur les profils des autres dans l'espoir d'en recevoir en retour. Avec une patience d'archiviste, il épluche les photos de tous ses pseudo-amis dans l'espoir de s'y trouver dessus. Dans ce cas, il va se tagguer lui-même, c'est-à-dire qu'il reliera son profil à son visage sur la photo. Et hop, des visiteurs en plus ! Sans oublier, bien entendu, le commentaire réglementaire. Certains profils Facebook ressemblent à des skyblogs. Bourrés de messages sans intérêt du style "SaLu mA boTé sa va bi1 lOL ??! MDr mwA je suI a la TeuBOI 2 la ScAlA se SoIr loL sa va EtrE AmbIance ConTaKt XD !!". Les habitués du SMS n'a rien à leur envier question orthographe. Comme on créée un profil en trois clics, comme on ajoute un "ami" en deux et que la recherche nous donne tout tout de suite, on écrit le plus rapidement possible, sans se soucier de bien écrire. La seule chose dont se soucie un fan de Facebook, c'est l'apparence qu'il donne. A voir tous ces "lol", "mdr" et autres "xd", on se dit qu'il doit au moins mener une vie joyeuse, avec de vrais amis ? Eh non : ces petites initiales, si souvent utilisées, ne servent qu'à boucher les trous. Quand on n'a rien à dire, rien à faire et qu'on a le QI d'une moule, c'est dur de trouver des choses à mettre dans ses messages. Heureusement, il y a les LOL MDR XD EXPDR ROFL RIFK pour rajouter artificiellement des signes à ses messages. Sans parler de la typographie : quand on met des majuscules partout, ça ne rend pas le message plus consistant, mais moins lisible, d'où un temps plus long pour le déchiffrer et l'illusion qu'il a plus de contenu.
S'il n'y avait que ça, le fan de Facebook ne serait qu'un kikoolol comme un autre. Ce n'est en fait pas le cas. En effet, le public de Facebook est plus âgé que celui de Skyblog, et si les messages de profil à profil sont systématiquement mal écrits, il n'en va pas de même pour les groupes. Sur FB, il est possible de créer des groupes. Vous aimez le jambon madrange ? Créez un groupe "J'aime le jambon Madrange" et invitez tous vos amis. Vous ferez partie d'un groupe, c'est-à-dire d'un espèce de tchat sous le haut patronnage du thème choisi. Grâce au groupe, n'importe qui peut se faire mousser et jouer les petits chefs informateurs sur le tchat. Si on regarde un groupe, on peut voir le nom du créateur sur le côté. Les membres du groupe peuvent aussi poster sur le tchat, nouant ainsi de nouveaux contacts. En somme, le groupe FB est à la fois un cyber-patch, qu'on ajoute à son profil comme on coud un patch sur son sac Eastpak, et un marqueur identitaire. La preuve, les JI se sont lancés sur Facebook, histoire d'avoir l'air uber-djeunz branché du Net auprès de tous les blaireaux qui se prennent pour des militants. Quoi de mieux que de montrer tous les groupes auxquels on appartient sur son profil ? Vos amis seront sûrement ravis de voir que vous aimez le jambon Madrange, que vous êtes antifasciste, que vous aimez vous lever tard le dimanche matin, que vous vous brûlez les lèvres en buvant un café à dix heures et que votre sens de l'humour est trooop méga lol. Cependant, les groupes ne reposent pas que sur les amis du créateur, auquel cas le groupe resterait tout petit. Il faut donc un nom accrocheur, un thème accrocheur (les groupes anti-Machin, du style "I bet I can find 1.000.000 person who dislike Bush/Obama/Sarkozy/Terzic" sont ceux qui marchent le mieux). Mais il faut aussi écrire un résumé. Pourquoi créée-t-on ce groupe ? Pourquoi existe-t-il ? Le créateur de groupe doit d'abord prouver ses talents littéraires. En général, il écrit deux ou trois lignes pour présenter son groupe miteux, puis il ses amis viennent bavarder sur le chat et il reprend leurs idées à son compte pour les ajouter sur le résumé du groupe. C'est ainsi que l'on trouve des groupes dont les résumés sont d'immenses pavés, regroupant des dizaines de choses sans rapport dans le simple but de rallonger la page. Comme ces groupes doivent attirer des gens, les résumés sont en général bien écrits. Non pas qu'il n'y ait jamais de fautes (on en trouve quasiment toujours), mais ces fautes ne sont pas volontaires. Les gens écrivent plus ou moins mal, mais ils n'écrivent pas en SMS, et ne mettent pas d'accents n'importe où comme ces insupportables kikoolol de chez Skyblog.
Alors, les gens de Facebook, plus matures que ceux de Skyblog ? Détrompez-vous. La forme est peut-être moins mauvaise, mais le contenu l'est tout autant. La plupart des groupes FB ne servent qu'à une chose : gonfler l'ego de leur créateur. Un type dont le groupe cartonne a passé des heures à inviter des gens, y compris et surtout des inconnus, juste pour gonfler les rangs du groupe. Si ces groupes font mouche, et que comme les patchs de Chié Guevara ils attirent pas mal de monde, le créateur du groupe passera ses soirées (IRL) à se vanter de sa cyber-réussite. Ca ne lui rapporte rien, mais avec son groupe, il existe. Des tas de gens vont voir son profil, peut-être même qu'ils retiendront son nom et qu'ils le trouveront beau ! Facebook, c'est génial : tout le monde y fait sa pub sans soucis. De son propre profil à ses amis, en passant par les groupes, n'importe qui peut s'assurer un quart d'heure de gloire. Dommage qu'on retombe tout de suite dans l'anonymat. Qu'on soit un crétin ou un génie (et généralement, le fan de Facebook est plutôt un crétin), tout le monde est égal, ce qui signifie qu'il suffit d'un peu de travail pour monter au sommet des concours de quéquette. Ainsi, le fan de Facebook possède forcément SON groupe (même si on n'y trouve que dix paumés) et des centaines d'amis, ajoutés au hasard, juste pour augmenter le nombre de ses cyber-potes et dire : "Regarder G tellemn d'amis ke je C plu ki é Ki !! MDR !!". Il ne se rend pas compte qu'il n'existe que par ça, pour ça, comme si l'image miteuse qu'il projetait sur FB était plus importante que sa vraie personne... Remarquez, quand on voit ces cas sociaux en vrai, on comprend mieux pourquoi ils se sont jeté sur Facebook. Derrière un écran, on peut retoucher ses photos, avoir des amis même quand on est nolife, et jouer au warrior tout en montrant sa tête, histoire de se donner un côté "official". Eh ouais, Facebook c'est un truc de cyber-djeunz, pour les gens qui assument totalement d'exister par procuration. Avant, c'était Barbie, plus tard les Sims, ensuite un skyblog et aujourd'hui Facebook !
Ce portrait ne serait pas complet si on ne parlait pas des applications. Facebook a laissé à ses utilisateurs la possibilité de coder et d'installer des applications sur leur profil. A quoi servent ces applications ? A tout et n'importe quoi : tests de personnalité, jeux divers et variés, statistiques, "super wall" où on peut poster des images... Généralement, ces applications sont un moyen de "customiser" son profil en y rajoutant une somme de trucs inutiles. Mettez un test de personnalité, un diaporama animé, un jeu de poker, un jeu de vampire avec morsure virtuelle de ses amis, un super mur, un hyper mur, des liens super drôles vers des vidéos hyper connues, une série de stars dont on est fan, une liste multicolore des groupes auxquels on appartient, et avec tout ça, on obtient un profil qui ne ressemble plus à rien. On se retrouve avec un gros tas de code, rempli de texte et d'images qui empiètent les uns sur les autres. On se croirait revenu au temps des pages persos pourries, remplies de HTML défectueux et de gifs animés pompés ici ou là. Les applications permettent de faire la différence entre un facebookeur amateur, le genre de mouton qui vient ici parce que ses potes le font aussi, et le vrai fan de Facebook. Celui-ci en ayant vite marre des commentaires sans intérêt et des groupes (pensez donc, les groupes ne sont pas fréquentés en direct 24/7, il faut attendre pour avoir une réponse, c'est horriblement ennuyeux !), il fait joujou avec des dizaines d'applications qui le divertissent à tour de rôle. Félicitons Facebook pour avoir réinventé le mouvement perpétuel : dès qu'on s'ennuie, on se distrait avec une nouvelle application sans intérêt, puis avec une ancienne, puis on retourne sur les commentaires et les photos... Une véritable vie dans la vie.

Certains fans sont pourtant plus atteints que d'autres. Beaucoup passent du temps sur Facebook, mais c'est pour mieux prolonger les conversations inintéressantes qu'ils ont dans la réalité. Ajouter des amis façon concours de popularité, laisser des über-méga-commentaires à ses potes, tagguer son visage sur les photos, cela sert avant tout à laisser sur le Web une trace de son existence dans la vraie vie. Comme ça, le jour où on s'ennuie, on n'a qu'à aller sur Facebook pour se masturber sur les petites choses vécues avec ses potes. "Ah ouais, alors là c'était la soirée du 22, on était en boîte et Jean-Edouard a vomi sur le dancefloor, c'était trop marrant, mdr !". Ce fan-là est généralement un gros blaireau, une espèce de boulet qui ne vit qu'à travers les histoires de ses potes et un quotidien sans intérêt qu'il rehausse à coups de lolmdrXD. Mais d'autres fans sont encore pires. Ceux-là ne vivent QUE par procuration, admirant sans cesse leur profil et ne communiquant plus que sur Internet, au détriment de leur vie IRL. Ceux-là sont plutôt des nolifes geekesques. Ils aiment Facebook parce qu'ils peuvent y dire des choses qui les feraient bannir sur un forum, tout en se donnant l'illusion d'agir pour de vrai, vu qu'on montre son nom et sa photo.
Qu'il soit un clubber fashion, un antifa crasseux ou un nolife amateur de World of Warcraft, le fan de Facebook est beaucoup trop accroché à son profil et à sa sacro-sainte image de marque virtuelle pour comprendre le véritable intérêt de ce site. Dans sa petite tête, l'intérêt est d'avoir une preuve tangible, concrète, de sa vie. Pour les gérants de Facebook, c'est la même chose. Chacun entre des données à propos de lui-même, montre qui il connaît, où il a été, ce qu'il pense, aime et déteste. Le fan de Facebook constitue, sur lui-même et sur ses amis, un véritable fichier que n'importe quel pouvoir peut utiliser. De plus en plus de patrons mettent leurs employés en amis, n'importe qui peut savoir ce que pense telle ou telle personne en regardant les groupes auxquels elle appartient... Pour Big Brother, c'est de l'or en barre ! Et le fan de Facebook ne le comprendra jamais, lui qui est trop occupé à tisser la toile qui l'emprisonne pour voir à quoi peut servir ce site tant adoré !
Pourquoi parlons-nous de cela ? Simple : les fafs se la pètent sur Facebook, les antifas aussi. Les fafs écrivent leur message de statut en SMS, les antifas aussi. Les fafs s'affichent en photo avec leur bomber, harrington et compagnie, les antifas avec leur keffieh et nippes de l'armée du salut. Mais chacun mène également une lutte militante : les fafs expriment leur dégoût pour la censure, les gauches, les fonctionnaires... tandis que les antifas se sont lancés dans la délation et passent leur temps à essayer de faire effacer les groupes des fafs. Les gens des deux camps ont les noms de leurs adversaires, connaissent leur visage, ils pourraient même connaître leur adresse et numéro de portable s'ils cherchaient un peu, mais ça en restera toujours à des échanges de messages aigre-doux sur Facebook... Décidément, ces extrémistes de gauche ou de droite, quels révolutionnaires ! Heureusement que l'Etat leur met des procès au cul (à part aux antifas qui ne posent pas de bombes sur les voies, c'est-à-dire 99% d'entre eux), parce que sinon, on ne se sentirait pas en sécurité !

samedi 10 janvier 2009

Goldofaf

Dans la courte histoire du rap faf, il y a d'abord Basic Celtos. Connu de tous (enfin, de tous les fafs/antifas), ce groupe fut le permier à se servir du rap pour faire passer un message nationaliste et identitaire. Pour un milieu qui déteste autant le rap, habituellement utilisé par d'odieuses racailles antifrançaises, c'était une sacrée innovation ! Comme disait Darko, le chanteur de BC, "il faut savoir utiliser les armes de ses ennemis contre eux". Même si les armes en question sont sans valeur : un beat syncopé, trois notes de basse, un sample de dix secondes passé en boucle pendant cinq minutes, un type qui parle en rythme et ça fait une chanson de rap. Vous voyez, c'est pas compliqué ! Venant du milieu faf, l'attrait pour ce genre de truc simpliste n'est pas étonnant non plus. Il suffit d'écouter du gabber pendant quelques minutes pour avoir le cerveau qui fond, alors rap ou pas, tant qu'il y aura un beat, on trouvera toujours des gens qui aimeront. Par chance, Basic Celtos relevait le niveau du rap français (notez, c'était pas très dur) en mettant dans leurs morceaux des influences folk (flûte, harpe celtique...) dès le premier album. Par la suite, c'est devenu de la fusion, avec des grosses guitares et un chanteur à voix de tapette pour les deux morceaux enregistrés dans la compile Sur les terres du RIF.
Mais voilà, BC est mort depuis longtemps et le flambeau du rap faf s'est éteint, abandonné de tous ! Il fallait bien que quelqu'un le reprenne. Heureusement, la perle rare s'est révélée d'elle-même : Goldofaf, ancienne racaille repentie et militant du Renouveau Français, s'est mise à l'affaire. Et comme disent les racailles, "c'est du lourd".

Fan inavoué de Goldorak et de Sniper, Goldofaf s'est fait connaître sur Internet avec le clip "Gravé dans la roche", que l'on ne présente plus. Sniper, groupe de rap émérite et auteur de la chanson "Nique la France", avait récidivé avec "Gravé dans la roche", où il était question d'être tous ensemble pour jouer les victimes en fuckant sa mère au vernement-gou et en brûlant des ture-voi, t'as vu. En somme, une chanson de rap tout à fait habituelle. Elle le serait restée si Goldofaf n'était pas entré en scène à ce moment-là.
Respectueux des commandements de Darko et de Maître Yoda, "les armes de tes ennemis tu reprendras", le jeune rappeur a repris l'instru de "Gravé dans la roche" pour y rapper du fromage sa propre version du morceau. Au programme, des lyrics nationalistes et ultra-cathos, servis par un montage du tonnerre. Reconnaissons-le, la réalisation est impec, même si tout semble être fait avec Windows Movie Maker. Grâce à ce clip, Goldofaf est devenu une star internationale, un VIP de la fafitude. Quand un album est sorti, sa réputation a littéralement explosé pour se répandre dans toute la galaxie. Si bien qu'aujourd'hui, des extraterrestres viennent sur Terre pour voler des baladeurs CD, histoire d'écouter la galette à Goldofaf chez eux.
Mais heureusement que les extraterrestres sont encore là-dessus, parce que sur Terre, tout le monde l'a déjà oublié. Nous sommes les premiers à reparler de Goldofaf depuis au moins six mois (d'ailleurs, il devrait nous remercier pour ça).
Pourquoi ce rap, "Gravé dans la roche" ? Pourquoi du rap nationaliste ? Tout en crachant sur les racailles, Goldofaf confie dans une interview qu'il lui reste quelque chose de sa propre période racaille. C'est cool de vouloir débarasser la France de la racaillerie, mais encore faut-il commencer par soi-même... Enfin, ajoute-t-il, il y a plein de gens qui écoutent du rap, alors autant utiliser ce biais-là pour diffuser nos idées. Sous-entendu : même si le rap est une musique de merde, la médiocrité des autres excuse la sienne, ce qui veut dire qu'on peut faire de la merde sans problème du moment que les autres en font aussi. Goldofaf est d'accord pour reconnaître que musicalement, la version originale de "Gravé dans la roche" est une infâme daube racaillesque, mais la sienne est au top niveau de la fafitude. Pourtant, dans les deux cas, c'est du rap. N'oublions pas que les paroles changent tout, absolument tout, jusqu'à la qualité musicale du morceau final.
Goldofaf semblait de cet avis quand il a sorti ses deux autres titres, "Génération faf" et "Souvenir vendéen". Quiconque a entendu les refrains de ces chansons n'est pas près de les oublier. Les gens du Renouveau Français ont voulu faire un choeur, comme les moines qu'ils admirent tant, mais entre des moines qui travaillent leur voix et les glandeurs alcooliques que sont les fafs, il y a un fossé... Résultat : le refrain est tout sauf juste, les choristes chantent totalement faux, à croire qu'ils ont le hoquet et qu'ils chantent en sniffant de l'hélium. Dur d'être crédible avec un truc aussi pourri. Peut-être que Booba et compagnie font de la grosse merde, mais leur label a au moins la présence d'esprit de retoucher leur voix pour la rendre écoutable, ce qui n'est pas le cas ici. Pour des "choristes" qui chantent "travail famille patrie", ils auraient pu travailler un peu plus leur voix avant de la poser sur ce morceau, ça n'aurait pas fait de mal.
Malgré cela, Goldofaf a su renouveler la musique faf en faisant découvrir le rap à des gens qui ne connaissaient que le RAC. Pour les antifas, un rappeur faf, c'est une contradiction dans les termes : pour eux, le rap est "l'étendard des luttes sociales" (avec un étendard pareil, on n'a pas envie de les soutenir, les luttes sociales !), tandis que les fafs sont tous des bourges. En tout cas, c'est ce qu'ils disent quand ils se réunissent à Ménilmontant, un quartier bobo huppé très très chaud et hyper social. En énervant les antifas, les racailles et autres déchets de la société, Goldofaf les a fait gueuler, et ainsi il s'est fait de la pub. Fallait y penser !

C'était tellement novateur que Karl Zéro, le bien nommé, a montré le clip à Goldofaf dans son journal pendant trente secondes. Mine de rien, ce petit reportage fait à la va-vite pour clôturer le journal a donné des ailes au rappeur. Sur tous les moutons qui n'ont pas encore cassé leur télévision, comme disent les Identitaires, disons que dix pour cent des spectateurs du Vrai Journal vont chercher sur Google. Comme ils ne savent pas chercher, mettons que dix pour cent de ces dix pour cent (soit un pour cent du total) trouve le clip. Ca fait quand même quelques milliers de personnes. Pour un mec du ghetto faf, passer à la télé ET attirer plusieurs milliers de personnes dans son giron, c'est tout de même pas rien ! Chez Batskin, il y a au mieux quelques dizaines de fafs en même temps, sur Internet ils sont quelques milliers, alors attirer des milliers de non-fafs en plus au lieu que ce soit toujours les mêmes comme d'habitude...
Pour une fois, le Renouveau Français a bien fait son coup.
Eh oui, lecteur, vous croyiez que Goldofaf avait réalisé son clip tout seul ? Si c'est le cas, vous croyez vraiment n'importe quoi. Dans ses interviews, il ne parle que de lui-même mais tout le monde dans le milieu sait que c'est bidon. Le clip a été tourné et monté avec l'aide d'autres militants du RF. Goldofaf pourrait au moins les mentionner dans ses interviews, sans eux il n'y aurait ni clip ni album ! A peine célèbre, notre rappeur prend déjà la grosse tête et oublie ses copains. Comme Sinik, un rappeur commercial qui a eu quatre équipes d'ingénieurs du son en trois ans. Mais lui, il a pas le droit, il est pas catho. Le clip, donc, a été fait avec l'aide de militants RF et sur leurs conseils. Quand on voit à la fin "réponse du bon à la brute", ça fait franchement rigoler. Goldofaf aurait-il réalisé le clip tout seul ? Déjà, pour se filmer lui-même en train d'arracher des affiches, ça semble difficile. On voit aussi quelques-uns de ses potes au milieu du clip. Comme lui, ils ont une coupe de cheveux pourrie, avec les côtés de la tête rasés et une espèce de caca aplati sur le dessus. En effet, les mecs les plus mythos du RF ont choisi cette coupe pour exprimer leur skinheaditude, nonobstant toute considération esthétique. Curieusement, beaucoup de jeunes d'origine maghrébine vivant dans des quartiers modestes (ce langage politiquement correct nous saoule autant que vous, mais on n'a plus le droit de dire "arabes des cités" sous peine de se prendre un procès de la part de SOS-Racisme, alors on se rabat sur des néologismes) portent également cette coupe. Sans doute les restes de l'adolescence racailleuse de Goldofaf.

Une fois que le clip a fait suffisamment parler de lui (plus de 100 000 vues sur Youtube !), le rappeur est passé à la deuxième étape de son plan génial pour devenir ambassadeur de la fafitude sur Skyrock : sortir un album.
Pour ça, il a eu recours à ses petits copains du RF. Vous savez, les mêmes qui l'ont aidé à faire le clip. Ils lui ont composé quelques instrus, quatre exactement, histoire que Goldofaf puisse poser sa voix sans piquer des instrus faites pour des français de papier. Eh oui, les rappeurs ne sont pas des musiciens ! Hors de question de composer soi-même sa mélodie. Il y a des logiciels hyper-perfectionnés pour composer des boîtes à rythmes, imites des instruments... cette facilité d'utilisation a déjà provoqué une grosse dose de pollution sonore dans la variété, vu le nombre de branques qui se prennent pour Mozart en alignant trois notes sur une partition, mais Goldofaf lui-même n'a jamais pu se hisser à ce bas niveau. Il a donc laissé cette basse besogne à des musiciens du RF. Malheureusement, tout ce qui vient du RF est mythomane ou mal fait, de la musique aux sites web en passant par leurs pseudo-associations toutes animées par les 3 mêmes mecs. D'accord, d'accord, les JI sont mythomanes aussi, mais au moins ils font des beaux sites web. Comparez le site officiel des JI à celui du RF, dont la maquette miteuse date de 2004, ou au Forum Natio dont le script n'a même pas été mis à jour depuis un an, y'a pas photo.
Pour en revenir à Goldofaf, les mélodies dont il dispose sont facilement reconnaissables dans la masse des instrus de rap. D'abord, elles contiennent toutes des notes de piano, histoire de marquer le côté conservateur du RF, ensuite elles sont extrêmement simplistes. Pas de basse, à peine une dizaine de notes passées en boucle, une boîte à rythmes sans beat derrière, nos musiciens de service ne se sont pas foulés. Et Goldofaf non plus. Si on écoute toutes ses chansons, on remarque qu'il a toujours le même flow ! Ca se dit chanteur et ça n'est même pas foutu de varier les styles de voix ! Goldofaf tient son répertoire sur trois notes, tout comme le "pianiste" qui joue dans ses instrus.
Conséquence : l'album ne s'est pas vendu. Malgré le tapage sur Internet, très peu de gens ont commandé l'album. Un véritable flop. Dans les forums natios, on parle peu de Goldofaf, chez les antifas pas du tout. Sur le RAC-Forum, haut lieu du téléchargement illégal de RAC et de NSBM, personne n'a mis en ligne l'album de Goldofaf... Sachant que même les groupes fafs hyper-soft comme Hotel Stella se retrouvent en ligne sur le RAC-forum dès la sortie d'un CD, il faut vraiment que personne n'ait acheté la galette du rappeur faf pour qu'elle ne se retrouve pas dessus.
Regarder un clip de cinq minutes sur Youtube, ça va, mais acheter un CD, hors de question ! Les fafs n'aiment pas le rap. Faire du rap faf, OK, l'innovation c'est bien, mais quand il s'agit de soutenir le truc, tout le monde est parti. Déjà que tous les fafs se pointent régulièrement sur le RAC-Forum pour télécharger leurs groupes préférés, s'il faut dépenser ses deniers autrement qu'en bière et EN PLUS pour acheter du rap, ça ne passe plus ! Basic Celtos avait rencontré les mêmes problèmes avec une musique de meilleure qualité. Alors Goldofaf...

Qu'à cela ne tienne : le rappeur est utile au RF. C'est l'essentiel. Sur les plateformes vidéo, les clips de Goldofaf attirent l'attention sur des vidéos du Renouveau Français. Evidemment, ce ne sont que des vidéos mythos qui feront rire les non-fafs. Par exemple, la vidéo du camp d'été 2007, où on voit 50 fils à papa jouer aux petits soldats pendant une semaine. Enfin, ridicule ou non, ça fait de la pub au RF.
Goldofaf sert également d'argument de vente. On l'a vu sur l'affiche du Congrès Nationaliste en compagnie de Lemovice, un groupe de RAC nullissime connu des skins les plus cons pour sa chanson "Adolfo Ramirez". "Adolfo Ramirez, Gestapo française ! Adolfo Ramirez, Gestapo française !" Rassurez-vous, le RF n'est pas NS, seulement ambigu. Après tout, ça attire du monde.
Mais Goldofaf ne compte pas seulement pour le RF pour se servir de lui assurer sa promotion. Il se déplace à toutes les manifs pour s'y faire voir. Comme toute jeune célébrité, il y est entouré d'un petit groupe de suiveurs, avides de bénéficier de ses faveurs si jamais il devenait vraiment connu un jour... Marche pour la vie, 9 mai, Life Parade, il est partout. L'ayant déjà vu sur Youtube, tout le monde le reconnaît, et Dieu sait que voir Goldofaf en vrai avec sa coupe de cheveux moche et sa ceinture à croix celtique riquiqui (vous savez, celle qu'on trouve sur Patriote Productions), ça donne envie de commander son album ! Si ça ne suffit pas, qu'importe : en vrai guerrier défenseur de sa terre, Goldofaf n'hésite pas à charger l'ennemi au péril de sa vie. Par exemple, à la Marche pour la vie (manquerait plus qu'elle fasse des morts, elle porterait bien mal son nom), il a failli taper des antifas venus faire les malins. D'accord, la police protégeait les antifas, sans quoi ils n'auraient jamais osé venir, mais Goldofaf est prêt à se faire arrêter pour qu'on parle de lui, des fois qu'il devienne un martyr et qu'on lui achète son CD. Il faut souffrir pour être célèbre !

D'ailleurs, qui sait ? Les rappeurs fonctionnent à l'actualité. Qu'importe qu'un rappeur soit bon ou mauvais. L'essentiel, c'est comment il se vend, comment on le vend et les conneries qu'il a faites. 50 cent a fasciné les foules, non pas à cause de son talent, il n'en a pas, mais parce qu'il a survécu à 9 balles dans la peau. Peut-être que Goldofaf pourrait faire pareil, et qu'il essaie déjà. Bien que croyant et fermement persuadé qu'il ira au paradis, Goldofaf ne tient pas à mourir jeune. Au paradis, on n'a pas accès à Internet, alors comment il va faire pour mettre ses vidéos sur Youtube s'il continue à rapper là-haut ? Non, il ne va pas prendre de risques, et puis si les fafs étaient des révolutionnaires ça se saurait.
A défaut, Goldofaf peut quand même se faire arrêter dans une manif, voire faire un peu de taule. Ca lui donnera une image de gangsta qui plaira aussi bien aux racailles blanches qu'aux fafs avides de mythomanie.
Courage, Goldo, le prochain 9 mai c'est dans pas longtemps, tu arriveras sûrement à rentrer dans le panier à salade et à en parler après sur Internet ! Ou alors, en faire un titre, avec des extraits de discours de Léon Degrelle dessus parce Léon aussi il a fait de la prison quand il était jeune. La taule, c'est tendance ! Mais fais attention, quand on est catho là-bas, c'est dur de le rester bien longtemps.


Non, ce n'est pas une bouse de vache mais la coiffure de Goldofaf, même si le paysage s'y prêterait bien.



Alors, vous voyez que les fafs peuvent être AUSSI des costard-cravate et faire des boulots pas trop pourris ? Si ça c'est pas de la working class !


Sympa la censure, les skins NS apprécieront (et les autres aussi).



La coupe mytho du RF.



On appréciera l'image de film compressée pour faire la même taille qu'une photo. Tu parles d'un montage professionnel !



Les monteurs du RF n'ont pas dû voir le gamin à gauche quand ils ont pris cette image-là.



Image du 9 mai. Comme chacun sait, les manifestants reprennent le slogan du GUD, à savoir "Europe ! Jeunesse ! Révolution !". Non content de plagier ce slogan, le RF fait scander son petit remix à des gens qui ne le scandaient pas du tout. Quand on n'a pas d'imagination et envie de réécrire l'histoire, heureusement que Goldofaf est là pour foutre ça dans son clip.



Brûler une feuille, c'est tellement révolutionnaire !



Non, vous ne rêvez pas : cette image d'un défilé JI vient bel et bien du clip de Goldofaf ! Pour avoir pris ça, les gens du RF devaient VRAIMENT être aveugles ou à court d'images, parce que RF et JI, c'est comme la couille droite et la couille gauche, ça fait tout pareil mais c'est pas du tout la même chose !



Remercions Goldofoufoune : grâce à son rap, on a maintenant des kikoo-faf qui militent façon Skyblog. Le milieu faf avait vraiment besoin de ça.



"Wesh cousin, bien ou bien ?"



"Il pleut dans ma bouche !"

vendredi 12 décembre 2008

Portrait : le faf militant

Là, c’est du sérieux. Notre fafounet de base a fini par comprendre, entre deux dessins de Panzer dans les marges de ses cahiers, que ce n’était pas en picolant tous les week-ends qu’il ferait avancer la cause. Il a donc décidé de passer à l’action et de réaliser ses fantasmes les plus fous. Pour devenir un super-soldat, tarteur de gauchistes en série et défrayeur de chronique comme son idole Batskin, il va prendre sa carte dans un mouvement politique. Ce sera la preuve de son engagement. Sur le papier, il sera un militant authentique, encarté et payant sa cotise. Mais sur le papier seulement. Si le faf paye sa cotisation, il sera déjà quelqu’un d’exceptionnel.
Regardez les JI : sur 200 inscrits, y’en a même pas 40 qui payent leur cotise ! Les autres trouvent des excuses bidon pour justifier leur retard de paiement (« c’est pas de ma faute, j’ai dépensé tout mon argent de poche à la soirée bière de vendredi dernier, alors j’ai pu de thune en ce moment », c’est ballot) ou s’en foutent carrément. Au RF, c’est à peine mieux, malgré le fait qu’on n’y trouve que des fils de bourge.

Tout militant faf se dirige d’abord vers ce qui lui est le moins inconnu. Et de même qu’il a commencé à écouter du RAC avec Légion 88 (qu’il confondait alors avec Suprem MRAP, vu qu’il téléchargeait tout sur Emule, même s’il ne l’avouera jamais), il va adhérer au parti dont les médias parlent le plus, à savoir le FN.
Quand il découvre le parti de l’intérieur, il s’émerveille. Un vrai local, avec de vraies affiches dedans, la classe ! Notre fafounet s’imagine faire partie du décor. Chez lui, il se touche le zizi en regardant alternativement le bout de plastique estampillé FN avec son nom dessus et le pin’s du GUD en plastique véritable qu’il a acheté sur Ebay pour vingt euros. Malheureusement, il va vite déchanter.
Le FNJ, après une certaine période de gloire (pensez donc : ils payaient leurs militants pour coller !), est devenu une foire d’empoigne où quelques anciens se disputent entre eux pour ramasser les miettes du parti. Ces anciens se prennent très au sérieux. Ils font partie du FN, ils ont un poste de cadre, ils étaient là quand Jean-Mouloud a donné une baffe au camarade Michel le 1er mai 1982, alors ils valent mieux que tout le monde. Leur passe-temps préféré, quand ils ne complotent pas les uns contre les autres, est de dire du mal de la « mentalité groupusculaire » des gens qui ne font pas partie du cénacle. Ils regardent tout nouvel arrivant d’un mauvais œil. Surtout quand il est looké. Ce qui, évidemment, est le cas de notre brave fafounet. Il vient de temps en temps, tente de se faire accepter, peine perdue. Les anciens l’ont vu une fois porter un bomber, alors ils ne veulent pas de lui. Ils ne veulent aucun jeune dans leurs rangs de toute façon. La pression monte, et devient rapidement trop lourde pour le faf. En s’inscrivant au FN, il croyait trouver des camarades, or tout ce qu’il rencontre c’est une dizaine de vieux cons imbus d’eux-mêmes qui passent leur temps à se branler sur des histoires qu’il ne connaît pas. La surprise est de taille.
Pire encore : au lieu de se saouler le vendredi soir, comme tout le monde, les gens du FNJ organisent des « réunions de section » (c’est-à-dire une réunion à huit clos et à huit personnes maximum) le samedi matin (ah, parce qu’en plus, il faut se lever le samedi ?), avant d’aller manger un couscous chez Farid Smahi.
Tout cela est trop dur à supporter. Le faf est dégoûté et quitte le FNJ aussi vite qu’il y était rentré. Néanmoins, il ne déchire pas sa carte. Au contraire, il la garde, comme ça il pourra se la péter quand il sera lui-même assez vieux et con pour prétendre au titre d’ancien. Mais le Front, c’est fini. Il n’aurait jamais dû y aller de toute façon. Un mec comme Le Pen, qui met des arabes sur ses affiches de campagne et dans son équipe de « conseillers régionaux » (encore un titre ronflant, pour des branleurs dont l’unique occupation est d’écrire un communiqué sans intérêt toutes les semaines, histoire de dire que le FN est toujours vivant), c’est déjà honteux, alors voilà, fini !

Ne voulant pas rester sans mouvement, et tentant de retrouver de quoi se la raconter chez Batskin le samedi soir, notre fafounet va rejoindre un des innombrables groupuscules qu’on trouve dans le petit monde de la droite nationalo-identitaro-socialo-patriote. Quand on arrive dans ce monde, on est frappé par le nombre impressionnant d’étiquettes et de groupes différents, mais ce choix est une pure illusion. Beaucoup de groupes alignent pour tout effectif une dizaine de personnes, qui feront une scission au bout de deux mois pour fonder encore de nouveaux groupes et de nouvelles étiquettes bidon. Quand ce n’est pas la justice qui les rattrape parce que Jean-Guitou le faf a bousculé un arabe après s’être fait emmerder par le type en question. La Droite Socialiste en est un bon exemple. Ce groupuscule, alignant une quinzaine de mythomanes qui ont repris pour leurs autocollants le code couleur de la CNT (quand on est con, on est con), a failli être dissous par la justice pour une histoire tortueuse de milice paramilitaire.
Si le faf est réellement mythomane (et téméraire), il adhérera à un groupuscule dont la durée de vie n’excèdera pas six mois, un peu comme la DS, mais cela reste assez marginal. En effet, beaucoup de fafs, même mythos, ont peur d’être fichés par la police si le groupe venait un jour à être démantelé. Warrior, mais seulement le week-end, on vous dit. Le faf étant un mouton dès lors qu’il se croit dans son élément, il va écouter les judicieux conseils de ses camarades déjà encartés, ce qui le mènera généralement au Renouveau Français.

Mouvement de jeunesse à deux balles, le RF se décrit comme étant « l’avant-garde du nationalisme ». C’est surtout un groupuscule comme tant d’autres, à ceci près qu’il regroupe tous les cathos-tradi frustrés de la région parisienne et par la même occasion des fils de bourges. Cette petite influence lui permet de survivre malgré la répression, dans la mesure où la seule action d’ « engagement physique » du RF consiste à aller se friter contre des antifas sur les marchés en période d’élections. Fafs et antifas qui se tapent dessus, ça fait tout de suite deux ennemis en moins pour le système ! Les libéraux ont raison de rigoler en regardant le spectacle. D’un côté ou de l’autre, les étendards sont différentes, mais les mentalités de justiciers en peau de lapin sont les mêmes. Les fils de bourge du RF ayant du temps à revendre – eux n’ont pas à faire des boulots de merde comme leurs camarades working class –, ils peuvent en outre assister en masse à des « sessions de formation », où un ancien remixe le peu qu’il a compris de Maurras ou d’Evola pour en faire un cours aussi pompeux que lui.
Chose curieuse, on trouve beaucoup de filles au RF. Cela tient au fait que, malgré la mythomanie ambiante (tous les mythos ayant assez de thunes pour acheter leur panoplie de skin au London Styl plutôt que sur Ebay allant au RF) il y a deux choses qu’on trouve dans ce mouvement et nulle part ailleurs. Premièrement, le Renouveau Français est « catholique contre-révolutionnaire », comprenez intégriste catho passant son temps à cracher sur un système qui le nourrit. Cette religiosité, réelle ou affectée (souvent affectée, vu que la messe tous les dimanche matin, c’est chiant), conditionne leur comportement de groupe. Pas de roulage de mécaniques intempestif, vu que tout le monde se la joue humble face à Dieu, pas de drague agressive et (trop) alcoolisée comme c’est le cas ailleurs, pas de footeux débiles qui ne racontent que de la merde vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pas de sexe avant le mariage… Les filles sont tranquilles. Elles savent que là, elles ne risquent rien. Et puis, elles apprennent plus que si elles étaient restées entre copines à écouter Michel Sardou sur Nostalgie (ben oui, les filles commencent comme ça, elles n’écoutent pas de Légion 88/Suprem MRAP comme les fafs masculins). Ce qui leur permet de frimer, elles aussi, et d’attirer d’autres filles au RF. Enfin un endroit où elles ne se font pas harceler par des gros lourds, que demander de plus ? Deuxièmement, les mecs du RF sont tous des bourges, on l’a déjà vu, mais cela leur donne plus de bonnes manières et de culture générale qu’au premier prolo venu. Et ça aussi, ça joue.
Autre détail impressionnant : sur les photos officielles du RF, on voit toujours des dizaines de militants, au moins cinquante. Pour un groupuscule, c’est beaucoup ! Comment font-ils pour être aussi nombreux ? D’abord, le côté bourge, mythomane et sécurisé (la plupart des actions étant des « sessions de formation » miteuses, adhérer au RF ne présente pas un très grand risque) réduit le turn-over des militants. Ensuite, il y a toujours des astuces pour prendre une photo de manière à ce que les gens dessus aient l’air nombreux, même si la « session de formation » n’a regroupée que dix pélos et quinze bonniches. Enfin, le RF fait de l’entrisme et laisse rentrer n’importe qui dans ses rangs sans faire de sélection. Ce qui donne des résultats assez cocasses. A côté du bourge en Barbour (le bourge en ayant assez vite marre du look neuski) et écharpe Burberry, on trouve des gros trisomiques au crâne rasé qui n’ont strictement rien à foutre des « sessions de formations » mais y sont venus parce qu’ils ont vu une croix celtique taguée près d’un autoc’ du RF dans une petite rue du 15ème. C’était particulièrement visible au Congrès Nationaliste, la dernière réunion-branlette qui regroupait tous les mythos de la région parisienne pendant une journée à Villepreux. Comme il pleuvait et que l’organisation était foireuse (ce qui ne change pas, notez), tous les participants se sont serrés sous une tente de fortune. A ce moment-là, alors que tous étaient serrés comme des sardines dans l’air froid et humide, une bande de trisos a commencé à lever le bras en gueulant des sieg heil… Bien sûr, Thibault de Chassey, le chef du RF, est venu les voir pour leur demander d’arrêter leurs conneries. Niveau image de marque, ça le fait pas, voyez. Vous pouvez sieguer mais pas en public.
Dans cette joyeuse ambiance (enfin, joyeuse, façon de parler : le catho-tradi bon teint n’ayant pas le droit de se masturber pour cause de péché mortel, il est libidineux et frustré comme pas deux), le faf s’intégrera à merveille. Il rencontrera des potes aussi mythos que lui, et selon son degré de connerie, il traînera avec des bourges ou des skinheads en papier mâché. Une destinée qui, au fond, lui sied tout à fait.

Il y a aussi les JI. Face au RF, qu’on connaît surtout en région parisienne (les niçois s’en foutent complètement, ils sont tous identitaires ou pseudo-skins), on trouve les Jeunesses Identitaires. Européistes néo-païens plutôt que nationalistes cathos-tradis, ce qui leur vaut la haine ouverte de ces derniers jusque sur le forum natio, les JI font exactement l’inverse de leur rival : jouer sur la qualité plutôt que sur la quantité. Quand les JI recrutent des militants, ils sélectionnent en amont afin de ne prendre que les mecs motivés, ayant un minimum de jugeote, et ne passant par leur vie à sieguer en Bomber après avoir bu trois bières.
C’est bien joli, mais les JI ont oublié une chose : le milieu faf contient avant tout des losers et des cas sociaux, du coup leurs critères de sélection bloquent l’entrée à 9 personnes sur 10. On comprend pourquoi les JI alignent péniblement 5 mecs sur les photos de leurs blogs… Blogs mythos, bien entendu, car leur « élitisme » ne les protège pas de la mythomanie et la plupart des blogs JI n’existent que pour donner l’illusion que les JI existent partout, alors qu’elles sont plutôt centrées sur Paris et Nice.
Même si on trouve des fafounets au JI (y’aurait personne sinon), la plupart se font refouler à l’entretien (bah ouais, y’a même un entretien ! C’est qu’ils se prennent au sérieux, les zids !). Par dépit, notre skinouille entrera donc au RF et y fera sa carrière de faf. Il se pointera à une ou deux « sessions de formations », lesquelles le gaveront rapidement, et se rabattra sur les bastons dans les marchés lors des périodes d’élection. Même s’il passe 4 ans et 362 jours à se branler tout seul, et trois jours sur l’année restante à se taper contre des crasseux aussi cons que lui, cela lui convient largement. Il aura de quoi se la péter auprès de ses camarades boulets. On ne se refait pas !

Galerie photo : Renouveau Français

Mouvement de jeunesse en carton, le Renouveau Français ou RF est avant tout le rendez-vous de tous les mythomanes franciliens et des bourges cathos désireux de s’encanailler avant de reprendre la boîte de Papa.

Afin de jouer les super fédérateurs de mouvement nationaliste, le RF ressort des noms d’assos mortes depuis trente ans, pour la simple raison qu’elles ont un certain prestige vis-à-vis des trisomiques tous prêts à avaler les conneries des anciens. On a ainsi pu voir, au Congrès Nationaliste, des stands à l’effigie de l’œuvre Française (d’ailleurs, Pierre Sidos sentait un peu la naphtaline) ou de la Gauche Nationale (un groupuscule grotesque regroupant 5 mythomanes). Petite parenthèse : la Gauche Nationale est tellement grotesque que le 1er mai dernier, où elle annonçait fièrement sa naissance à un public qui n’en avait rien à foutre, ils avaient imprimé un manifeste dithyrambique qu’ils faisaient soi-disant payer deux euros, mais en fait ils le donnaient, vu que personne n’en voulait et qu’ils ne voulaient pas rentrer chez eux avec leur stock de presse ronéotypée sous le bras… Quand on voit l’équipe de bras cassés qu’ils ont formés avec le RF au Congrès, il y avait de quoi mourir de rire !
Toujours au sujet de la mythomanie, le RF se veut l’héritier du GUD. Le GUD étant au faf de base ce que John Lennon est au fan des Beatles, nos amis du RF avaient tout intérêt à reprendre peu ou prou l’imagerie du GUD pour attirer tous les feufas qui s’étaient senti pousser des ailes après avoir lu Les rats maudits. Sur certains de ses autocs, le RF reprend donc la croix celtique. Sa doctrine n’a rien à voir avec celle du GUD (qui était NR, partisan de la liberté des peuples à travers le monde, tandis que le RF n’est qu’une bande de pisse-froids cathos pour qui le monde s’arrête aux les frontières de la France) ? Pas grave, la croix celtique ça fait bien, ça donne des érections incontrôlées à ceux qui se sont masturbés devant les histoires de baston des Rats maudits et ça attire les adhérents. Chose indispensable, bien sûr, pour un mouvement de jeunesse qui se doit d’aligner fièrement un maximum de types pour se la péter sur Internet. Citons également le slogan officiel du RF : « France ! Jeunesse ! Révolution ! » Ce slogan n’est qu’un plagiat éhonté du slogan du GUD, « Europe Jeunesse Révolution »… Le plus drôle étant que, sur le clip de Goldofaf, on voit un moment un extrait du 9 mai. Les monteurs du RF (ben oui, Goldofaf ne l’a pas fait tout seul son clip, qu’est-ce que vous croyez ?) ont rajouté en sous-titres : « France ! Jeunesse ! Révolution ! » alors que les manifestants criaient, évidemment, « Europe ! Jeunesse ! Révolution ! ». Ils n’hésitent pas à réécrire l’histoire récente pour faire passer leur slogan miteux. Avec une bande de branquignols comme ça, on va sauver la France, c’est évident.
Sans parler du Congrès Nationaliste. C’est LE grand évènement du RF, celui qui a relancé la « machine nationaliste » comme disait un mythomane militant parisien du mouvement. Le Congrès Nationaliste, célébré en grande pompe cette année, est au milieu faf ce que Japan Expo est à la Jpop (voir les liens pour plus d’infos là-dessus). Il faut y aller une fois dans sa vie. On y trouve pêle-mêle des mythos, des anciens, des commerciaux qui refourguent leur camelote aux naïfs, des petits chefs avides de monter dans la hiérarchie, tout ce petit monde croyant dur comme fer en ses valeurs à deux balles prêtes à changer le monde (sauf peut-être le commercial qui ne s’intéresse qu’à sa thune). Le Congrès Nationaliste, c’est un peu comme le Local un vendredi soir, en plus grand, plus bourge et avec plus de nanas. Et puis, Thibault de Chassey à la place de Batskin, c’est la classe. Il s’y croit carrément. Il est tout de même le chef d’un mouvement de jeunesse, d’un vrai. C’est pas rien. Son ego n’a plus de limites et il ne se rend compte de son rôle de garde-chiourme que quand des skins se mettent à sieguer devant tout le monde. Là, il va les calmer, reprendre un peu leur formation, du moins en apparence car il sait comme nous que 99% des skins sont des gros cons incapables de réfléchir à quoi que ce soit.



Heureusement qu’il y a une grosse bâche au-dessus pour bien rappeler où on est. Avec cette serpillière autour du cou, on pourrait allègrement prendre ce type pour un antifa…


Fallait bien mettre un max de drapeaux pour que les gens voient l’œuvre Française. Pensez, ils sont devenus tellement bigleux, ces catho-tradis, à force de regarder des films pornos en cachette sans oser se toucher de peur de brûler en enfer…


Un gros aigle sur un stand, quand même, c’est la classe.


Punaise, les costumes à 500 euros minimum, on voit les anciens devenus bourges… A moins qu’ils ne l’aient toujours été ?


On aime bien le panneau écrit à la main. Ils n’avaient pas assez d’argent pour le faire imprimer (en fait, les filles ne voulaient pas faire de flyer, Goldofeufa l’a donc réalisé tout seul avec un vieux feutre à tableau qui traînait pas loin…) En tout cas ça fait gitan.


Quand le RF répète un remake de Sankukai sur un marché parisien un dimanche matin de mars 2008... (ouais, cette phrase est honteusement pompée de Reflexes, le site de tous les semi-flics antifas mais on s’en fout)



Le mec du milieu (celui qui essaye de sieguer) a une bonne tête, vous ne trouvez pas ?
Pour info, il s'appelle Dussduss, on voulait pas balancer mais quelqu'un l'a dit sur l'ancien blog alors on est obligé de reprendre l'info. Au moins, nous serons plus réactifs que le RF !



"Congrès Nationaliste : 3 morts - suite à un lancer de pierre effectué par un jeune faf aveugle, 3 personnes sont mortes, atteintes en pleine tête..."